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El Shaarawy, la métamorphose expéditive

En deux buts, Stephan El Shaarawy semble avoir évacué d’un revers de la main des doutes profondément ancrés. De fantôme remplaçant à Monaco à titulaire indiscutable avec la Roma, tout va toujours très vite avec le Pharaon. Mais est-il vraiment guéri pour autant ?

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Ils ont deux visages différents. L’un est crispé, sourit peu, hurle quand il marque. L’autre est détendu, audacieux, se jette dans les bras de ses coéquipiers quand il fait trembler les filets. Le premier est Stéphane Le Charaoui, attaquant remplaçant de luxe à Monaco, il n’a pas la confiance du coach, peut coûter très cher (16 millions d’euros) au club de la Principauté, s’il passe la barre des 25 matchs joués et ne marque logiquement que deux buts en vingt-quatre apparitions. L’autre est surnommé « le Pharaon » et c’est toujours un immense espoir dans son Italie natale. Il y bénéficie de l’arrivée d’un vent frais à la Roma en la personne de Luciano Spalletti et vient de marquer deux buts de renard (dont un fort joli) en deux matchs. Soit autant que son lointain cousin français. C’est comme si l’épisode monégasque n’avait jamais existé. Les doutes associés non plus. En à peine dix jours, Stéphane est redevenu El Shaarawy.

Confiance, amertume et temps de jeu


Qu’est-ce qui a donc changé en si peu de temps ? La première chose, c’est évident : pour marquer, Stephan doit jouer. Et avec la Roma, il a déjà trois heures dans les jambes en seulement une semaine au club. Deux matchs complets. Il est disponible, pas toujours frais, mais souvent au bon endroit, au bon moment. La deuxième chose, c’est qu’il est animé par un sentiment des plus forts. L’envie de prouver au monde qu’il a encore quelque chose à apporter. D’ailleurs, après son deuxième but en deux matchs face à Sassuolo, quand Il Faraone évoque son début de saison à la Gazzetta, il n’y est pas question de club. Juste d’un sentiment ancré en lui : « C’est déjà une revanche pour moi. J’ai passé des moments difficiles et maintenant, je cherche à me reprendre. Et même quand j’étais blessé, j’ai toujours travaillé pour sortir de cette période compliquée. Aujourd’hui, le travail paye. »


Et puis il y a forcément la confiance qui entre en jeu. Avec Luciano Spalletti, Stephan est comme à la maison. Chose qu'il a encore expliquée en zone mixte après la victoire contre Sassuolo : « Je remercie l'entraîneur pour la confiance qu'il me donne. Nous savions que ce serait un match difficile, Sassuolo a de grands joueurs et n'a jamais abandonné. Il réalise un super travail, surtout sur le plan psychologique. Il sait comment parler aux joueurs. » Pour qu’un joueur puisse imiter Zlatan et y parvenir avec succès, c'est même l'ingrédient indispensable. La confiance. Et pour le moment, Luciano Spalletti le lui rend bien : « J’espère que la folie d’El Shaarawy ne va pas s'arrêter en si bon chemin. »


Titulaire avec la Nazionale ? Vraiment ?


Car, aussi incroyable que cela puisse paraître, les deux bonnes performances de Stephan lui valent déjà des montagnes de louanges dans les médias italiens et des retournements de veste tout aussi soudains. S'il n'a jamais vraiment été écarté par Antonio Conte avec l'Italie, Tuttosport, par exemple, fait désormais du lobbying pour l'Italo-Égyptien. D'abord en lui demandant som ambition pour la Nazionale : « C'est mon objectif. » Et puis en envoyant au sélectionneur un message personnalisé : «  Avec son deuxième but consécutif, il est de retour... » Précipité ? Certainement. Et c'est aussi oublier qu'il n'a jamais réalisé qu'une seule grosse demi-saison avec le Milan. Ce qui joue le plus en sa faveur, finalement, c'est que personne ne s'est vraiment imposé ces derniers temps à la pointe de la Nazionale. Insigne, Eder, Pellé, Immobile, Gabbiadini ou El Shaarawy ? Cela va probablement se jouer dans les semaines à venir.

Par Ugo Bocchi
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