1. // Ligue 2
  2. // Saison 2012/2013

Après Nantes, Lens et Monaco, cette fois, c’est au tour d’Auxerre d’avoir été irrémédiablement aspiré en Ligue 2. Soit quatre champions de France des deux dernières décennies relégués dans l’antichambre de l’élite. En y ajoutant de nombreux autres habitués de L1, on se retrouve avec un championnat qui a belle gueule. De quoi espérer une saison passionnante ?

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Le cas de l’AS Monaco

Le club du Rocher a toujours été un cas à part dans le paysage footballistique français. Bénéficiant des avantages fiscaux de la Principauté, longtemps couvé par la famille princière, il se trouve cette fois sous la coupe du richissime homme d’affaires russe Dmitry Rybolovlev, devenu propriétaire en fin d’année dernière. Un signe des temps… L’assurance de repartir les poches pleines et avec un maximum d’ambition, après plusieurs saisons de lente déliquescence. Un club aussi particulier que l’AS Monaco ne peut d’ailleurs pas vivre bien longtemps éloigné du strass de la L1 et des compétitions européennes. La saison dernière a été celle de la transition, avec l’intérim assuré par Marco Simone, qui a échoué d’assez peu dans sa mission de ramener le Monaco nouveau – une bonne moitié de l’équipe type chamboulée après le changement de proprio – sur le podium, après un début d’exercice catastrophique.

Cette saison, Monaco devrait par contre bel et bien évoluer au-dessus du lot, avec une puissance financière qui en fait une sorte de PSG de la Ligue 2. Le budget, estimé à 50 millions d’euros, est impressionnant : il équivaut à celui de l’AS Saint-Étienne, est deux à trois fois plus gros que celui de Lens, Caen ou Auxerre et cinq fois plus gros que la moyenne des autres formations de L2. Sur le papier, la valeur de l’ASM est grande, avec un effectif composé d’anciens joueurs d’élite (Ndinga…), d’une impressionnante colonie étrangère (Subašić, Kagelmacher, Koman, Dirar, Touré, les petits derniers Poulsen et Raggi…) et de jeunes talentueux (Mendy, Germain, Salli, Eysseric, Dingomé…). Surtout, l’équipe est désormais coachée par une pointure de réputation internationale : Claudio Ranieri. Autant dire qu’en L1, les Rouge et Blanc ne feraient absolument pas tâche. Pour l’étage en-dessous, c’est la garantie de pouvoir compter sur une véritable attraction qui va très certainement attirer du monde lors de chaque rencontre à l’extérieur.

L’homogénéité comme marque de fabrique

22 points seulement ont séparé en fin de saison dernière le 3e, Troyes, du 17e, Metz. L’écart était encore plus serré les deux saisons précédentes (18 points en 2011, 17 en 2010). À titre de comparaison, Lille, le 3e de L1 au printemps, a terminé avec 36 points d’avance sur le 17e, Caen. L’élite française est pourtant considérée comme particulièrement homogène et indécise en comparaison de ses homologues européens. Mais son antichambre l’est plus encore. Tout le monde peut battre tout le monde, chaque journée de championnat est un cauchemar pour parieurs et le classement peut être chamboulé en une poignée de semaines. Première illustration avec la trajectoire du Havre la saison dernière, au pied du podium au début de l’hiver, dans la zone rouge au printemps et qui a finalement évité la relégation de justesse. Exemple inversé avec Monaco, dernier pendant l’automne, relégable jusqu'à la fin de l’hiver et qui a bien cru au printemps pouvoir accrocher le podium, après une spectaculaire et rapide remontée au classement. Manque de régularité et de lisibilité se plaindront les uns, quand d’autres trouveront que ça rend ce championnat intéressant, car totalement imprévisible et plein de rebondissements.

Un championnat (at)tiré vers le haut

Auxerre, Monaco, Lens, Nantes, Caen, Le Havre, Sedan, Guingamp, Châteauroux… Cette Ligue 2 millésime 2012/2013 a décidément des allures de D1 des années 90. Si on ajoute à ces clubs vintage Dijon, Le Mans, Istres et Arles-Avignon, on se retrouve avec plus d’une moitié des formations à avoir évolué en élite au moins une saison sur la dernière décennie. Point de vue joueurs aussi, on retrouve quelques habitués de l’étage au-dessus : Doudou Cissé, Kapo, Oliech ou Hengbart, qui viennent de descendre avec Auxerre, mais aussi les Frau, Seube and co avec Caen, Ben Saada, Yahia, Bangoura, Pancrate, Ramé, Genton, Cerdan, Mathis, Greg Lacombe, Ewolo… Sans oublier quelques espoirs : M'Baye Niang, Kondogbia, Veretout, Ryan Mendes, Knockaert… Point de vue entraîneurs, c’est pas mal non plus, la star Claudio Ranieri croisant le fer avec la génération old school (Zvunka, Tholot, Garcia…), la jeune garde (Gourvennec, Wallemme, Guyot…) et même un peu d’exotisme (l’Allemand Peter Zeidler, le faiseur de miracles de Quevilly Régis Brouard…). Enfin, concernant les stades, ça s’améliore aussi, puisqu’aux « vieux » Bollaert, Louis-II, Michel-d’Ornano et La Beaujoire, viennent désormais s’ajouter le magnifique Stade Océane du Havre et la MMAréna du Mans.

Derrière le Championship, devant la Série B

Ce tableau dressé, une question se pose : à quel niveau se situe la L2 parmi les deuxièmes divisions européennes ? La Football League Championship anglaise semble bien au-dessus, avec des budgets supérieurs et quantité de clubs chargés d’histoire : Leeds, Forest, Leicester, Derby County, les Wolves, Crystal Palace, Charlton… La 2. Bundesliga allemande ? Quatre clubs doivent logiquement jouer la montée : le Hertha Berlin, Cologne, Kaiserslautern et Sankt-Pauli. Derrière, c’est moyen. La différence de niveau entre les équipes de tête et les autres se vérifie d’ailleurs, une trentaine de points en moyenne séparant le haut de tableau de la zone de relégation. Même constat en Espagne et en Italie, où six ou sept candidats à la montée côtoient des formations parfois à la limite de l’amateurisme. Un profil un peu similaire à celui du promu GFC Ajaccio en France, par exemple. C’est plus à ce niveau des 2e div’ d’Espagne et d’Italie qu’on pourrait intercaler la L2. Avec, rappelons-le, cet avantage d’être nettement plus serrée et indécise.

Par Régis Delanoë
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 //  Tifoso de l'Inter Milan
Surtout, l’équipe est désormais coachée par une pointure de réputation internationale : Claudio Ranieri.
Kevin Quigagne 2 Niveau : DHR
Note : 2
Article intéressant.

Forte homogénéité aussi en Championship : 20 points seulement entre le 4è (Birmingham) et le 17è (Crystal Palace) après le marathon* de la saison 2011-12.

[*46 matchs because 24 clubs]

Le Championship est effectivement largement au-dessus de ses homologues européens niveau moyens, médiatisation, engouement et affluences (sauf pour la Bundesliga 2, au même niveau sur ce dernier point).

Mais que cette D2 anglaise est chère ! Quasiment aussi coûteux que d’aller voir de la Premier League, si on exclut les clubs londoniens, tous très chers (et 2 ou 3 autres).

OK, ça s’explique par le fait que les revenus médias en D2 sont faibles et même en baisse de 20 % sur 2009-2012 (chaque club touche entre 2 et 4M de £/an de Sky – la BBC ayant abandonné la D2 à partir de 2012-13 – de quinze à vingt fois moins qu’en PL) et que les revenus des clubs sont essentiellement tirés de la billetterie.

Mais bon, devoir payer quasiment autant pour un Middlesbrough-Peterborough que pour un Sunderland-Tottenham mettons, ça fait bizarre.

Par exemple, l’abonnement adulte le moins cher à Boro est à 430 £. A Sunderland, il est à partir de 425 £ (y’a 4 matchs de plus à domicile en D2 mais quand même). La tarification billet est à l’avenant.

Et idem pour la D3 et D4 anglaise ! (et aussi la D5 ! horriblement chère, 17 £ en moyenne pour voir un match de D5 et 300 £ l’abonnement -, moins cher pour les sections « tribunes sans toit » dans certains stades...).

Hormis ceux cités dans l’article, parmi les clubs « historiques » de D2 (terme à forte géométrie variable), n’oublions pas Blackburn Rovers, Bolton Wanderers et Burnley : ces clubs étaient tous au départ de la formidable épopée en 1888-89, quand la Football League démarra (plus vieux championnat professionnel de football au monde).

Et bien sûr Sheffield Wednesday ! (pas sur la ligne de départ mais super historique).
Sympa le p'tit cours d'histoire-éco.
Instructif.
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