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Duel de bonhommes

Les fans de toque peuvent aller cueillir des champignons. Les autres regarderont avec attention le résultat de ce Liverpool qui semble aller mieux à Stoke City, où il n'est jamais facile de s'imposer.

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Spectacle et intérêt sont parfois antinomiques. Le Stoke-City Liverpool prévu cet après-midi en est le parfait exemple. Oui, rien que pour savoir ce que ce Liverpool 2011-2012 - qu'on nous vend comme celui du renouveau - a dans le ventre, ce qui va se passer au Britannia Stadium risque de valoir le coup d'œil. Or, il ne faut pas se le cacher, on a peu de chances d'y voir du très grand football. Plutôt de l'engagement, des duels et du jeu aérien. Soit l'apanage des Potters, qui ont fait de ce style estampillé Premiership des 90's leur marque de fabrique, à l'heure où le foot anglais dans son ensemble tend à se continentaliser : sélectionneur et entraîneurs étrangers, cargaison de joueurs français et latins, 4-2-3-1 pour tout le monde ou presque.

Stoke City, lui, a réussi à conserver cette verve So british, et c'est même d'ailleurs ce qui fait son succès. Heureux hasard, tout en ayant succombé aux sirènes du Naming, le nom de son stade conserve toujours une certaine classe, si bien que même à l'oreille, il ne sonne pas trop foot/pognon. Promu censé faire l'ascenseur lorsqu'il a débarqué dans la cour des grands pour la première fois en 23 ans en 2008, les Potters se sont abonnés au ventre mou au point qu'il est désormais devenu inenvisageable de les voir descendre, à l'image par exemple d'un Lorient en Ligue 1. Mieux ou pire, c'est selon, il est devenu un vrai calvaire de les jouer. Des Blues de Chelsea pas encore rodés s'y sont naturellement cassés les dents lors de la première journée. Autre stat qui en dit long : les deux buts inscrits par les coéquipiers de Robert Huth en championnat ont rapporté quatre points et ont tous deux été inscrits après la 90ème minute.

Pourtant, malgré ses valeurs ancestrales toujours intactes on the pitch, le club coaché par Tony Pulis est bel et bien en pleine mutation. Seulement, sa modernisation ne passe par le jeu, mais plutôt par son statut. Le regard des autres sur le club a changé, tout comme ses propres ambitions. Signe que les Potters sont en train de changer de dimension, la récente signature de Peter Crouch dans le Staffordshire, pour 12 millions d'euros. L'international anglais n'est d'ailleurs pas venu seul, puisque il a été accompagné de son ex-coéquipier à Tottenham Wilson Palacios. A cela est venu s'ajouter l'arrivée de l'attaquant au blaze de chanteur de R'n'B Cameron Jerome. Mélangez le tout et vous obtenez une solide équipe de milieu de tableau, dont le principal argument offensif ne se résumera plus au simple mais néanmoins excellent Kenwyne Jones. Il est bien loin le temps où le danger venait uniquement des touches de forains signées Rory Delap. Désormais, Tony Pulis va pouvoir jouer sur plusieurs tableaux, sans y être ridicule – on rappelle que Stoke dispute la Ligue Europa grâce à sa présence en finale de Cup en mai dernier.

Tout ça pour dire que c'est bel et bien un os qui attend Liverpool cet après-midi. Si le début de saison des Reds n'a rien à voir avec celui de l'an dernier, qui était tout simplement l'un des pires de l'histoire du club, les hommes de Dalglish vont devoir enfiler le bleu de chauffe pour enchaîner une troisième victoire consécutive. Compte tenu des promesses affichées par son milieu de terrain lors des dernières sorties, Liverpool paraît armé pour revenir vivant de son déplacement. Reste à savoir comment King Kenny va incorporer Steven Gerrard à un milieu qui fonctionnait plutôt bien sans lui jusque-là. De retour à l'entraînement, le capitaine légendaire des Reds a déclaré « se sentir physiquement mieux que jamais » . Rien de tel qu'on bon match de hourra football à Stoke pour vérifier la véracité de ses propos.



Marc Hervez

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