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Emiliano Sala : « Quand je veux quelque chose, je me bats »

Derrière la grinta se cache la sensibilité. Emiliano Sala est né à Progreso dans la Province de Santa Fe, au nord-est de l’Argentine. Dans cet entretien, l’attaquant nantais de vingt-six ans entrouvre la porte de son intimité, dévoile sa vision de la vie, son enfance, ses fiertés, ses doutes.

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Ton film préféré est Carnet de Voyage (racontant le voyage de Che Guevara).
Oui, je l’aime bien, il me fait beaucoup rire, je l’ai vu cinq ou six fois. Il m’a touché. Ça parle de deux potes, ils finissent leurs études de médecine, et tiennent leur promesse d’aller faire un voyage en moto, pour découvrir l’Argentine, le continent sud-américain. Leur engin est assez vieux, ils connaissent pas mal de soucis et ils n’ont pas d’argent. C’est une aventure. À la fin, ils trouvent un endroit où beaucoup de gens ont besoin d’aide, de soins. Ils leur apportent énormément. Ça m’a ému de les voir aider des gens sans ressources. J’aime voyager et les valeurs véhiculées par ce film.

Tu t’identifies à ce film ?
Oui, je suis parti loin de ma famille, très jeune. J’ai pas mal voyagé. J’aime aider les gens, j’aime apprendre les cultures de pays différents. Je pense également à l’après-carrière, j’aimerais découvrir l’Afrique et vivre une expérience là-bas. J’ai connu beaucoup de joueurs africains, j’ai noué pas mal de relations avec eux. J’aime apprendre, dès que j’en ai l’occasion je les questionne sur leur culture. Découvrir la vie quotidienne des gens, ça m’attire beaucoup.


D’où vient cette ouverture sur le monde ?
De ma famille, de ma mère, de la façon dont elle se comportait avec nous. Elle ne disait jamais non, elle nous donnait tout malgré les faibles moyens qu’on avait. Avec l’âge, j’ai appris à aimer et aider les gens, à me sentir bien, j’aime faire profiter les gens de mon expérience de vie en leur donnant
des conseils.

Dans une interview au site « Au-premier-poteau » , tu as dit : « Je veux être un attaquant connu, mais pas forcément reconnu. »
J’essaie de laisser mon empreinte là où je passe. Je veux contribuer à l’histoire du club. Je travaille pour ça. À Bordeaux, je n’ai pas eu la chance de m’exprimer, mais ensuite, à Orléans en National, j’ai fini meilleur buteur. On a longtemps maintenu l’espoir de monter en Ligue 2. L’année suivante à Niort, à l’étage supérieur, c’était pareil, j’y ai battu le record de buts marqués sur une saison. À Caen, c’était un défi. Le club avait eu six mois compliqués, j’ai travaillé et j’ai eu la chance d’être récompensé par de bonnes performances.

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Pourquoi vouloir marquer l’histoire d’un club ?
Par rapport à mes valeurs : je suis un travailleur, j’essaie d’apprendre le plus possible, tirer le maximum de chaque coach, de chaque partenaire. J’observe beaucoup. Je ne suis pas forcément très démonstratif, mais certaines paroles me touchent, me restent en tête. C’est ma philosophie.


Quelle phrase t’a le plus marqué ?
Il y a une phrase que je me suis fait tatouer sur le bras : « Toujours jusqu’à la victoire » . Ça me caractérise, je suis un battant, un guerrier, je n’aime pas perdre. Quand je ne marque pas, je me sens mal. Je travaille énormément tous les jours, je fais de mon mieux. Bien sûr, ça ne peut pas aller toujours comme je veux, j’ai du mal à l’accepter. Je dois marquer à tous les entraînements et à tous les matchs.

Un éternel insatisfait.
Ça vient de ma jeunesse. Ma mère était une battante, elle se battait chaque jour, on a passé des moments très difficiles dans la famille.

Raconte.
En Argentine, il n’y a pas beaucoup de boulot. Mon père conduisait un camion, on n’avait pas de ressources régulières. Cette période m’a énormément marqué, comme tout ce que j’ai vécu pour arriver en Ligue 1. Je suis parti de chez moi à quinze ans et j’ai commencé à voyager de seize à vingt ans en Europe, tous les ans pendant plusieurs mois. Je n’ai pas eu la chance de plaire ou convaincre les recruteurs et les clubs. J’ai beaucoup voyagé, vécu pas mal d’expériences, ça m’a rendu plus fort pour la suite. À vingt ans, j’ai signé aux Girondins et même lorsque c’était fait, j’ai dû passer par la CFA 2, la CFA, le National, la Ligue 2 pour arriver en Ligue 1. Tout s’est fait étape par étape. J’ai vécu beaucoup de choses avec force. Je suis très fier, très content, mais j’ai dû travailler dur pour passer chaque palier.


Pourquoi n’as-tu jamais laissé tomber ?
Je ne pouvais pas ! C’est en moi. J’ai vécu des choses difficiles, quand je suis arrivé en France, je ne parlais pas la langue. J’étais seul. À vingt ans c'était difficile et en même temps, ça ne l’était pas comparé à mes rêves, mon envie, mes aspirations. Je voyais les choses comme un défi. Je voulais réussir. Je me mets toujours des défis à court et à long terme. Je suis très croyant et Dieu m’aide beaucoup. Mes parents m’ont beaucoup soutenu, ils m’ont tout donné pour que je n’ai pas à travailler, pour que je puisse atteindre mes rêves et même s’ils m’avaient dit non : « Tu ne vas pas à l’entraînement, ce n’est pas possible, on ne peut pas » je ne les aurais pas écoutés. Quand je veux quelque chose, je me bats, je lutte, on ne peut pas me le retirer de la tête. Je me mettais dans une bulle, je me remémorais ce que je voulais faire, ce que je voulais devenir quand je serais grand, j’en ai tiré beaucoup de force. J’ai déjà pensé à lâcher, mais je n’aurais pas été en phase avec moi-même. Je ne veux pas avoir de regrets à trente ou trente-cinq ans en me disant : « Pourquoi n’as-tu pas fait ça, de telle ou telle façon...  »

Tu viens de Progreso. Comment y est la vie ?
C’est un petit village de 3000 habitants. Tout le monde se connaît, se parle, se dit bonjour, va manger chez le voisin, une ambiance familiale, les rapports sont très simples.


À quinze ans, tu rejoins San Francisco (Argentine) et le club de Proyecto Crecer, dans la province de Córdoba.
Je jouais dans mon village. On m’a repéré, j’ai eu la possibilité d’aller y faire un essai. Il y a un partenariat avec les Girondins de Bordeaux. Une semaine après, ils m’ont proposé d’intégrer le club et d’y vivre en pension avec des joueurs venus de toute l’Argentine. Je n’ai pas hésité une seconde.

La réaction de tes parents ?
Ma mère a eu beaucoup de mal à l’accepter. Je suis son premier enfant. Elle a passé des moments très difficiles. Les gens du village n’étaient pas d’accord pour qu’elle laisse partir son fils si jeune. Elle en a souffert. Elle ressent encore cette douleur aujourd’hui, même si elle a la possibilité de venir et qu’on se voit plus souvent qu’avant. On a une relation très forte. On se parle quasiment tous les jours. On se raconte nos journées, nos soucis, nos projets, on est très proches. Il y a beaucoup de confiance entre nous.

Comment était la vie au centre de formation ?
On s’entraînait beaucoup, il y avait aussi l’école, les devoirs. J’étais quelqu’un de responsable, mais la seule chose qui comptait pour moi, c’était le football, si j’avais pu passer toute ma journée à jouer au football sans aller à l’école, je l’aurais fait, mais on avait l’obligation de poursuivre nos études parce qu’on ne sait jamais ce qu’il peut se passer demain. Le week-end, c’étaient les matchs.

Tu étais avec le Bordelais Valentin Vada.
On était proches. Son père était mon entraîneur, mais on s’est davantage rapprochés en France.

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Tu es fan de Batistuta, Tévez, tu n’aurais pas aimé jouer à Boca ?
Si ! Enfin plus que moi, c’est ma mère, supportrice du club, qui aurait aimé que j’aille à Boca. Je me verrais bien finir ma carrière en Argentine à côté de mes proches, mes potes, ma famille.

Mis à part Messi, tout Argentin qui se respecte doit jouer dans un grand club argentin ?

C’est vrai, on sait comment on vit le foot en Argentine. Si tu es footballeur tu ne peux pas vivre sans y avoir goûté. Quand j’étais petit, j’aimais l’Independiente. Avec un de mes potes, on nous avait acheté l’équipement de l’équipe. Ensuite, il y a eu Agüero que j’aimais bien. Le stade entièrement rouge, j’aime !


Tu es également fan de tennis. Ton joueur préféré ?
Federer ! Il est très beau à voir jouer. Quand j’étais petit, j’y jouais beaucoup et je ne manque jamais une occasion de pratiquer avec mes potes quand je rentre en Argentine.

Tu as déjà commencé à l’évoquer, comment s’est déroulé ton départ pour Bordeaux ?
J’étais déjà venu quatre ou cinq fois en France. J’avais un peu peur. Je ne voulais pas y revenir pour échouer et retourner en Argentine. J’ai demandé conseil à ma mère. Je ne sais pas si elle l’a senti, mais elle m’a dit : « Tu dois y aller. » Cette fois, c’était la bonne.

Une fois en France, tu as dit avoir rapidement apprivoisé la solitude.
J’avais déjà l’habitude de vivre seul, d'organiser ma journée. Encore aujourd’hui, j’ai du mal à être avec quelqu’un de collant. Après, c’est une période de ma vie.

Tu n’aimerais pas te marier ?
Si, ça va venir, mais mes objectifs dans le football sont les plus importants pour l’instant. J’ai déjà eu quelqu’un dans ma vie, mais ce n’est pas quelque chose qui me stresse ou me prend la tête. J’aime savourer chaque jour, les choses arrivent lorsque tu ne t’y attends pas.


Est-ce plus difficile de trouver la femme de sa vie lorsqu'on est joueur de foot ?
Oui, en plus je suis d’un caractère assez compliqué. Je peux donner mon cœur, mais si je suis déçu, trahi, je change radicalement.

Une fois arrivé en France, devant les difficultés, as-tu déjà craqué ?
Il y a des moments difficiles à passer où il faut apprendre. Je ne pouvais pas assister aux anniversaires de mon petit frère, de ma petite sœur ou de mes parents. Passer Noël et les fêtes tout seul ça te touche, mais ça donne de la force, de la maturité. Il faut faire beaucoup de sacrifices pour atteindre tes objectifs.

Qu’est-ce que tu lis en ce moment ?
Un livre chinois qui explique comment l’ordre de la maison, le placement des objets peut influencer dans la vie, dans la mort, dans la joie...



Propos recueillis par Flavien Bories
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