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Élections FFF : les visiteurs de Noël

C’est reparti. La FFF va se choisir un nouveau chef. Le scrutin doit se tenir le 18 mars prochain, mais c’est ce jeudi 23 février que le comité exécutif de la commission électorale valide les listes. Toutefois, il ne faut pas s’arrêter à cette façade démocratique si familière. Loin de se comparer à notre présidentielle au suffrage universel, le système de vote indirect appuyé sur les corps intermédiaires (districts, clubs pros, etc.) favorise les jeux d’alliance et autres arrangements entre amis. Ce qui n’empêche pas les surprises, car on a toujours une bonne raison de changer de camp quand il s’agit d’abord de penser à son petit intérêt.

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C’est une tradition, à la fin de chaque Jeux olympiques, les fédérations sportives entrent en période électorale, pour désigner l’exécutif qui va s’occuper de leur développement jusqu’aux prochains JO. Et cette année, le climat s’avère plutôt lourd. Un petit vent de révolte, ou du moins de ras-le-bol, semble même réveiller un monde sportif habitué à privilégier la stabilité des mandats successifs ou les passations de pouvoir réglées à l’amiable et au préalable. Ainsi, en surfant sur l’épuisement des petites assos de terrain gras et de vestiaires carrelés, Bernard Laporte avait renversé les pronostics et réussi à s’emparer de la maison ovale. Le football connaîtra-t-il le même sort ?

Volonté de tuer le père


La situation s’y révèle particulière. Noël Le Graët a finalement décidé de rempiler, encore, et à l’instar de Sepp Blatter en son temps, cette décision a laissé sur le carreau Jacques Rousselot, qui croyait que le poste lui était promis. Le président de l'AS Nancy-Lorraine avait même commencé à organiser sa vie en fonction de ses nouvelles responsabilités. Voici donc se dessiner le choc annoncé d’une élection qui devait se résumer à quelques mondanités autour d’une séance diapos des derniers exploits de l’EdF. Une simple querelle d’ego et la volonté de tuer le père ? Si les protagonistes s’en défendent, il reste difficile de percevoir une autre raison pour le moment. Pour la simple et bonne raison que la rupture ne se décèle clairement pas sur le fond ou sur une éventuelle divergence dans la vision de l’avenir du ballon rond dans notre Hexagone.


« Ce serait être de mauvaise foi que d’attaquer le bilan » , avoua benoîtement le président de l’ASNL dans la presse. Faute d’un clivage clairement défini en matière de « politique » , au sens large, il restait à trouver le meilleur moyen de rameuter autour de soi les déçus ou les inquiets. Avec un corps électoral composé de 63% d’amateurs et 37% de pros, la composition de la liste se doit de respecter un subtil équilibre, en gardant à l’esprit qui votre colistier peut ramener dans ses filets.

Figures disparates et toile d’araignée fédérale


Noël Le Graët a ainsi bien compris que le travail effectué pour rétablir l’image des Bleus ou pour enrayer la chute des effectifs ne suffirait pas à garantir le triomphe romain envisagé au départ. La gestion assez calamiteuse du cas Benzema/Valbuena ou encore son soutien persistant à Sepp Blatter ont aussi laissé un goût amer chez certains. En entraînant avec lui des figures aussi disparates que Pauline Gamerre, directrice générale du Red Star, Eric Borghini, à la tête de la puissante Ligue de Méditerranée, et évidemment le poids lourd Jean-Michel Aulas, il cherche surtout à démontrer qu’il pèse encore dans tous les échelons de la fédé. Il aurait tort de présumer de ses forces.

Si Jacques Rousselot ne cherche pas particulièrement la lumière des caméras, et reste très évasif sur son programme, il fabrique son destin dans l’ombre, en mettant en avant sa volonté, non pas « de révolutionner le foot » mais d’en changer la « gouvernance » . Rousselot : « C’est davantage un problème d’hommes, d’affinités, de feeling, de méthodes. Il faut respecter, écouter les 2,5 millions de licenciés et les supporters. On ne peut plus gouverner de la même manière qu’avant.  » Ce qu'il résume en peu de mots revient à promettre la fin d’une présidence absolutiste (suivez mon regard), avec davantage d’écoute et de concertation (ce qui grossièrement vient d’être réalisé à la tête de la LFP).


Une promesse qui doit être aussi corrélée avec la situation politique. La proximité de Noël Le Graët avec le pouvoir, et l'Élysée notamment, très utile lors des confrontations avec Thiriez, risque de bientôt s’étioler au soleil d’une nouvelle majorité. Le personnage sera donc un peu moins incontournable. De quoi convaincre à changer d’âne des figures, moins médiatiques certes, mais dont les réseaux au cœur de la toile d’araignée fédérale s’avèrent loin d’être négligeable : Denis Trossat, le trésorier national, Jamel Sandjak, grand boss de la Ligue de Paris, Gervais Martel, ou encore Bruno Brongniart, président de la Ligue des Hauts-de-France. Sans oublier le ralliement du très respecté François Ponthieu, ancien capitaine de la DNCG, qui s’est retiré de la course en affirmant sa volonté première de tout mettre d’abord en œuvre « pour battre Noël Le Graët » .

La grande famille du foot


Les autres listes ne semblent guère en capacité de rivaliser. Elles ont pourtant le mérite de faire un peu redescendre le débat vers la question centrale de l’avenir de la FFF : comment maintenir unie toutes les composantes de la grande famille du foot ? C’était par exemple le but initial de la liste « des supporters » emmenée par le Nantais Jean-Pierre Clavier, du Conseil national des supporters français (CNSF). Il s’est finalement désisté après avoir obtenu, selon lui, un succès de principe, essentiel dans le climat actuel qui pèse sur le monde des tribunes (rappelons que les Parisiens ne pourront se déplacer à Marseille dimanche faute de forces de police disponibles, ndlr), c’est-à-dire le fait que l’ensemble des candidats se soient « engagés à ouvrir la Fédération, et plus spécialement la haute autorité de la FFF, à une représentation des supporters » . Le CNSF a publié depuis une tribune commune avec l’association Tatane pour enfoncer le clou : « Nous sommes convaincus que le football gagnerait en transparence à les associer à la gouvernance des institutions du football (FFF, LFP, clubs...). »


Les deux prétendants qui demeurent face aux favoris, Eric Thomas de l’AFA et David Donadei, éducateur spécialisé, dirigeant dans le club de Saint-Mandé, vont avoir bien du mal à troubler le jeu entre les notables fédéraux. Leur défense, certes respectable, des valeurs et du rôle social d’un foot amateur écrasé par la baisse des subventions ou encore le poids de la réforme territoriale, a peu de chances de se traduire en pourcentage lors du vote de l’assemblée fédérale. Il y a une Coupe du monde à gagner en 2018...

Par Nicolas Kssis-Martov
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