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  1. // Amical
  2. // Mexique/Italie (2-1)

El Tri séduit, l'Italie sans énergie

Les sources d'inquiétude ne manquent pas pour la France. En voilà une autre, le Mexique peut bien rivaliser, et même sur deux périodes, avec une référence mondiale. Après des parties bicéphales face à l'Angleterre et aux Pays-Bas, El Tri a logiquement dominé l'Italie (2-1), aux piles déchargées par son début de préparation.

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A-t-on vu le onze qui ouvrira la Coupe du Monde face à l'Afrique du Sud hier soir à Bruxelles ? Le Mexique a en tout cas présenté une équipe aussi dense que séduisante. Un football audacieux déjà entrevu lors de la première période face à l'Angleterre, et dans une moindre mesure, lors des 45 dernières minutes devant la Hollande, comme le releva Marcelo Lippi, quand on lui demanda si El Tri l'avait surpris.

Dans sa capacité à bien tenir le ballon, la tâche mexicaine a été facilitée par une Italie volontairement attentiste, mais clairement mangée au milieu de terrain, sans doute par manque de fraîcheur, comme l'expliqua l'entraîneur aux cigarillos au coup de sifflet final : « C'était le pire moment pour jouer le Mexique, notre niveau physique était notoirement inférieur à celui de notre adversaire, ils étaient les premiers sur chaque ballon » . Difficile de savoir ce que valent vraiment les Azzurri. Mais facile de comprendre que Lippi veut une bande d'assassins au sang-froid, imperturbables dans la salle d'attente, pour mieux jaillir et poignarder ceux qui usent le ballon à force de le toucher.

Sans surprise, la pièce majeure de l'édifice mexicain se nomme Rafa Marquez. Placé devant sa défense, le commandant Marquez oriente le jeu de ses transversales, et use de son sens aigu du placement pour pallier les montées de la charnière centrale. Par son expérience, l'ex-Monégasque fait aussi office de garantie dans un système où chaque perte de balle peut s'avérer fatale. Javier Aguirre veut des joueurs tout-terrain : des latéraux-ailiers, des centraux qui perforent, et des attaquants capables de presser et récupérer. Contrepartie de cette mobilité et des incessantes permutations de ses joueurs -indéniablement troublantes pour la défense adverse-, chaque audace de l'arrière-garde doit être parfaitement couverte.

Dans la validité de ce système, les huit poumons d'Efrain Juarez comptent aussi pour beaucoup. Ne pas voir Andres Guardado aligné au coup d'envoi avait surpris. Le Mexicain qui a la cote en Europe était attendu comme le joueur déséquilibrant du secteur offensif aztèque. Volontaire, toujours, le milieu offensif de la Corogne ne s'est montré décisif que trop rarement lors des matches préparatoires. Et c'était même un soulagement de ne plus le voir tirer les coups de pied arrêtés, pour laisser Giovani ou Cuauhtémoc (quand il est sur la pelouse) à l'œuvre. Dans sa position, avec un profil plus défensif, Juarez apporte davantage de fluidité. Pas obsédé, comme Guardado, par le fait de se montrer décisif sur chaque prise de balle.

Latéral de formation et en club, le joueur des Pumas a d'abord donné des gages en tant que pur milieu récupérateur lors des rendez-vous précédents, et pour une première dans un positionnement où on lui demande davantage offensivement, il a à nouveau excellé. Juarez, 22 ans, est peut-être d'ores et déjà le meilleur joueur mexicain. Les clubs français n'ont pas reniflé la bonne affaire avant le Mondial, Anglais ou Espagnols se chargeront de le couvrir d'euros après l'aventure sud-africaine.

Battus dans les duels, sans jus, les Italiens ont toutefois failli renvoyer les Mexicains à leurs études, quand après une perte de balle de pupille, Pirlo ajustait une passe en profondeur pour Gilardino qui donnait l'égalisation aux Azzurri (62'). Sur un superbe service de Giovani, qui pourrait nous faire un Mondial aussi bon qu'il se montre intermittent en club, Vela avait ouvert le score dès la 16'. La prestation mexicaine n'était finalement pas entachée par un accès de naïveté, le but de Gilardino ayant été refusé. Les Azzurri ne feront trembler les filets qu'à la 89e, par Bonucci, à la suite d'un corner -le talon d'Achille mexicain.

Cinq minutes plus tôt, les Mexicains avaient assuré leur succès grâce à Cuauhtémoc Blanco. Le vétéran, toujours capable de faire la différence au plus haut niveau sur une trentaine de minutes, bonifiait un mouvement à près de 20 passes, en offrant un cadeau que même le maladroit Medina ne pouvait refuser (84e). Quand le Mexique se montre (relativement) efficace devant et concentré derrière, il peut, par l'identité collective donnée par Aguirre, rivaliser avec les meilleurs.
A huit jours de l'ouverture du Mondial, l'Afrique du Sud est prévenue. La France aussi.









Par Thomas Goubin, à Guadalajara

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