CUSTOMISATION    
«Le football n’a aucun secret, il faut juste savoir réfléchir» Valeri Lobanovski (footballeur soviétique)
2010 - Barrages - Eire/France

« Du sang sur la tête »

Equipe de France   Xavi  

13 novembre 2009
L’heure approche. Le match aller des barrages entre l’Eire et la France est déjà décisif. Certes pour les 22 joueurs qui fouleront la pelouse de Dublin et pour les deux entraîneurs qui poseront leur destin sur les banc du Croke Park, mais surtout pour tous ceux qui sont directement concernés par le choc, et qu’on oublie trop souvent. Témoignages.

Mme DOUILLON Mathilde*, hôtesse chez Air France :
« Il va falloir qu’ils soient à fond du début jusqu’à la fin car les risques de problèmes techniques les plus fréquents se produisent au décollage et à l’atterrissage. Ce sont les phases du vol les plus critiques, où il faut être le plus concentré. Une fois l’altitude de croisière atteinte, les joueurs devront bien se protéger en cas de traversée d’une zone de fortes turbulences. L’Irlande a des joueurs capables de leur faire vivre des minutes difficiles. Et avec le public irlandais, Les Bleus risquent d’être bien secoués. On espère une arrivée à l’heure, sans prolongations. (...) J’espère que Domenech a bien étudié son plan de vol et qu’il ne commettra pas d’erreur de pilotage. Il devra bien briefer ses joueurs sur les consignes de sécurité : les buts sont situés de chaque côté du terrain. Si la France gagne, ça pourra leur donner des ailes pour la suite… »

M. SAINT Patrick, Agent SNCF (Aquitaine) :
« Malgré mon nom, celui de Saint-Patron des Irlandais, je ne suis pas pour l’Irlande et je supporte la France. En même temps, je ne suis pas non plus un footeux... Je ne vais pas regarder le match. Je vais juste me tenir au courant par les amis, et c’est tout. Je n’ai aucun rapport avec l’Irlande, mais je me suis toujours dit qu’un jour j’irai faire un tour en là-bas, pour voir à quoi ressemble la Saint-Patrick sur place. Dans un pub irlandais aussi, ça doit être pas mal pour voir le match, il doit y avoir de l’ambiance. Je dis quand même "allez l’équipe de France", même si je les vois mal étant donnés les résultats qu’ils ont eu jusqu’à présent... »

Mme CROKE Catriona (Île de France) :
« Je suis irlandaise, comme Croke Park ! Mais je n’y suis jamais allée. Ils ne me laissent pas rentrer gratuitement, malgré mon nom. Je vais regarder le match chez les Croke, en famille. Pour être honnête, je suis plus rugby, forcément. Mais on aimerait se qualifier pour la Coupe du monde. (Ca sonne). Oui, il y a d’autre gens qui veulent rentrer à Croke Park, c’est mes filles, j’ai deux autres Crokettes ici ! Pour revenir au match, Que la meilleure équipe gagne. Je vous souhaite bonne chance, mon pronostic, c’est 3-0 pour l’Irlande. Et je boirais une Guiness pour fêter ça ! »

M. FAUCHE Xavier, auteur de "Roux et Rousses. Un éclat très particulier" :
« A la rousseur est associée une combativité. La rousseur est proche du sang. Quand on a du sang, c’est qu’on bouillonne de vie. Symboliquement le sang, c’est la vie. Les rouquins ont, au fond, du sang sur la tête. Ils ont un désir d’affirmer leur force et leur différence qui les distinguent des autres. Quand on a une différence, on est plus agressif que quand on est plan-plan et admis par tout le monde On dit que les roux sont violents, colériques et agressifs, il doit y avoir quelque chose de vrai là-dedans. Il y a un dicton populaire qui dit "chez les roux c’est tout bon ou tout mauvais", et quand c’est mauvais, c’est vraiment agressif. On dit "fier comme un rouquin", "méchant comme un rouquin". Il y a une quantité de proverbes extrêmement désobligeants dans la littérature et dans l’inconscient collectif. C’est une problématique lié au sang. L’Equipe de France doit avoir peur des roux mais les roux ne sont pas invincibles, il faut que l’Equipe de France soit rousse à l’intérieur de sa tête ! »

*Le nom et le prénom ont été changés

William Weil




Envoyer     Partager Bookmark and Share               Réagissez       En parler sur le forum