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Du 9 pour l’Espagne ?

Moins dangereuse qu'en 2008 ou en 2010 dans le schéma sans attaquant proposé par Del Bosque face à l’Italie, l’Espagne pourrait revenir en 4-5-1 ce soir contre l'Irlande, avec un vrai numéro 9. À condition que l’un des trois sélectionnés s’impose à ce poste.

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«  Bien sûr que je peux mettre la même équipe que contre l’Italie. Mais je n’ai pas pour habitude de donner mon onze avant le match et aujourd’hui ne sera pas une exception.  » Vicente del Bosque fait le malin, mais il doit s’en poser, des questions, avant d’écrire le nom de son numéro neuf sur sa petite ardoise rouge et jaune. L’Espagne a gagné l’Euro 2008 et la Coupe du monde 2010 avec une stratégie simple et efficace (à condition d’avoir les joueurs pour la mettre en place). Un milieu à 5, très technique, qui monopolise le ballon dans la moitié de terrain de l’adversaire, qui fait courir ce dernier derrière le ballon, l’épuise, observe, observe encore, puis attaque à la moindre ouverture. Dans le rôle du tueur, les buveurs de potion magique avaient Torres ou Villa en 2008, Villa tout court en 2010. Mais Villa n’est pas là et Del Bosque s’interroge sur son attaque.

Fàbregas n’est pas triple Ballon d’Or

Face à l’Italie, il a fui la question en jouant sans attaquant. Enfin, sans « vrai » attaquant. Le fameux 4-6-0 du Barça, avec Fàbregas à la place de Messi. Sauf que Guardiola n’a pas inventé un système révolutionnaire, mais simplement transformé Messi en numéro 9. Totalement déresponsabilisé du travail défensif, la Pulga concentre son énorme volume de jeu sur les 30/40 derniers mètres. Il peut prendre l’espace par sa vitesse ou venir chercher les ballons plus bas et perforer tout ce qui se présente devant lui, pour conclure lui-même ou laisser ce plaisir à l’un des deux ailiers. Fàbregas a beau être un excellent joueur, il n’est pas triple Ballon d’Or et n’a pas la vitesse ni l’explosivité de l’Argentin. 6, 8, 10 et maintenant 9, l’ancien Gunner n’en finit plus d’avancer sur le terrain, mais jouer devant ses coéquipiers, c’est moyen son truc. Alors oui, il a marqué et c’est déjà beaucoup. Mais le reste du temps, on l’a soit vu chercher où se positionner sur le terrain, soit pas vu du tout.

Le retour du 4-5-1 ?

L’Espagne n’a pas pour autant raté son match d’entrée dans le tournoi. Elle a plutôt bien joué et est tombée sur une belle équipe italienne, emmerdante car dangereuse et agressive. Mais la Roja s’est procuré moins d’occasions qu'à l'accoutumée pour espérer mieux qu’un match nul. Des raids personnels d’Iniesta et quelques rares tentatives lointaines. À une exception près, Fàbregas et ses petits compagnons se sont empêtrés dans la défense de la Squadra pendant 75 minutes. Moment choisi par Vincent du Bois pour lancer El Niño dans l’arène et repasser dans ce 4-5-1 qui semble mieux correspondre à son équipe. En un quart d’heure, l’attaquant de Chelsea aurait pu marquer au moins deux fois. Il se trouve qu’il les a toutes ratées, mais ses déplacements, ses appels, sa vitesse, son jeu en profondeur ont enfin mis en difficulté Bonucci et compagnie et réveillé les snipers de la passe décisive, Xavi et Xabi Alonso. Suffisant pour réinstaller un neuf, un vrai, dans le onze de départ ? Au vu des entraînements de la semaine, tout porte à croire que oui.


Un 9, mais quel 9 ?

Si l’un des trois attaquants qu’il a embarqués lui inspirait totale confiance, probablement que la plus belle moustache de l’Euro ne se poserait même pas la question. Le problème, c’est qu’aucun ne semble s’imposer comme un titulaire légitime dans la tête du sélectionneur. Avec 94 sélections et de l’énergie à revendre, Fernando Torres devrait être celui-ci. Le joueur des Blues a réussi à refaire de la présence d’un 9 à la pointe de la Roja une évidence, mais pas forcément sa présence à lui. Systématiquement aligné avec les titulaires dans les oppositions, à l’entraînement, il pourrait trouver son déclic face au but contre cette équipe d’Irlande joueuse et faiblarde qui doit aller chercher des points. Ça ressemblerait alors à une dernière chance. L’option numéro deux s’appelle Negredo. Le Sévillan n’est pas loin, mais sa saison moyenne et son inexpérience le pénalisent. Il pourrait néanmoins avoir droit à quelques minutes, ce soir, pour tenter de bousculer la hiérarchie. Reste Llorente, sans aucun doute celui des trois qui a réalisé la plus belle saison, mais qui l’a terminée sur les rotules. Le Basque a un profil différent de ses deux camarades. Plus joueur de surface, mais moins rapide, il reste une solution plus que crédible, notamment en cas de match fermé, pour aller poser sa tête sur un centre de Jordi Alba ou sur un corner de Xavi, par exemple. Del Bosque a déjà son dix-type. Il lui reste deux matchs largement abordables pour assurer la qualif’ du tenant du titre et se trouver son onzième homme.

Par Léo Ruiz
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