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"Du coach au Mister", par Dhorasoo

Cet été, alors que la rumeur envoyait déjà Carlo Ancelotti au Paris Saint-Germain, Vikash Dhorasoo livrait son analyse de la situation.

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Carlo Ancelotti, malgré un timide démenti, va prochainement remplacer Antoine Kombouaré au PSG. Les temps changent. L'argent n'a plus d'odeur au pays des droits de l'homme. L'argent peut venir d'un pays bafouant le droit des femmes, d'un pays homophobe et faisant travailler des Indiens ou des Sri Lankais payés au lance-pierre. Et ce, dans l'indifférence la plus totale, avec le soutien du président Sarkozy. Évènement assez rare mais significatif, au même moment, un Italien va débarquer dans la capitale, attiré évidemment par le projet sportif... c'est-à-dire gagner la Coupe de la Ligue ou peut-être la Coupe de France ! Une vraie révolution, donc. Changement de planète. Bienvenue dans le football mondialisé.

C'est donc « Casque d'Or » qui va le premier faire les frais en pliant ses bagages d'ici deux matchs. Ou deux matchs plus tard, au mieux. Reculer pour mieux sauter... ou pour mieux se faire niquer en prenant quand même ses indemnités de licenciement au passage. De toute façon, Kombouaré, amoureux du club et joueur historique, connaît le programme. Au vrai, il ne pensait même pas démarrer la saison. Démagogie évidente car l'avenir de Kombouaré n'est, bien entendu, pas lié à une victoire ou à une défaite mais aux ambitions de ce nouveau Paris Saint-Germain où le Kanak n'entre pas vraiment dans les plans à long terme.

Fusible

Certes, le destin d'un club ne devrait jamais être lié à une victoire ou à une défaite. Celui de ce PSG au « Cheikh » en blanc en provenance des Émirats devrait l'être encore moins. On connaît l'épilogue. Le PSG version pétrodollars sans âme, sans projet social, sans identité, sans supporter, sera champion, un jour, demain ou après-demain. Mais sans Kombouaré. Alors, pourquoi l'avoir conservé ? Certainement pour être le premier fusible à sauter en cas de mauvais résultats. Une hypothèse prévisible en ce début de saison, protégeant ainsi Leonardo, nouvelle face propre du club de la Capitale. Un nouveau PSG jeune, inexpérimenté, et qui attend Javier Pastore, sa star. « L'équipe a besoin de temps, la pression est forte, l'attente est grande » ... Bullshit !

Le problème ou la solution serait ainsi de choisir, rapidement, entre un Coach ou un Mister (du classieux sobriquet attribué aux entraineurs italiens) pour faire gagner le PSG ? Le coach français est un gars qui s'énerve, menace du poing, met en piste, remet en place le rebelle ou le remplaçant déçu... Il est sanguin, impulsif, sur le terrain comme dans le vestiaire. Parfois même en conférence de presse, il critique les arbitres et finit dans la tribune le match suivant. Il faudrait lui mettre un coach du coach dans les baskets pour calmer tout ça. Ou alors changer pour prendre le gars qui est tout simplement le coach du coach. Vous suivez ? C'est là que le Mister entre en jeu, façon Harvey Keitel en The Wolf dans le "Pulp Fiction" de Tarantino. Le Mister, lui, est calme, parce que le calme du Mister se propage dans tout le club. Surtout quand le club n'est pas calme, comme le PSG. Il garde son sang-froid, sur le terrain comme dans le vestiaire et même en conférence de presse. Le Mister n'a pas besoin du Mister du Mister car il est lui-même capable d'être le Mister du Mister. Le Mister ne finit jamais dans la tribune pour le match suivant. Il aime ses joueurs qui l'aiment aussi à leur tour.

Les indignés

Le Mister est capable de gérer un effectif de vingt-quatre joueurs de qualité élevés au rang de stars, bien payés, égoïstes, individualistes, capricieux et carriéristes. Oui, en 2011, le métier d'entraîneur a changé. On ne lui demande plus d'entraîner, mais de manager. En 2011, il doit canaliser les ego, les caractères, les humiliés, « los indignados » . Parce que la tactique, choisir le onze de départ, mettre des types sur le banc ou en tribune, faire un changement en cours de jeu, même Guy « stache-mou » Lacombe pouvait le faire - et encore, hein...


« Le joueur de football est un animal très spécial. Et l'une des caractéristiques de cet animal c'est que s'il ne joue pas, il n'est pas heureux » , synthétisait José Mourinho*. Le « Mou » est devenu « The Spécial One » car il a compris depuis bien longtemps ce que bien des entraîneurs français n'ont toujours pas capté en 2011. Quand il y a beaucoup d'argent en jeu, la pression de la victoire est forte. L'équilibre du vestiaire tient à un fil. Parce que le plus compliqué à gérer dans le foot, ce ne sont ni les pétrodollars, ni les actionnaires, ni les supporters - quand il y en a -, mais bien ceux qui ne jouent pas tous les dimanches...

Vikash Dhorasoo et le WFC

* Lire SoFoot n°79, Septembre 2010
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