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Eguren, entre malchance et casseroles

On peut jouer en Suède, s'enfiler des infusions de Coca, avoir des problèmes cardiaques et disputer un huitième de finale de Coupe du monde. La preuve avec Sebastian Eguren.

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Les histoires d'amour finissent mal en général. C'est bien connu. L'adage est également valable en Suède. Mars 2010. Jour d'entraînement à Stockholm. Un groupe de seize supporters d'Hammarby envahissent le centre d'entraînement de l'AIK et menacent Sebastian Eguren. Ils lui crachent leur haine à la gueule : « Qu'as-tu fait de ton cœur d'Hammarby ? » . Son crime ? Être venu prendre du temps de jeu en prévision de la Coupe du monde chez le rival d'Hammarby, club dont il avait porté les couleurs en 2006 et à qui il avait juré fidélité en partant. L'Uruguayen sera exfiltré du terrain avec l'aide d'agents de sécurité et vivra quelques temps sous protection policière. Pas grave, les supporters viendront le pourrir jusque devant son hôtel.

A l'image de cette incartade, la carrière de Sebastian Eguren n'a rien d'un long fleuve tranquille. Tout commence au Montevideo Wanderers en 1999. Après une première cape avec la Celeste en Coupe d'Amérique, il s'engage dans les rangs d'un des plus grands clubs uruguayens : le Nacional. L'expérience ne durera qu'une saison en raison d'un contrôle antidopage positif à la cocaïne en marge d'une rencontre de Copa Libertadores. Pour sa défense, Eguren expliquera avoir bu une infusion de coca afin de limiter les effets de l'altitude. Peine perdue, il ne convainc pas et sera suspendu six mois avec en prime un retour aux Wanderers.

Un peu grillé en Amérique du sud, Seba va chercher la reconnaissance en Scandinavie. D'abord à Rosenborg en Norvège puis à Hammarby au pays des Krisprolls où il besogne dans l'entrejeu. Son caractère et sa garra en font l'un des chouchous du public. Une notoriété naissante soignée à grand renfort de performances impeccables durant les derbys. Il repartira de Suède avec une femme au bras et un nouveau passeport dans la poche direction Villarreal pour remplacer un Rio Mavuba, alors peu étanche au sein du Yellow Submarine. Aux côtés de Marcos Senna, il forme une paire de récupérateurs redoutée dans toute la Liga et réenfile le maillot de la Celeste. Presque snobé par la fédération jusqu'ici, le sélectionneur uruguayen Oscar Tabarez en fera l'un des piliers de son équipe. Un taulier qui disputera une dizaine de match de qualification pour 2010 ainsi que le barrage face au Costa Rica. Autant dire que l'Uruguay lui doit beaucoup.

Seulement voilà le destin s'en mêle encore à l'approche du Mondial. Avec le départ de Pellegrini au Real, il perd sa place de titulaire et voit son temps de jeu se réduire comme peau de chagrin en Espagne. Il profite du mercato d'hiver pour s'engager à la Lazio en prêt. Mais le deal s'effondre alors qu'il s'entraîne déjà avec ses nouveaux partenaires : « Il n'a pas réussi les tests médicaux pour des raisons qui sont très graves et que l'on ne peut pas révéler à cause du respect de la vie privée » , déclare Claudio Lotito, le président romain. La presse transalpine parle d'hypertension cardiaque et Eguren explique ce problème à cause du «  stress provoqué par le surmenage du déménagement » . A quelques mois du Mondial, il se relève, balance des CV dans tout ce que le monde compte comme club et atterrit au Nord, dans le championnat suédois. Retour à la case départ.

Barré par Diego Perez en sélection, Eguren a dû se contenter jusqu'ici de miettes temporelles en Afrique du sud. Deux minutes contre la France. Sans doute verra-t-il son temps de jeu évoluer face à la Corée du sud et prendra-t-il sa revanche sur les coups de latte de la vie.

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