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Droits TV en Liga, la guerre est déclarée

Alors que toute l'Espagne du football pensait se réjouir du décret prévoyant une répartition équitable des droits télévisuels, il n'en est rien. La faute à un énorme imbroglio entre la LFP, soutenue par le gouvernement, et la Fédération, appuyée par le syndicat des joueurs. Ambiance.

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La scène prend des airs théâtraux. Calvitie rayonnante, micros tendus face à lui, Luis Rubiales se veut en vedette d'un spectacle rare. Derrière lui, sagement assis sur des sièges disséminés de-ci de-là, Xavi, Casillas, Iniesta, Sergio Ramos et Piqué écoutent et acquiescent au discours de leur président. À la tête du syndicat des joueurs, l'AFE - ladite Asociacion de Futbolistas Españoles -, il énumère les différents points qui les ont conduits à programmer la grève de la Liga. Annoncée à partir du 16 mai prochain, elle met en péril la fin d'une saison haletante. En cause, le décret signé le 30 avril dernier par Miguel Cardenal, secrétaire d'État aux Sports, qui prévoit une répartition collective des droits télévisuels entre les différents pensionnaires de la Primera Division. « Nous sommes en faveur d'un vente centralisée qui génère de plus grands revenus pour les clubs, mais qu'ils ne touchent pas à nos droits » , rappelle un señor Rubiales chafouin. Soutenu par la Fédération espagnole, le syndicat des joueurs vient de déclencher une guerre des clans face à la Ligue de football professionnel et le gouvernement de Mariano Rajoy.

LFP et gouvernement vs Fédération et joueurs


Dix jours plus tôt, c'est un fier sourire qui habille le visage de Miguel Cardinal. Président du Conseil supérieur des sports, il pense mettre fin à une querelle inextinguible qui infeste le football espagnol. « En Europe, l'Espagne était le seul pays qui ne réglementait pas la commercialisation des droits de télévision, se réjouit-il alors. Ce décret est un texte stratégique pour le football espagnol » . En clair, ce décret prévoit une répartition équitable de 90% de l'argent récolté par la future vente de ces droits. Une décision qui met fin à des années de suprématie des Merengues et des Blaugrana, grands méchants loups qui ne permettent pas le développement économique de leurs concurrents domestiques. En se la jouant « Robin des Bois » , le sieur Cardinal se met Javier Tebas, président de la LFP, dans la poche. Grâce à cette nouvelle arme légale, le Frédéric Thiriez espagnol espère contrer la flambée des prix observée en Premier League tout en conservant un championnat compétitif. Problème, et de taille, ni RFEF ni AFE, qui se sentent lésés de ne pas avoir été consultés, ne consentent à appliquer ce décret.

Déjà en froid avec le président de la Ligue, Miguel Angel Villar - le Noël Le Graët outre-Pyrénées, avec quelques casseroles de plus au derche - sort de sa manche un atout maître. Estimant ne pas avoir été concertées sur cette législation, les instances du foot promettent un arrêt de toutes les compétitions nationales à partir du 16 mai. De même, elles reprochent au tandem LFP-gouvernement d'utiliser « l'argent privé du football pour mettre en place des politiques sportives pour des activités périphériques au football » . En d'autres termes, la Fédération voit d'un mauvais œil le transfert d'une partie de ses prérogatives vers la Ligue. Ce passage en force conduit donc la Fédération et les membres de sa direction à jouer la carte d'une fin de saison tronquée. Seuls les présidents de Valladolid, Villarreal, Tenerife et Getafe avouent leur désaccord face à cette menace de grève. Tout le contraire du syndicat des footballeurs espagnols, donc. Également mis à l'écart des pourparlers antérieurs à la signature du décret, les joueurs sont « conscients d'avoir raison » : « Ce n'est pas une mesure de force, mais plus de défense face à l'ignorance de nos droits » .

« Soit le décret change, soit la grève aura lieu »


C'est donc fort de la présence des grandes stars espagnoles du championnat que Luis Rubiales soutient publiquement la position de la Fédération. Après avoir lancé que « soit le décret est remplacé par un autre qui inclut les demandes que nous exigeons, soit la grève se maintiendra » , l'ancien baroudeur du championnat espagnol, converti en Bernard Thibault de par sa profession, énumère les points de désaccord. En premier lieu, il souligne que la présence des millionnaires Xavi, Casillas et consorts n'est en rien une scénarisation, mais un signe fort de solidarité : « L'argent que nous réclamons est pour les plans de retraites des joueurs les plus modestes. Et ce sont eux (les stars de la Liga, ndlr) qui l'ont approuvé » . Car le décret du 30 avril ne prend, selon Rubiales, pas ou trop peu en compte les droits des footballeurs, seuls fers de lance de la Liga. Ce à quoi Miguel Cardenal répond qu'il ne « répond jamais aux invitations et n'assiste jamais aux réunions » . Normal, il n'y a jamais été convié. Bref, la répartition collective des droits télévisuels, souhaitée par toutes les parties, tourne en eau de boudin et pourrait se transformer en plus gros couac du football espagnol.

Par Robin Delorme, à Madrid
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