Elena Groposila : « Une femme entraîneur, ça devrait être normal »

Si Helena Costa sera la première femme à entraîner un club de foot masculin, elle n'est pas la première tous sports confondus. Depuis avril, la Franco-Roumaine Elena Groposila est à la tête du Dijon Bourgogne Handball, club de l'élite dans le dur au classement. Une femme de 36 ans affirmée et qui ne comprend pas cette euphorie générale au sujet des femmes au pouvoir.

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Elena Groposila, vous vous occupez depuis début avril de l'équipe première de Dijon Bourgogne Handball, après avoir coaché les Dijonnaises pendant des années. Est-ce une révolution ou une continuité ?
Une révolution ou une continuité, je ne sais pas. Disons que c'était surtout une opportunité à saisir jusqu'à la fin de saison, puisque j'ai un contrat à durée déterminée (ndlr : Elena Groposila est venu pour éviter au DBHB une grosse amende et un retrait de points alors que l'entraîneur intérimaire, Ulrich Chaduteaud, n'a pas les diplômes requis pour entraîner en première division. Elle fait donc office de prête-nom, même si elle donne son avis et intervient normalement aux entraînements et aux matchs). J'ai cette passion du handball, donc c'était l'occasion de mieux découvrir ce handball masculin. Mais ce n'est pas une révolution que d'être une femme à la tête de garçons. Ça devrait être quelque chose de normal. On en est encore bien loin en sport, mais dans la société, on voit que la place des femmes grandit, en politique ou dans le monde des affaires par exemple.

Qu'est-ce qui a été le plus déroutant dans ce changement professionnel ?
La gestion du groupe, je trouve. Le handball va plus vite et plus fort, mais c'est normal, la force et la vitesse augmentent. Après, le jeu reste le même et ce qu'il y a autour aussi. En fait, je crois que c'est surtout autour d'un match que c'est différent. On voit plus de clubs qui ont une structure derrière. À Dijon, on a quand même des clubs pro, filles et garçons, avec une vraie structure. Mais ailleurs, chez les filles, ce n'est pas toujours ça. Là, quand tu joues le PSG handball, on déroule le tapis rouge... Même si c'est drôle, ça dénote d'une différence (ndlr : dans les salaires aussi. Elena Groposila a vu sa rémunération quadrupler en passant des féminines aux handballeurs masculins).

Vous avez dit dans un reportage que vous a consacré Stade 2, dimanche 4 mai, qu'il était plus facile de manager des hommes que des femmes, car on peut être plus direct. Vous pouvez développer ?
En fait, quand tu discutes avec un garçon, si problème il y a, il te le dit directement. Avec les filles, il faudra plus d'arguments pour être sûre qu'elles aient bien compris le message et, en plus, qu'elles soient plus en réussite. Mais si elles adhèrent, elle vont travailler avec plus de cœur. Un garçon en échec peut vite se retourner pour te le dire, une fille est plus dans la réflexion en fait.

Vous n'avez jamais eu de prise de bec sérieuse de la part de joueurs masculins ?
Je ne suis qu'adjointe, donc ce n'est pas vers moi qu'ils se tournent en premier, plutôt vers Ulrich. Dans mon rôle, on fait la liaison, on a plus un rôle de médiateur entre le coach principal et le groupe. C'est plus facile pour moi. Et puis on n'a pas encore une relation très affirmée, comme je ne suis arrivée qu'un mois en arrière. Et c'est quand même bien d'avoir une seule communication, une seule parole, comme ça il n'y a pas de problème.

Avez-vous instauré des règles particulières ou des choses que vous faisiez avec vos joueuses féminines auparavant ?
Encore une fois, je ne fais que donner un coup de main. Le rôle d'Helena (Costa, ndlr) sera différent dans son club, comme elle sera l'entraîneur principal. De mon côté, je ne suis pas là pour perturber et tout changer en si peu de temps, je me fais discrète.

« Quand on parle de performance, on ne peut pas être gentil »

Du coup, si vous deviez définir votre style managérial, votre façon d'être avec votre groupe...
Chaque personne est différente, avec sa propre vision, ses convictions, un style plus ou moins joueur, mais on a tous un projet. Personnellement, je me bats jusqu'au bout et crois toujours que tout est possible jusqu'à la fin du match. Je prépare un plan à l'avance, que les joueurs doivent connaître, tout comme ils doivent connaître leur adversaire. Mais même si on a fait un plan, on a parfois besoin d'en sortir pour gagner un match. Il faut avoir assez d'imagination. Hausser le ton ? Bien sûr que oui, je peux hausser la voix (rires). Quand on parle de performance, on ne peut pas être gentil. En loisirs, tu peux, mais à haut niveau, ça ne passe pas.

Il y a quand même un constat qui demeure : on a l'impression qu'une femme a plus à prouver qu'un homme. La preuve, vous avez plus de diplômes qu'Ulrich Chaduteaud, que vous couvrez avec votre diplôme, mais vous n'êtes que son adjointe...
C'est logique encore une fois, la continuité prime. Il faut respecter ce groupe et ce qui a déjà été fait. On ne peut pas arriver et tout révolutionner en un mois et demi. Pour manager, il faut du temps pour connaître tes joueurs, leurs capacités. De toute façon, c'était une de mes conditions que de ne pas prendre ce rôle d'entraîneur général, sinon le groupe exploserait.

Plus généralement, si vous commettez des erreurs tactiques ou avez des résultats jugés limites, même malgré vos compétences, pensez-vous qu'on vous le reprocherait plus vite et plus facilement qu'à un homme ?
Non... J'ai connu cette situation avec les féminines du Cercle dijonnais sur les deux dernières années, où on était toujours à la limite pour la descente. Alors on se pose toujours des questions par rapport à nos choix. Mais si on reste négatif... Donc pour moi, ce n'est pas une question d'être une femme ou un homme, ce n'est pas ce qui explique qu'on est compétent ou non. Ce sont ta gestion et la progression du groupe qui priment. Je vais te donner un exemple. Quand on a vécu une situation difficile pour notre maintien avec les filles, j'avais choisi les matchs sur lesquels on devait miser et gagner, tout en étant consciente qu'on en perdrait. Et j'ai présenté ça aux dirigeants. J'ai dit : : « Voilà, on en a trois à gagner et les autres, nous les perdrons. » Ils m'ont écouté et fait confiance. Le projet a été respecté et le club n'est pas descendu, donc ils m'ont suivi.

Il a quand même fallu 2014 pour voir une femme à la tête d'un groupe sportif masculin en France. Le sport reste, comme la politique, un milieu macho et vous devez le ressentir, non ?
C'est un débat très vaste... Il faut s'habituer, je pense. On n'a pas cette habitude de voir une femme à la tête d'un groupe pro d'hommes. La preuve, les journalistes viennent nous voir, les appels affluent pour comprendre pourquoi une femme en vient à diriger, quel rôle occupe-t-elle... Mais ce sont juste des habitudes à avoir. Il y a peu de femmes aussi dans la formation depuis le début. Donc quand on arrive tout en haut, le ratio est forcément déséquilibré. Pour une femme qui a le niveau, tu retrouves dix hommes, voire plus, donc ça se répercute à haut niveau...

Est-ce très français comme problématique ? Dans votre pays d'origine, la Roumanie, qu'en est-il ?
En Roumanie, c'est pareil, les femmes sont présentes au hand féminin, mais pas au masculin. Par contre, dans les pays scandinaves, si on regarde le nombre de femmes qui entraînent, elles sont le double ou le triple par rapport aux hommes. Mais aussi parce que tu retrouves plus de joueuses que de joueurs, donc la proportion fait que...

En tout cas, la nouvelle de la nomination d'Helena Costa à Clermont Foot a dû vous faire très plaisir...
Tout à fait, d'ailleurs, je tiens à la féliciter et à lui souhaiter bonne chance dans ses nouvelles fonctions. Et bon courage aussi ! Qu'elle saisisse cette opportunité et sa chance à fond.


propos recueillis par Arnaud Clément
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En quoi parce que y a pas de femmes dans le foot on peut dire que c'est un milieu de machos ? Il y a quelle preuve pour avancer ça ? Vous avez sérieusement les chiffres de femmes qui ont la même capacité et la même expérience qu'un autre entraîneur homme et qui se font jeter juste à cause de leur sexe ?
Ça m'étonnerait que quand le Real, le Bayern ou MU cherche un entraineur ils reçoivent autant de CV (façon de parler) d'hommes que de femmes tout simplement.
L'usage du conditionnel dans le titre est jouissif de pragmatisme.
Comme un homme qui veut porter un enfant.

C'est beau comme un tackle de José-Karl
Message posté par H2O
Tu es crédule..

Oui enfin moi aussi je peux me la jouer mystérieux supérieur avec trois petits points et aucun fond. Ou alors je peux argumenter.
Elle a l'air quand même pas mal fute fute. Après faut dégonfler le truc (elle sait faire en principe), elle y fait pas grand chose et les résultats sont mauvais.

J'aurais aimé l'avoir en EPS au collège <3
Steth0 t'as déjà joué au foot franchement ?

Pardon, argumentons. Tu arrives à estimer empiriquement qu'elles ont la même appétence que nous pour le ballon rond franchement ?

Bien sur que le foot est macho puisque c'est le sport populaire par excellence. Populaire donc peuple donc masse donc beauf.

Mais je crois t'es trop dans le turfu en vrai. Où des femmes y construisent des maisons où des hommes dansent en tutu.
Non ca ne devrait pas etre normal de voir une femme entrraineur dans un club professionnel, pour des raisons de statistique pure. Si vous allez sur le site de l'unecatef il y a 144 entraineurs sans club et 0 femmes.

Si il n'y a pas de femmes entraineurs c'est parce qu'il n'y presque pas de femmes entraineurs professionnel dans le monde.
Non ca ne devrait pas etre normal de voir une femme entrraineur dans un club professionnel, pour des raisons de statistique pure. Si vous allez sur le site de l'unecatef il y a 144 entraineurs sans club et 0 femmes.

Si il n'y a pas de femmes entraineurs c'est parce qu'il n'y presque pas de femmes entraineurs professionnel dans le monde.
francis_kuntz Niveau : Loisir
Une femme entraîneure de foot, mais dans quel monde vit-on ! Au lieu d'essayer de diriger des mâles elle ferait mieux de recoudre les chaussettes des joueurs et de leur offrir une petite gâterie quand ils ont bien joué pour les motiver. Donc, oui les femmes ont bien leur place dans le milieu du foot ! (et après il va encore y'avoir des bobos qui vont me traiter de facho...)

Francis Kuntz, en direct du siège des Femen
Message posté par francis_kuntz
Une femme entraîneure de foot, mais dans quel monde vit-on ! Au lieu d'essayer de diriger des mâles elle ferait mieux de recoudre les chaussettes des joueurs et de leur offrir une petite gâterie quand ils ont bien joué pour les motiver. Donc, oui les femmes ont bien leur place dans le milieu du foot ! (et après il va encore y'avoir des bobos qui vont me traiter de facho...)

Francis Kuntz, en direct du siège des Femen


Elles y ont leur place, mais ça n'est pas statistiquement normal pour des raisons démographique. Si elles veulent les places il faut aller les chercher et en nombre.

40 postes à pourvoir + de 200 hommes et 1 femme.
Jack Facial Niveau : CFA
Le foot peut faire une vraie place aux femmes, et je ne parle pas que des WAGs et des putes.

Dehors les beaufs, les nazillons, les phallocrates. Dehors les connards !
Ce serait normal de prendre une femme si on la juge compétente. Maintenant comme c'est déjà souligné, aucune femme ne cherche de poste d'entraîneur professionnel, vu qu'aucune femme n'a les diplômes.
Après si des femmes ont comme Costa par exemple, les diplômes nécessaires il n'y a aucune raison pour qu'elle ne puisse pas exercer.
francis_kuntz Niveau : Loisir
Message posté par Charrua
Ce serait normal de prendre une femme si on la juge compétente. Maintenant comme c'est déjà souligné, aucune femme ne cherche de poste d'entraîneur professionnel, vu qu'aucune femme n'a les diplômes.
Après si des femmes ont comme Costa par exemple, les diplômes nécessaires il n'y a aucune raison pour qu'elle ne puisse pas exercer.


Et l'esprit foot dans tout ça ? Si on commence par remplacer les 8.6 par des camomilles, les bastons par du bitchage et les jets de fumigène par des jets de tampax le foot est mort !
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