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A l'approche de la CAN 2013 à laquelle ne participera pas son Gabon, Paulo Duarte et sa troupe vont croiser le fer avec le Portugal. L'occasion de parler de la Selecção, de CR7, d'Aubameyang et bien sûr, du football africain.

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Dans quel état d’esprit se trouvent vos joueurs avant le match de ce soir ?
Ils sont un peu tendus mais surtout très motivés. C’est l’opportunité pour eux d’affronter l'une des meilleures équipes du monde comme ça a été le cas contre le Brésil il y a un an (courte défaite 2-0 du Gabon, Ndlr). Ça va surtout être un match test aussi bien pour eux que pour moi, parce que j’ai une équipe en reconstruction, dont l’épine dorsale sera complètement absente ce soir. Par conséquent il y aura pas mal de jeunes présents sur la pelouse. Jouer contre le Portugal est un rêve pour eux, mais ils devront faire la part des choses et saisir leur opportunité ce soir. Parce que si aujourd’hui les portes de la sélection sont ouvertes, ça ne sera plus le cas quand j’aurai trouvé la bonne formule.

Pas trop déçu par l’absence de Cristiano Ronaldo ce soir ?
C’est dommage oui. C’est un coup dur pour le Portugal mais aussi pour mes joueurs et le public, parce que c’est le joueur extra-continental le plus populaire en Afrique. Ici, il n’y a pas de doute, c’est lui le meilleur joueur du monde. Mais je ne lui en veux pas. Je le connais bien et je sais que s’il dit qu’il ne peut pas venir, c’est qu’il a une bonne raison. J’espère qu’il se rétablira vite.

Quelle image a la Selecção au Gabon ?
Bonne. L’équipe nationale portugaise jouit d’une bonne réputation grâce à sa régularité et son effectif même si c’est vrai que tout le monde pense avant tout à Cristiano Ronaldo. Au Gabon, le Portugal est avant tout l’équipe dans laquelle CR7 joue.

Vous n’avez pas peur que, comme pour chaque match amical, le Portugal ne joue pas à 100% ?
C’est vrai que la Selecção n’est pas fan des matchs amicaux. Mais ce soir, c’est un peu différent. Je m’attends à voir une équipe forte et motivée en face, notamment parce que Paulo Bento va tenter de nouvelles choses. D’autres joueurs vont jouer à cause des nombreux blessés (Nani sera également absent, Ndlr) et seront forcément obligés de jouer leur carte à fond s’ils veulent faire partie du projet de Bento à long terme. Et c’est tant mieux. Ça sera pour moi l’opportunité de voir de quoi sont capables mes hommes contre une équipe de ce calibre, aussi bien dans les jambes que dans la tête. C’est idéal pour se projeter vers le futur et prendre un nouveau départ.

Parlez-nous un peu plus de cette équipe du Gabon…
Comme je l’ai déjà dit, l’équipe de ce soir sera très jeune et presque inédite. Notre colonne vertébrale absente, on va devoir composer avec 80 ou 90% de joueurs locaux et inexpérimentés. Tactiquement, je pense avoir un effectif équilibré, même si la culture africaine veut qu’il y ait un peu moins de rigueur tactique qu’ailleurs, donc plus de spectacle, donc plus d’attaque. Mon rôle ce soir sera de trouver le compromis entre beau jeu - car les gens ne veulent pas voir un Gabon défensif - et pragmatisme - car le résultat est tout de même important. Cela dit, il est quasiment sûr à 100% que le Portugal aura la possession du ballon et la mainmise sur le jeu ce soir. C’est loin d’être un aveu de faiblesse. Nous avons des joueurs rapides et efficaces en contre devant.

« Il sera bientôt temps pour Aubameyang de s’envoler vers un plus grand club »

Comme Aubameyang, même s’il ne sera pas là aujourd’hui. Quelle est votre opinion sur lui, son début de saison, son potentiel, etc. ?
Je suis un peu triste qu’il ne soit pas là, car ça aurait été pour lui l’opportunité de croiser le fer avec des joueurs de très très haut niveau. Bien sûr, il joue à Saint-Étienne, qui est un grand club de Ligue 1, mais ce n’est pas la même chose. Surtout qu’on ne parle plus des Verts des années 70. Je pense qu’il sera bientôt temps pour lui de s’envoler vers un plus grand club, en Angleterre ou en Espagne, car j’ai foi en ses qualités et je sais qu’il a le caractère pour s’imposer et briller dans ce type de championnats aussi. Vu la vitesse de pointe et d’exécution qu’il possède, ça ne m’étonnerait pas qu’il fasse partie des tout meilleurs attaquants du monde dans quelques années. Il lui manque peut-être un peu plus de sang-froid et d’expérience, mais ça viendra inévitablement avec le temps.
S’il s’investit à fond avec la sélection et si je peux compter sur lui à 100%, ça ne sera que bénéfique pour le Gabon.

Vous ne savez toujours pas pourquoi il ne vous a pas rejoints pour affronter le Portugal ?
J’ai eu un peu plus de précisions hier, par téléphone. Mais ça reste quand même assez flou. Nous éclaircirons cela après le match de ce soir. Pour le moment, je ne peux pas en dire plus, parce que je ne sais rien de plus.

Quelle est votre opinion sur le football africain en général ?
Je dirais qu’il y a un triste mais nécessaire constat à faire : sur le court, moyen ou long terme, le football africain ne rattrapera jamais le football européen. Au niveau des clubs d’abord, plus de la moitié des jeunes talents partent prématurément en Europe, dans des grands championnats et parfois dans des équipes moins cotées. Ici, à part l’Égypte et l’Afrique du Sud, aucun pays n’a les moyens économiques de stopper l’hémorragie. Ce sont les seuls à pouvoir répondre aux attentes salariales. Rares sont les nations de ce continent qui prospèrent suffisamment pour s’investir plus amplement dans le sport. Nous n’y pouvons rien, c’est ainsi.

Et en ce qui concerne les équipes nationales ?
L’écart est toujours aussi grand, et je pense même que le fossé qui sépare l’Afrique de l’Europe s’est de nouveau agrandi depuis quelque temps. J’avais fait un constat il y a deux ans sur l’état du foot africain, à un moment où les gens étaient heureux de voir des petites équipes qui ne gagnaient jamais il y a dix ans, accéder et même briller à la CAN. C’est peut-être bien pour le spectacle et pour le côté émotionnel de voir de nouveaux visages et de nouvelles formations venir à bout des mastodontes continentaux, mais au fond, c’est une mauvaise nouvelle. Car c’est en fait l’illustration de la baisse de niveau des grandes nations comme le Cameroun, le Nigeria, le Maroc, etc. Ce sont des équipes qui, quand elles brillaient dans la fin des années 90, se sont reposées sur la longévité de leurs stars sans se soucier de la relève. Du coup, on se retrouve avec des favoris d’antan qui loupent une, voire deux CAN, en quelques années, chose invraisemblable il n’y a pas si longtemps.

Au final, c’est quand même une bonne nouvelle pour vous…
C’est sûr. On a beaucoup plus de chances de disputer régulièrement des grandes compétitions. A nous de saisir notre chance. Ça commence ce soir contre le Portugal.

Propos recueillis par William Pereira
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Hatem Peinard-Frais Niveau : DHR
Hum... Honnêtement Je ne pense pas que Ronaldo soit le joueur LE plus populaire en Afrique.

Par exemple au Maroc, il suffit de se promener dans les rues de Casa, vous verrez un maillot floqué Messi a chaque coin de rue et un autre Iniesta chaque pâté de maison.

Le tout acheté 5 euros a Derb Ghalef, bien sur. Faut pas déconner non plus...
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