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Duel étoilé ?

La Black Star contre les Stars & Stripes. Donovan contre Gyan... Superbe affiche en perspective avec deux équipes joueuses mais qui ont peiné à marquer beaucoup. Et si ce soir à Rustenburg, c'était le feu d'artifice ? Gros enjeux pour les USA partis à la conquête du Top 8 mondial qu'ils ont connu en 2002 et pour le Ghana, dernier représentant d'un contingent africain décimé...

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Chez les bookmakers anglo-saxons (USA, UK, Nelle Zélande, Australie et Île de Man), on appelle ça des underdogs. C'est-à-dire des outsiders susceptibles de créer la surprise, fatalement une grosse cote donc. Et c'est vrai que comparées aux Allemands, Argentins, Hollandais ou Brésiliens, ces deux nations c'est clairement en bas du panier. Mais pas troué, le panier ! USA et Ghana figurent dans le Top 16 du foot mondial. Autant, pour la Black Star, ce n'est pas une surprise mais pour les Etats-Unis, ça devient une situation qui se pérennise. Et il est là le progrès américain : les USA ont fini premiers d'un groupe promis au départ aux Anglais. Mais c'est surtout ce qui suit qui pourrait être plus valorisant : en quarts, l'adversaire serait le vainqueur d'un autre 8ème, Uruguay-Corée du Sud. Pas facile, mais moins impressionnant que les cadors cités plus haut, non ?... La voie royale vers les demies s'ouvrirait alors...


Un contexte particulier

Il n'y a qu'un précédent au haut niveau entre les deux pays. Au Mondial 2006, en poule, le Ghana avait battu l'Amérique 2-1 et était passé en 8èmes, éliminé finalement par un 3-0 sec contre les Brazileiros. Aujourd'hui, six joueurs des deux côtés étaient du match de 2006. Du passé sans intérêt ? Oui et non, parce que si le Ghana était passé en 8ème en battant les States, il avait subi une nette défaite contre l'Italie, future champions du monde, 2-0, alors que les Ricains avaient nullé avec la Squadra 1-1 en les mettant en grandes difficultés. Preuve que les deux équipes se valaient. Se valent-elles encore aujourd'hui ? On verra bien... Encore un mot très important sur 2006. Des « révélations » cataclysmiques avaient fait état d'un « match arrangé » entre Ghana et Brésil : la Black Star (ou du moins certains de ses joueurs) aurait été achetée pour perdre la rencontre. Une sombre histoire de maffias des paris asiatiques. Une saloperie peut-être plausible mais jamais prouvée.

En tous cas, une sale affaire qui a rendu furax les autorités du foot ghanéen, jusqu'à présent toujours obsédées de laver leur honneur. La bonne occase se présente donc ce soir : battre les Etats-Unis pour bien enterrer ce passé qui ne passe toujours pas. A ce titre, on peut penser que les Ghanéens seront un plus motivés que les Américains ? Pas impossible : ces choses-là, ça compte.
Sinon, bien sûr, la Black Star disposera aussi ce soir à Rustenburg d'un atout non négligeable : le soutien du public sud-africain qui penchera naturellement en faveur du dernier représentant africain de la compète. Les Américains, eux, ont reçu le soutien de Bill Clinton (il est en Afrique du Sud) et surtout d'un message d'encouragement live, au téléphone, de Barak Obama. Yes, they can...


Le duel Gyan Asamoah – Landon Donovan

On présente à juste titre ce USA-Ghana sous la forme du duel Donovan-Gyan. L'unique star du foot US a encore brillé en marquant deux des buts de son pays, notamment celui contre l'Algérie dans les arrêts de jeu qui a qualifié les siens. Donovan est donc pile au rendez-vous mondialiste. A l'image d'une sélection US qui ne renonce jamais, qui va toujours de l'avant et qui finit toujours très fort. En contrepartie, cette équipe a souffert du manque d'efficacité de ses attaquants (Altidore, Gomez ou Findley, de retour), les buts étant marqués par les milieux (Dempsey, Bradley et doublé de Donovan). L'autre problème, c'est la défense, trop souvent prise en défaut. C'est une constante avec les USA : cette équipe encaisse beaucoup (trop ?) de buts. Déjà, en match préparatoire le 4-2 subi face aux Tchèques était tout sauf une surprise. L'axe défensif américain (De Merit et Bocanegra, plus les milieux Edu et Bradley) n'offre pas toutes les garanties. Heureusement, avec Howard, la formation US dispose d'un très bon gardien.

Côté Ghanéen, c'est plus compact, plus posé. L'assise de cette équipe c'est son jeune milieu KP Boateng-Annan-Asamoah. Solide défensivement, porté vers l'attaque dès la récup (Boateng et Asamoah), il peut à la fois neutraliser le jeu adverse et enfoncer ce fameux axe défensif américain. En pointe, l'inévitable Gyan Asamoah, Monsieur 50 % (il a inscrit 50% des buts ghanéens en Coupe du monde 2006 et 2010 : trois sur six). Comme pour les Etats-Unis, l'attaque ghanéenne manque cruellement d'efficacité puisqu'elle n'a scoré que sur penalty au premier tour. Mais, attention ! Cette équipe se procure un max d'occasions et sans une maladresse insigne, elle aurait pu battre l'Allemagne et l'éliminer en début de semaine. On pourrait donc imaginer le scénario suivant : d'abord ouverture du score par la Black Star, avec sans doute un doublement de l'avantage au cas où les Stars & Stripes n'égalisent pas rapidement. Ensuite, soit Donovan et ses potes effectuent une remontée dont ils ont le secret et ça nous mènerait à un 2-1, puis 2-2, avec prolongations de feu. Soit un contre mortel ultra rapide des Africains portera la marque à un 3-0 ou un 3-1 final.

A priori, donc, avantage Ghana, grâce à se plus grande maîtrise collective et son fort impact physique. Tout pourrait se jouer sur le mode « action-réaction » (action Ghana et réaction USA). A moins que les Américains n'emballent ce match dès le début et imposent leur enthousiasme jusqu'à la victoire finale. C'est plus souhaitable et on en rêve vu le côté un peu trop « gestionnaire » , parfois, des Ghanéens. America, make our day !

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