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Élections CAF : le grand huit pour Hayatou ?

Jeudi à Addis Abeba, la Confédération africaine de football (CAF) élira son nouveau président. Issa Hayatou, en poste depuis 1988, sera favori face au Malgache Ahmad Ahmad, lequel rêve de détrôner le Camerounais. Ce n’est pas gagné...

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Issa Hayatou, le favori


En Afrique un peu plus qu’ailleurs, rester au pouvoir pendant des décennies est quelque chose d’assez normal, à défaut d’être moral. Issa Hayatou, qui aura 71 ans en juillet prochain, a été élu président de la CAF en août 1987, après le décès de l’Éthiopien Ydnekatchew Tessama. Depuis, le natif de Garoua, la grande ville du nord du Cameroun, n’a plus quitté son fauteuil présidentiel. Il aurait pu faire valoir ses droits à la retraite s’il n’avait pas fait modifier les statuts de l’institution en avril 2015, abrogeant notamment la règle sur la limite d’âge, officiellement pour se mettre en conformité avec ceux de la FIFA, où il siège au Comité exécutif depuis 1990. Hayatou aime le pouvoir, et comme souvent dans ce cas de figure, le big boss a, sciemment ou non, oublié de préparer sa succession.


Depuis presque trente ans, cet ancien basketteur, devenu prof d’éducation physique et sportive, fonctionnaire au ministère des Sports, secrétaire général puis président de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) un an avant son élection à la tête de la CAF, dirige le foot africain avec une autorité que ses détracteurs comparent volontiers à une dictature light. « Il est malin. Mais ses opposants, qu’il peut écraser, Hayatou s’arrange toujours pour ne pas les éliminer. Car il sait qu’ils peuvent servir sa cause à un moment ou à un autre » , explique un fin connaisseur du fonctionnement de la CAF. « Comme c’est un homme intelligent, il fait en sorte de ne jamais se brouiller définitivement avec eux. Mais il est au fond de lui assez rancunier...  » Sous son règne, la CAF a connu des avancées significatives, que même ses opposants admettent. Les caisses sont bien remplies grâce à l’afflux de puissants sponsors, l’Afrique a vu son contingent en phase finale de Coupe du monde passer de deux à cinq sélections, le continent a accueilli le tournoi en 2010 en Afrique du Sud, la CAN accueille seize finalistes depuis 1996, les compétitions de clubs ont été réformées, le Championnat d’Afrique des nations (CHAN), réservé aux locaux, a été créé en 2009, et le continent a vu se développer les compétitions de jeunes, le foot féminin, le futsal et le beach-soccer.


Plusieurs fois soupçonné de corruption, sans que la moindre preuve ne soit apportée, proche de certains personnages sulfureux, Hayatou n’a pas vraiment présenté de programme au moment de briguer un huitième mandat. « Il va s’appuyer sur son bilan et dire qu’il va le consolider, en y apportant quelques améliorations. Son grand chantier sera d’obtenir 10 places pour l’Afrique en 2026, quand la Coupe du monde concernera quarante-huit équipes. Il lui sera aussi demandé plus de transparence financière » , poursuit notre source. Même fatigué – Hayatou est affaibli par des problèmes rénaux – et contesté, le Camerounais a encore assez de soutiens pour voir venir l’élection avec une certaine confiance. D’ailleurs, le gouvernement nigérian ne vient-il pas de demander à la Fédération locale de se prononcer en sa faveur, alors qu’elle voulait donner sa voix à Ahmad Ahmad. Le Nigeria et le Cameroun, qui partagent une longue frontière, sont engagés dans la lutte contre la secte islamiste Boko Haram. Et en ces temps difficiles, mieux vaut donner des gages de bonne entente entre voisins de palier, comme l’a confirmé à l’AFP une source gouvernementale nigériane.


Ahmad Ahmad ne se résigne pas


Le Malgache vient d’encaisser le mauvais coup venu du Nigeria, et la perte probable d’un soutien de poids. Ahmad Ahmad (57 ans), qui achève son troisième et dernier mandat à la tête de la Fédération de son pays, a traversé l’Afrique en long, en large et en travers pour exposer les grandes lignes de son programme. Celui qui est également sénateur et accessoirement homme d’affaires a déjà converti à sa cause les quatorze fédérations de la zone COSAFA (Afrique australe), ainsi que Djibouti. D’ici au vote de ce jeudi, d’autres pays pourraient décider d’accorder leur confiance à cet homme qui n’a officialisé sa candidature que le 13 janvier dernier à Libreville, même s’il l’avait mûrie pendant quelques mois.


Ahmad, qui assure à tous ses interlocuteurs ne pas être en conflit ouvert avec Issa Hayatou, estime que l’heure du changement à la tête de la CAF est venue. Cela n’a pas empêché celle-ci de retirer à Madagascar l’organisation de la CAN des moins de dix-sept ans prévue en avril prochain, officiellement pour des retards pris dans les différents travaux. « Hayatou n’aime pas trop qu’on lui résiste, et il a très mal vu ce soutien des fédérations de la COSAFA. Comme Madagascar en fait partie, il faut peut-être voir avec cette décision de la CAF une sorte de mesure de rétorsion » , suppose notre source. Lors de ses déplacements sur le continent africain, Ahmad Ahmad a expliqué comment il envisage l’avenir :
- Une meilleure traçabilité des sommes que la FIFA verse chaque année aux fédérations ou celles entrant dans le cadre de projets de développement

- Une limitation à trois mandats pour le président de la CAF
- Le retour à la limite d’âge (70 ans)
- Davantage de pouvoirs accordés aux fédérations
- Plus d’efforts pour la formation des jeunes et le développement du professionnalisme
- Une réflexion autour du format de la CAN, n’excluant pas de la faire évoluer comme l’ont fait l’Europe (2016) et l’Asie (2019), avec une phase finale à vingt-quatre.


Comme celui d'Issa Hayatou, le nom du candidat malgache a été cité dans une affaire présumée de corruption, liée à l’attribution de la Coupe du monde 2022 au Qatar. L’ex-ministre de la pêche admet avoir reçu une aide financière du Qatar pour l’aider à organiser l’élection à la présidence de la Fédération et contribuer à développer le football sur la Grande Île. Le Sunday Times, qui avait révélé l’affaire, n’a jamais réussi à apporter de preuves tangibles. À quelques heures du verdict, le Camerounais est logiquement considéré comme le favori de cette élection. « Il connaît parfaitement les rouages de la CAF, alors qu’Ahmad n’a pas cet entregent, ajoute notre source. Mais si ce dernier parvient à obtenir une petite vingtaine de suffrages, il aura réussi son coup...  »

Par Alexis Billebault
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