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«La nuit est mon amie» Romario
2010 - Barrages - Eire/France

Electrique, forcément électrique

Barclays Premier league   Equipe de France   Franck Ribéry   Lassana Diarra   Manchester United   Yoann Gourcuff  

13 novembre 2009
Rock’n’roll !!! L’épreuve qui attend les Bleus s’annonce acrobatique, noisy, voire même un peu punk. En Irlande, face à une bande habituée à jouer sur un rythme effréné, et à pogoter si besoin est, les Bleus vont devoir envoyer, façon dirty boots. Et hors de question d’y aller façon variété club et/ou d’avoir un coup de blues.

O Shea a annoncé la couleur -verte forcément- à Patrice Evra, son partenaire mancunien. « John m’a promis l’enfer à Croke Park ». L’autre latéral français, le droit, celui qui répond au doux nom de Bakary Sagna, s’attend lui aussi à un match un peu fou fou. Soit un match joué selon un rythme, un degré d’intensité et d’engagement semblables à ce qu’il a l’habitude de voir en championnat anglais. « Ca va être super intense et nous devons nous tenir prêts. Il y aura une sacrée ambiance, et nous, les joueurs de Premier League, connaissons nos futurs adversaires ; nous pouvons ainsi en parler à nos coéquipiers ». John O’Shea, donc, Robbie Keane, Damien Duff et tous leurs gentils petits camarades… « Je m’attends à ce qu’ils courent tout au long du match et à ce qu’ils donnent tout ce qu’ils ont, à l’aller comme au retour » continue Sagna. Dans un pareil contexte, lui aussi doit regretter le forfait de Ribéry. Patrick Vieira, tout de même sacrément habitué aux joutes anglo-saxonnes, aurait également pu être utile dans ce type de match, contre ce genre d’opposition. Mais bon, ceci est une autre histoire. Et puis, de toute façon, pour faire de la place à Pat’, il faudrait mettre Jérémy Toulalan ou Lassana Diarra sur le banc.

De la même manière, on peut se demander, étant donnée sa relative baisse de régime actuelle, si Yoann Gourcuff doit toujours être le dépositaire du jeu français. Ou, pour aller plus loin, si l’Equipe de France doit toujours être organisée autour de lui, c’est à dire dans un schéma qui fait place nette à un meneur de jeu, soit en 4231, avec un jeu non pas direct, franc du collier et puissant (à l’anglaise quoi), mais tout en fixations, débordements des latéraux afin de fixer dans l’axe, tempo de faux-lents pour trouver la faille et tout le tralala. Alors ? Alors quoi ; la question se pose trop tard pour n’avoir une réponse que positive. Oui, la France doit jouer ainsi : juste avant deux rencontres aussi décisives, vitales, il serait imprudent de changer d’organisation, de patron et de style de jeu. Car, n’en déplaise à son sélectionneur, l’Edf a un style de jeu. Et peut-être même un tempo privilégié, une façon de faire, une méthode…

Peut-être. Quoi qu’il en soit, méthode ou pas, il est certain que, samedi puis mercredi, les Irlandais vont se faire un malin plaisir de contrecarrer les bonnes intentions tricolores. Non, les petits hommes verts ne sont pas juste bons à courir partout. La preuve, ils sont sortis invaincus de leur groupe de qualification et ont tenu deux fois en échec l’Italie, équipe méthodique s’il en est. Les points forts des futurs adversaires des Français ? On les connaît. Coups de pied arrêtés, fighting spirit, jus de coude et Giovanni Trapattoni. Toute l’intelligence du Trap’ réside dans le fait de ne pas avoir fait de cette équipe irlandaise une équipe italienne (ce qui reviendrait à renier son ADN), mais une équipe irlandaise entrainée par un coach italien : une bande de bourrins toute en discipline tactique, intelligence de jeu, et capacité à s’adapter à l’adversaire comme à tirer le meilleure d’elle-même. Voyez l’Angleterre de Capello ? La même, en intrinsèquement moins forte certes, mais en vert et contre tous Les Bleus qui passeront par là.

Il ne s’agit pas ici de faire peur aux enfants, mais simplement d’être réaliste et de se rendre compte de la juste mesure du challenge.

Simon Capelli-Welter




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