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Eibar l'accrocheuse

Neuvièmes de Liga, les promus d'Eibar affrontent ce samedi soir le Barça, premier et qui n'a pas encore encaissé un but. Un match a priori déséquilibré entre deux équipes aux antipodes. Et pourtant, depuis le début de l'exercice, les Basques s'accrochent. Avec leurs armes.

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«  L'objectif est de laisser trois équipes derrière nous  » , rappellait Gaizka Garitano, l'entraîneur d'Eibar, la semaine dernière. Pour l'instant, ils sont onze à faire la queue derrière le club basque. Certes, ils pourraient être un peu moins nombreux samedi soir après la visite des hommes du Gipuzkoa au Camp Nou. Mais qu'on se le dise, depuis le début de la saison, Eibar s'accroche et va encore s'accrocher en Catalogne.

Neuvièmes de Liga, les promus font figure de caillou dans la chaussure à chaque fois qu'ils disputent un match de première division. Les Colchoneros peuvent en témoigner. Eux qui ont battu les Basques seulement 2-1, le 31 août dernier au Caldéron. Mené 2-0, Eibar n'a pas baissé les bras, ni cherché « à limiter la casse  » . Revenus à 2-1 avant la mi-temps, il s'en est fallu de quelques centimètres à la 88e minute pour qu'Ángel Rodríguez ne permette à son équipe de ramener un point du déplacement chez les champions d'Espagne. La Real Sociedad, elle, pensait commencer son championnat par une victoire à l'extérieur chez son petit voisin. Raté, pour le premier match de leur histoire en Liga, les Armeros ont imposé leur loi. Score final 1-0. Elche, concurrent direct dans la lutte pour le maintien, avait coché le match contre Eibar dans son tableau de marche. Raté, 2-0 pour Eibar. Bilbao pensait se refaire la cerise en croquant Eibar dans le derby à San Mamés. 0-0. Villarreal, puis Levante se sont également cassé les dents en ne rapportant qu'un petit point du stade Ipurua, pouvant accueillir 5 250 personnes. Seul accident notable : une défaite à Ipurua justement, face au Depor. le 15 septembre dernier. La seule de la saison jusqu'ici.

Des buts de fou


Plus qu'un sparring partner, un poil à gratter donc. Peut-être parce qu'ils savent qu'ils auraient pu avoir un destin à la Luzenac faute de budget suffisant, les Azulgranas profitent, mordent dans cette Liga et tentent. S'ils s'en sont sortis grâce à la solidarité d'une opération de crowdfunding, sur le pré, il en va de même. Avec de l'audace, sans complexe. À l'image de cet amour de ballon enroulé d'Abraham Minero face à l'Atléti ou de cette folie de reprise de volée pour égaliser à 2-2 face à Levante lors de la dernière journée. Un match symbole de leur état d'esprit. Mené 2-0 par Levante, Eibar est revenu à 2-2 et a même inscrit le but du 3-2, injustement refusé pour hors-jeu. Quand Victor redonne l'avantage à Levante à la 79e minute, Albentosa et ses potes ne lâchent rien et reviennent grâce à Piovaccari à la 90e. 3-3. Des guerriers, on vous dit. Pas pour rien qu'on les surnomme Los Armeros, en référence à la spécialité de la petite ville d'Eibar : la fabrication d'armes.

Des armes qui servent à mener des combats. « Personne ne doit douter que nous allons livrer une guerre » , rappelait dans Marca Lillo, un défenseur convaincu de la force de son équipe : « Aucune équipe ne nous a été supérieure dans tous les matchs que nous avons joués, ajoute-t-il. Nous avons toujours été plus proches de la victoire que de la défaite, même au Caldéron. »

Un bloc solide


De quoi donner de la confiance à un effectif stable et qui a gardé l'ossature de l'équipe qui a réussi l'exploit de monter en Liga. Avec un credo : l'esprit de groupe et la soliditié défensive. Les chiffres ne mentent pas : Eibar a terminé meilleure défense de Segunda Division avec 28 buts encaissés en 42 matchs. Seulement quatre équipes ont même réussi à marquer plus d'un but aux hommes du Gipuzkoa. Installés dans le 4-2-3-1 bien huilé de Garitano, les Armeros sont durs à bouger et n'aiment rien plus que de laisser la balle à l'adversaire. Pour mieux le surprendre par des contres rapides en se projetant vite et bien vers l'avant. Car attention, à Eibar, solidité ne rime pas avec ennui. La tendance s'est confirmée en ce début de Liga où Eibar a montré un visage compact, mais séduisant. « Que ce soit à San Mamès ou au Caldéron, nous avons mis de l'intensité, mais en ressortant bien les ballons  » , précise Javi Lara, premier buteur de l'histoire du club en Liga. Sans génie, mais avec une ossature solide composée d'une colonne vertébrale fiable avec le portier Xabi Irureta, le défenseur central Albentosa, l'organisateur du jeu Dani García et l'attaquant Arruabarrena. Voilà les hommes clés du système Garitano autour duquel gravitent des bons soldats qui ont vécu la montée et connaissent par cœur le plan de jeu. Ce à quoi il faut ajouter des nouveaux venus qui apportent davantage de talent, tels que l'Italien Piovaccari arrivé de la Sampdoria, le passeur Javi Lara et Ángel Rodríguez en provenance de Levante.

Tout ça loin de la galaxie Messi et Neymar, face à qui les Armeros espèrent bien faire bonne figure, à leur façon : « Nous allons devoir travailler comme jamais, indique Abraham Minero, souffrir, se battre sur chaque ballon. Nous irons au Camp Nou avec le couteau entre les dents. Et avec nos armes : la force et le sacrifice. » Pour le moment, cela leur réussit bien. Suffisant pour être la première équipe à marquer un but au Barça ? « L'important, ce n'est pas de marquer un but à Bravo, mais le score final » , pose Javi Lara. Et si le Barça a déjà la tête au Clásico de la semaine prochaine au Bernabéu, sait-on jamais... En tout cas, si Eibar doit tomber au Camp Nou, ce sera les armes à la main. En s'accrochant.

Par Antoine Beneytou
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Zarathoustra Niveau : Loisir
Quand on voit le stade "de quartier" d'Eibar, qui accueille sans aucun souci apparent des matchs de LIGA alors que de l'autre côté des Pyrénées; on refuse à Luzenac pour défaut d'infrastructures aux normes, une montée acquise légitimement...
Y a de quoi avoir honte des hautes instances de notre pays...

A la guillotine putaing !
Belle leçon d'une équipe d'une ville de 27 000 habitants avec un stade de 5000 places. Surtout qu'à coté, autant la Real Sociedad et l'Athletic club végètent dans les profondeurs du classement. Une équipe sans peur et sans reproche qui est, pour l'instant, en train de gagner son pari. Que ça dure le plus possible.
Denoueix-touch Niveau : DHR
Message posté par Zarathoustra
Quand on voit le stade "de quartier" d'Eibar, qui accueille sans aucun souci apparent des matchs de LIGA alors que de l'autre côté des Pyrénées; on refuse à Luzenac pour défaut d'infrastructures aux normes, une montée acquise légitimement...
Y a de quoi avoir honte des hautes instances de notre pays...

A la guillotine putaing !


Le jour où il y aura un Furiani bis en Espagne on en reparlera.
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