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Duhamel : « À Romorantin, ils étaient plus bières et cigarettes »

Avec 16 pions au compteur, Mathieu Duhamel trône en tête du classement des buteurs de la L2, à égalité avec le Messin Sakho et le Lavallois Bekamenga. Mais plus qu’une terreur des surfaces, l’avant-centre caennais (29 ans) est surtout un joueur arrivé sur le tard dans le monde pro. Et dont le parcours sent bon l’herbe grasse, les apéros, les bastons, les joies simples mais aussi les vraies galères. Bref, la vie quoi.

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Tu as dit récemment que la montée faisait peur à certains de tes coéquipiers. Là, vous êtes 4e donc quand même obligés d’en parler, non ?
Ça peut mettre la pression et je préfère qu’on n’en parle pas, parce qu’aujourd’hui, c’est peut-être un peu tôt car on est encore derrière. C’est à la fin du bal qu’on paie les musiciens. Mais je ne vais pas mentir, ça m’arrive de regarder les résultats des autres. Il y a un moment où je ne regardais pas du tout. Là, avec nos bons résultats, je m’y intéresse plus. Mais on a les cartes en main.

Ne pas monter serait une catastrophe pour le club ?
Oui, c’est sûr. Il y a beaucoup de personnes, des gens qui travaillent au stade, qui savent que si on ne monte pas, ce sera difficile financièrement. C’est aussi pour ces gens-là qu’on se bat le week-end, parce qu’on sait très bien qu’il peut y avoir des licenciements économiques. On se bat pour tout le club et tout le monde ici.

Pour un attaquant, travailler avec Patrice Garande, c’est un petit luxe...
Vu mon parcours, je n’ai pas fait de centre de formation, je progresse avec mes différents entraîneurs. Et je pense que c’est avec lui que j’ai le plus progressé. Il m’a beaucoup aidé. Il me donne des conseils sur le terrain mais aussi en dehors. Il sait très bien que je suis réceptif à ses conseils sur le placement, les appels de balle, des choses qui font que je ne suis plus du tout le même joueur que quand je suis arrivé à Caen.

Et face au but, il a encore des bons réflexes ?
On ne le voit pas trop (rires) ! Parfois, il prend un ballon tout seul mais il donne surtout les conseils, il ne joue pas trop.

Tu as eu un début de carrière un peu atypique puisque tu as mis du temps avant de rejoindre le monde pro. Du coup, vis ta situation actuelle différemment ?
Je pense que je n’ai pas la même mentalité. Mais attention, je ne critique pas les gens qui ont fait un centre de formation parce que j’aurais aimé y passer aussi. Et peut-être qu’aujourd’hui, je serais ailleurs, je n’en sais rien. Mais je suis content d’être là où j’en suis, vu d’où je suis parti. Plus jeune, j’avais un entraîneur qui me faisait jouer latéral gauche alors que je suis avant-centre et donc ça m’a fait perdre du temps. Là, je vais arriver sur mes 30 ans mais je me sens aussi frais qu’un joueur de 25 ans car j’ai commencé plus tard dans ce milieu. Au niveau de ma mentalité, le fait d’avoir eu un parcours atypique et parfois difficile fait qu’aujourd’hui, j’ai la niaque, beaucoup d’envie. Je ne compte pas mes efforts et j’ai envie de progresser tout le temps.

Tu es passé par Clairefontaine quand tu étais jeune. Pourquoi ça n’a pas marché pour toi là-bas ?
J’étais content d’y entrer car sur 700 personnes, on est 24 à avoir été pris donc ça prouvait certaines choses. Mais ça a été très difficile pour moi car je m’ennuyais de ma famille. J’étais trop jeune pour partir. Je suis très famille et ça a été très, très, difficile pour moi.

Si un jour tu as un enfant qui veut y aller, tu lui conseillerais quoi ?
C’était mon choix. Mes parents étaient contents pour moi car c’est ce que je voulais. C’était difficile mais ça m’a aussi permis de me forger un fort caractère donc je ne regrette rien du tout.

« J’aimerais remercier Thomas Thouroude »

Après tu es passé par Rouen, Romorantin et Laval. Les ambiances champêtres, ça te connaît donc…
C’est sûr ! J’ai connu tous les niveaux : PH, DHR, DH, CFA et National, donc c’est vrai que ces expériences font qu’aujourd’hui, je suis un joueur un peu plus complet. Jouer dans certains stades de PH ou DH, je pense qu’un professionnel ne pourrait pas le faire parce que parfois, ce n’est pas trop du football. Certains adversaires jouent plus le joueur que le ballon et font de très grosses fautes parce qu’ils savent qu’à ce niveau, les sanctions ne sont pas les mêmes.

Quel est ton pire souvenir dans ces matchs amateurs ?
J’ai vécu des bagarres générales. Mon pire souvenir, ça doit être le jour où j’ai joué contre une équipe à côté de Rouen, dans un quartier où c’est devenu n’importe quoi parce que quand tu gagnes, tous les supporters rentrent sur le terrain et ça dérive en bagarre générale.

Tu dois donc encore plus savourer d’être entré dans le monde pro…
C’est surtout que je n’aime pas la tricherie dans ce milieu. Les simulations et tout ça, je ne peux pas parce que dans les divisions dans lesquelles j’ai joué, il n’y a pas de trucs comme ça. Du coup, je n’arrive pas à digérer l’injustice. Là, je me suis pris un rouge contre Châteauroux alors que je n’ai pas touché le joueur et sur le coup, j’ai eu du mal à l’avaler. Quand le joueur simule et que l’arbitre se fait avoir, je n’aime pas trop. Heureusement, la commission de discipline a revu les images et m’a blanchi.

Quand tu étais à Romorantin, l’ambiance était familiale, voire même un peu trop à ton goût. C’était apéro après les entraînements ?
Oui, c’était ça. Je suis parti là-bas tout seul. Et il faut savoir qu’à Romorantin, il y a 9000 habitants (plus de 16 000 en réalité, ndlr), il n’y a rien, on y va juste pour le football. Il y avait beaucoup de pères de famille dans l’équipe et ils étaient plus bière et cigarette. Je n’imaginais pas du tout le foot professionnel comme ça. J’allais à l’entraînement et je dormais, je ne faisais que ça. Mais c’est un passage qui m’a permis de signer à Laval. Il fallait passer par une petite équipe de National pour aller dans un meilleur club.

Et à part le foot, comment tu t’occupais là-bas ?
Je dormais. Je ne faisais rien d’autre que ça et jouer au foot. De toute façon, il n’y a rien là-bas. À côté, Caen, c’est Paris. New York même !

Comment vis-tu le fait d’être l’idole de Thomas Thouroude, qui cite ton nom chaque semaine dans L’équipe du dimanche ?
En gros, même quand je suis fatigué, je regarde l’émission jusqu’à la fin pour ça. Et à chaque fois que je vais me coucher, j’ai le sourire aux lèvres parce qu’il me fait rire et c’est sympa de sa part. Si un jour, j’ai l’occasion, j’aimerais le rencontrer pour le remercier parce que ce qu’il fait, c’est vraiment sympa.


Propos recueillis par Axel Bougis
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