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Eddy Capron : « J’ai toujours eu un petit complexe d’infériorité par rapport à mes partenaires »

Ce week-end, c’est derby dans l’Ouest de la France avec Rennes-Nantes, deux équipes pour lesquelles Eddy Capron a tenu la défense dans les années 1990. Pour des expériences totalement opposées. Aujourd’hui éducateur sportif, ce « Canari de cœur » revient sur sa carrière professionnelle, son regret d’avoir quitté le FC Nantes et sur son expérience en tant que patron de maison de disques.

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Il y a peu, tu as déclaré regretter le fait que les anciens du FC Nantes soient si peu présents dans la direction actuelle...
Je pense que certains anciens joueurs ont cherché à être présents et à s’investir, mais que ça ne plaisait pas forcément à la nouvelle direction. Pourquoi ça ? Chacun a ses raisons à ce sujet... Je ne dis pas que tout est totalement fermé, j’ai moi-même été en contact avec la direction pendant un temps, mais c’est clair qu’il y a une certaine forme de réticence par rapport aux anciens. On nous accuse parfois de trop parler, de trop nous manifester.


Est-ce que cet hiver, ça t’est arrivé de te dire : « L’entraîneur de Nantes, ça pourrait être moi » ?
J’en rêve bien sûr, mais je n’ai pas les diplômes requis. Après, il faut aussi se demander si je serais meilleur que l’entraîneur en place. Honnêtement, je ne pense pas. De toute façon, c’est tout le club qui est concerné : les joueurs, le président et les membres du staff sont autant responsables de la situation actuelle que l’entraîneur.

« Lorsque je jouais en D3 avec Denoueix, on avait de très mauvais résultats. On se faisait bouger, mais on a cultivé notre jeu et on a fini par reproduire ça en première division »

Ce week-end, Nantes reçoit Rennes, deux équipes pour lesquelles tu as joué. Comment tu expliques leur manque de résultats ces dernières années ?
Pour Rennes, j’avoue ne pas avoir trop de réponses précises à donner. Mais pour Nantes, disons qu’il y avait une identité et un gros savoir-faire et que cela a été complètement négligé. Selon moi, des entraîneurs comme Raynald Denoueix ont été mis à l’écart trop tôt, pareil pour des figures essentielles du club, comme Stéphane Ziani ou Stéphane Moreau. C’est dommage parce qu’on sent bien que le club recherche une identité ces dernières années.

Tu ne penses pas que c’est une erreur de courir après un certain passé ?
Ce qui est sûr, c’est que ça met une pression énorme sur certaines têtes, alors qu’il faudrait sans doute accepter que l’on ne retrouvera jamais ça et avancer. Je pense qu’il faut laisser le temps aux nouvelles générations d’imposer leur style.

Ce qui était le cas pour toi lorsque tu es arrivé au centre de formation, non ?
À l’époque, il y avait un vrai travail effectué avec les jeunes, une volonté de construire ensemble. Lorsque je jouais en D3 avec Denoueix, on avait de très mauvais résultats. On se faisait bouger, mais on a cultivé notre jeu et on a fini par reproduire ça en première division. Et ça a marché, comme ça marche également depuis plusieurs années pour le Barça. Là-bas aussi, les jeunes galèrent, mais ils refont leurs gammes quotidiennement et ont des points de repères pour l’avenir.

« Il faut dire ce qui est : je n’étais pas le plus talentueux de mon époque, mais j’ai pu m’exprimer pleinement au sein d’un collectif parfaitement rodé. Dès que je suis sorti de ce collectif, ça a été plus compliqué. »

Ta première année en pro, en 1990, tu t’en souviens ?
J’avais dix-neuf ans, je débarquais de la région parisienne, je collectionnais les maillots du FC Nantes depuis plusieurs années et n’arrivais pas à réaliser. Je me voyais encore devant ma télé à hurler sur Maxime Bossis parce qu’il avait manqué un penalty avec l’équipe de France. Là, je m’entraînais avec lui (rires).

À l’époque, on disait que tu avais un Christanval dans chaque jambe. Tu penses être passé à côté d’une plus grosse carrière ?
Il me manquait le mental ou un club avec une identité aussi forte que celle de Nantes. Honnêtement, quand j’ai quitté le club en 1997, j’avais l’impression de ne pas savoir jouer. Comme beaucoup de joueurs à Nantes, j’avais été formaté pour jouer pour ce club. J’avais beau faire le double d’efforts, je n’y arrivais pas. Et ça vient probablement du fait que, avec Nantes, on jouait pour et avec nos partenaires. Sans Makelele et Ferri, par exemple, je n’étais rien. L’addition d’individualités faisait la force du collectif, et ça permettait de masquer quelques lacunes.


C’est-à-dire ?
Il faut dire ce qui est : je n’étais pas le plus talentueux de mon époque, mais j’ai pu m’exprimer pleinement au sein d’un collectif parfaitement rodé. Dès que je suis sorti de ce collectif, ça été plus compliqué. D’autant que j’ai toujours eu un petit complexe d’infériorité par rapport à mes partenaires.

« Certes, on enchaînait les victoires 3 à 0 à la maison, mais on prenait ça avec modestie. Coco Suaudeau nous avait inculqué ça, il voulait que l’on reste humbles, même dans la victoire. »

Tu as parfois joué arrière droit. Rassure-moi, ton vrai poste, c’est bien défenseur central ?
Les rares fois où je jouais arrière droit, c’est parce qu’il n’y avait pas de place au centre. Quand je suis arrivé, il y avait Karembeu, Desailly, Bossis et même Le Guen, que des gars que je regardais avec de grands yeux. Du coup, je jouais où on me mettait. Si ça avait été milieu gauche, j’aurais accepté (rires).


Avec le recul, as-tu conscience d’avoir fait partie de la grande époque du football nantais ?
Pour moi, le vrai Nantes, c’est celui qui a remporté le championnat en 1983. Tous ces joueurs étaient des modèles pour moi. On a certes fait une saison de dingue en 1994-1995, mais je pense que cela n’aurait pas été possible si la génération 80 n’avait pas posé les bases.

Justement, le titre de 1995. Qu’est-ce que tu ressens lorsque tu y repenses ?
La frustration de ne pas l’avoir savouré à sa juste valeur. Tout s’est enchaîné trop vite : il y a eu un décès dans mon entourage et, avec l’équipe, on s’est vite remis au travail pour la saison suivante. C’est dommage, mais je pense que l’on ne réalisait pas du tout à l’époque. Certes, on enchaînait les victoires 3 à 0 à la maison, mais on prenait ça avec modestie. Coco Suaudeau nous avait inculqué ça, il voulait que l’on reste humbles, même dans la victoire.

Apparemment, les joueurs étaient cramés quand ils sortaient d’un entraînement avec Suaudeau...
En vrai, c’était surtout le mardi et le mercredi que l’on travaillait le fond. Le reste de la semaine, on faisait beaucoup de tactique, ce que Coco considérait comme de la récupération.



« À Sedan, c’était une ambiance de dingue. On n’était pas bons, mais qu’est-ce qu’on rigolait (rires). »

Finalement, ton départ du FC Nantes t’a fait plus de mal que de bien... Pourquoi ce départ ?
Après le titre, j’ai eu une hernie qui m’a tenu éloigné des terrains pendant quatre ou cinq mois. À mon retour, j’avais l’impression que l’on ne voyait plus que mes défauts. Il fallait que je parte. J’avais des contacts avec Newcastle, Tottenham et quelques clubs en Espagne, mais comme je venais d’acheter une maison et que ma compagne était enceinte de notre premier enfant, je voulais rester dans l’Ouest. Ça aurait pu être Laval ou Lorient, mais c’est tombé sur Rennes (rires).

Tu te souviens des réactions lorsque tu as signé à Rennes, chez l’ennemi ?
Cette rivalité ne me regarde pas. Je suis pro-Nantes, mais je ne suis contre aucun club. Cela dit, ça ne m’a pas empêché de me faire siffler des deux côtés. Pareil à Sedan, j’étais sifflé parce que j’étais « Eddy Capron de Nantes » , une équipe contre laquelle Sedan venait de perdre en finale de la Coupe de la France.

Tu retiens quoi de ton parcours à Sedan ? Le premier but de l’histoire dans le stade Louis-Dugauguez ?
Ce but, je me le rappelle, bien sûr, mais je retiens surtout la relation avec les autres joueurs. J’avais des difficultés physiques, j’étais sifflé et n’étais pas très bon sur le terrain, mais ils m’ont toujours fait confiance. J’ai même terminé capitaine là-bas, ce qui ne m’était jamais arrivé. Et puis, même au-delà de ça, c’était une ambiance de dingue. On n’était pas bons, mais qu’est-ce qu’on rigolait (rires).

Le retour au foot amateur, comment ça s’est passé ?
Ça n’a pas été facile, mais il y a eu une longue transition entre l’arrêt de ma carrière et mon retour en tant qu’éducateur. Pendant longtemps, je ne pensais même pas exercer une telle activité. C’est uniquement lorsque j’ai amené mon fils pour la première fois au foot que j’ai commencé à ressentir cette envie de transmettre. Très vite, j’ai passé mon diplôme et je me suis pris au jeu. Et je m’éclate : contrairement au foot pro, c’est aux entraîneurs et aux éducateurs d’être à la disposition des joueurs ici.

Et concrètement, tu essayes d’enseigner quoi à tous ces jeunes ?
Que ce n’est que du foot et qu’ils sont là pour se faire plaisir. Après tout, ils n’ont pas besoin de moi pour leur dire de courir et de taper dans un ballon. L’important, c’est de leur inculquer les notions de collectif. Tu sais, un jour, Loïc Amisse m’a dit qu’il préférait faire une passe décisive que d’inscrire un but. Sachant que le mec était attaquant, ça m’a marqué.

Pour finir, on peut dire que tu restes l’un des seuls joueurs de foot à avoir lancé un label de musique...
Ça a duré trois-quatre ans. Il n’y avait aucun objectif, mais ça m’a permis de collaborer avec des mecs des USA, d’Israël et du Japon. J’ai fini par lâcher parce que c’était risqué financièrement. Et puis ça coïncidait avec les débuts de mon fils au foot. Je ne voulais plus travailler de 15h à 6h du matin en studio. Je ne voyais pas le temps passer, ce n’était pas une vie.

Propos recueillis par Maxime Delcourt
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