Du dopage technologique dans le foot

Des innovations à en rendre jaloux le docteur Fuentes. En pleine course à l’armement depuis une décennie, Adidas et Nike ne cessent d’innover en matière de chaussures de foot. Devenues « intelligentes » , elles pourraient, un jour, booster les performances des joueurs.

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Pas encore pointé du doigt, car pas encore interdit. Pas encore adopté par tous, car pas encore nécessaire. Déjà présente dans une flopée de sports, l’amélioration des performances des athlètes par le développement du design et de la technologie du matériel ne touche pas autant le football qu’elle ne le pourrait. Sport numéro un dans le monde, le ballon rond apparaît logiquement comme l’un des moins touchés par ce que l’on pourrait banalement appeler le dopage technologique. Pourquoi ? Parce que même dans nos rêves les plus fous, la chaussure qui marque des buts et le maillot qui rend invisible auprès des adversaires, n’ont pas encore trouvé leur place. Fraîchement sorties après des mois de recherche, l’Adizero F50 et la Mercurial Vapor Superfly III, « chaussures intelligentes » , sont pourtant en passe de révolutionner le monde de la pompe de foot. Mais qu’est ce que le dopage technologique, au juste ? Globalement, tout ce qui permet d’améliorer les performances d’un sportif sans que celui-ci ait à se doper lui-même. Pratique, en somme. Comme la mobylette supposée du cycliste suisse Fabian Cancellara lors du Paris-Roubaix et du Tour des Flandres. Comme les prothèses magiques du champion paralympique australien Oscar Pistorius. Plus présente que jamais, cette nouvelle forme de dopage a surtout été l’occasion d’une course à l’armement sans précédent entre Arena et Speedo, cadors des combinaisons de natation. Au final, aujourd’hui, plus possible de battre des records en moule-bite. Alors imaginez ce que Rooney, Silva et André-Pierre Gignac pourraient faire avec des chaussures magiques.

Un Philippe Doucet de 165 grammes

« Cela fait un certain temps que nous travaillons au développement d’une chaussure intelligente et celle que nous avons inventée va révolutionner l’industrie du football. Ce qui rend cette chaussure unique, c’est que vous allez pour la première fois pouvoir vous comparer à certains des meilleurs joueurs au monde » . A 220 balles la paire, Markus Baumann, vice-président d’Adidas International, va peut-être un peu loin. Si chère à Michel Platini, la fameuse équité entre le monde professionnel et le monde amateur vient de prendre une belle baffe dans la gueule. Equipée du système Micoach SPEED_CELL, le nouveau bébé d’Adidas est un Philippe Doucet de 165 grammes : vitesse, vitesse maximale, nombre de sprints, distance parcourue, zones de vitesses maximales, durée de l’effort. Toutes ces donnés sont réunies et stockées dans une mini clé USB, qui transfère ensuite directement vos prouesses sur le site micoach.com. Certes vendue au grand public, la pompe a quand même pour but « d’améliorer la performance des sportifs de haut niveau  » selon le propre aveu de Simon Drabble, directeur des technologies interactives chez la marque aux trois bandes. Déjà aux pieds de Lionel Messi, David Villa, Samir Nasri, et de quelques autres, la pompe d’Adidas n’apporte, pour l’instant, qu’une valeur ajoutée « post-match » , si l’on met de côté la légèreté et le confort, qui sont déjà le cheval de bataille des gros équipementiers depuis quelques années. Jamais à court d’idées, les multinationales poussent toujours le bouchon un peu plus loin en matière d’innovation. Chez Nike, on s’attaque au centre névralgique du football : le terrain et le jeu.

« Nouveau motif au talon symbolisant un éclair, permettant à tes coéquipiers de te repérer en une fraction de seconde et de réaliser la passe décisive. Technologie Nike Sense activée par la pression, qui ajuste la longueur des crampons en fonction de la surface pour offrir une adhérence supérieure. Technologie Flywire innovante, qui assure une tenue ultra légère de dynamique, qui épouse les courbes de ton pied » . Vous l’aurez compris, la Mercurial Vapor Superfly III est une chaussure de Power Ranger. Au pied de Cristiano Ronaldo, elle enfile les pions comme des perles, et visiblement, ce motif au talon permet à Özil, Benzema et les autres, de trouver CR7 autrement que par sa coupe de cheveux. En s’attaquant à ces caractéristiques, Nike pose clairement le problème du dopage technologique. La pompe adhérerait mieux à la pelouse, offrirait une meilleure visibilité sur le terrain, et un meilleur confort, sans être au pied de tous. Mieux, dans ses spots, la marque au Swoosh, ne cache pas sa volonté de réaliser chaque chaussure pour chaque type de joueur. Créée pour les joueurs rapides, dribbleurs, la Mercurial est l’antithèse de la Bomba, ou de la Total90, chaussures de « milieu de terrain » qui offriraient « un meilleur toucher de balle » et un meilleur « mouvement naturel du pied lors de la frappe de balle, grâce à la technologie shot-shield » .

« J'ai très peur qu'on passe au niveau 2 »

Coussinets, cuir de kangourou ici, carbone là, autant de matériaux et d’innovations qui amènent Steve Wiggins, spécialiste en design textile, à se montrer inquiet pour la suite : « Aujourd’hui, Adidas et Nike sont à la pointe de la technologie dans ce que l’on pourrait appeler le niveau 1. Le niveau 1 serait celui du raisonnable, où l’on utiliserait le savoir pour offrir aux sportifs, une optimisation maximum de leur capacité. Mais j’ai très peur que l’on passe au niveau 2, celui où le matériel rendrait le joueur meilleur qu’il ne l’est réellement » . En attendant, depuis leur lancement en 1982 pour la Coupe du Monde espagnole, les Adidas Copa Mundial chaussent les joueurs de foot. Les vrais. Et ce n’est pas prêt de changer.

Par Swann Borsellino
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Non désolé... cette tentative d'expliquer scientifiquement les 4 buts de Gomis ne prend pas avec moi!
Victorious Foot Niveau : Loisir
Très bonne conclusion : la meilleure chaussure de foot reste le Copa Mondial qui est d'ailleurs utilisé par beaucoup de joueurs sous contrat Adidas à l'entrainement (hors match car, marketing oblige, ils doivent porter le dernier modèle de la marque devant les caméras).
Ce phénomène est surprenant car aucun tennisman ne continue de porter des Stan Smith sur les courts, même à l'entrainement. En fait, le problème est qu'aucune marque ne s'est attaquée au véritable aspect technologique de la chaussure : aider le sportif à adopter la meilleure posture physiologique. Ainsi, la Copa Mondial reste la meilleure car c'est elle qui a la semelle la plus simple (plate si l'on enlève les crampons)
Victorious, ta comparaison avec le tennis n'est pas idéale puisque beaucoup de joueurs du circuit utilisent de vieux modèles de raquette peints comme les derniers modèles et les besoins d'une chaussure de tennis et de foot ne sont pas les mêmes. Au tennis, seules les performances de la chaussure et le confort comptent (résultat on porte des grosses chaussures énormes). En football, les sensations rentrent en compte ce qui est très subjectif.
fab le coach Niveau : District
je suis désolé mais un bon joueur de foot n'a pas besoin de chaussures "intelligentes" pour aller plus vite ou marquer plus.
Perso, je joue au foot avec des amis le dimanche après midi, on joue assez bien et ce qui sont les meilleurs n'ont pas les dernières mercurial vapor ou les predator.
donc des pompes a 220€ pour savoir que j'ai parcourus 3,5 km et fait 6 dribbles, j'en vois pas l'interet
@ Scual: pour Gomis c'est pas le niveau des chaussures, c'est celui du compte en banque de l'équipe adverse qui lui permet de mettre des quadruplés ...
badastronaut Niveau : District
"j’ai très peur que l’on passe au niveau 2, celui où le matériel rendrait le joueur meilleur qu’il ne l’est réellement"

J'ai rarement lu une pareille ânerie.
Aucun accessoire de foot ne rendra jamais meilleur un joueur par rapport à un autre. Il s'agit juste d'une question de confort voir de style de jeu qui est propre à chacun.
C'est pas pour rien que les copa mundial restent la référence après tant d'années.
sans compter que la plupart du temps, nike et addidas font de la publicité mensongère en ajoutant des éléments qui seraient censés améliorer les performances et qui en fait ne sont que des attrape-nigaud marketing qui ne servent à rien comme les fameux sparadraps naseaux du début des années 2000 et les bracelets d'équilibre d'aujourd'hui...
Pour info, Oscar Pistorious est sud-africain et non australien...
mirroir-du-foot Niveau : District

Bon article sur un sujet constamment d'actualité dans l'histoire du foot (Benzema sans crampon n'est pas titulaire, et Messi sans chaussure pareil !!).

Rappel historique : l'Allemagne n'a pu gagner sa 1re Coupe du Monde 54 et donc battre les merveilleux et "invincibles Hongrois" - depuis 4 ans ! - que grâce à l'innovation technologique (intelligemment nommé "dopage technologique" ici !) .

Le "miracle de Berne", c'est ça : les crampons vissés donc interchangeables et adaptables des Allemands qui leur donnent la victoire sous une pluie drue et sur un terrain détrempé.

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