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Drogba et Montréal : toujours en couple, mais c’est compliqué…

Didier Drogba a bien failli poser un gros lapin à l’Impact de Montréal, mais semble finalement bien décidé à honorer sa dernière année de contrat avant d’intégrer le staff des Blues. Bonne nouvelle pour les Montréalais ? Oui, sauf que tout ce pataquès peut laisser des traces, tout du moins pas mal d’amertume. Il faut aussi en passer par ce genre d’épisodes peu glorieux pour en savoir plus sur la culture foot et ses travers…

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Didier Drogba et l’Impact, ça ressemblait jusqu’à présent à un conte de fées. Une idylle inattendue, passionnelle, débutée un jour d’été dans le hall de l’aéroport de Montréal. L’Ivoirien avait été magnifiquement reçu par ses nouveaux fans québécois, un accueil touchant que l’attaquant avait apprécié et traduit en performances XXL avec sa nouvelle liquette bleue sexy sur le dos : 11 buts inscrits en 11 matchs de saison régulière, dont un triplé insensé pour sa première titularisation le 6 septembre face à Chicago. C’était beau, c’était fou, pour un peu on aurait cru les Montréalais convertis au soccer, faisant une place à ce sport à côté de l’omnipotent hockey sur glace. Pour un peu aussi, on aurait vraiment pensé que Drogba était sincèrement heureux d’être en Amérique du Nord, concentré à 100% sur ce nouveau – ultime très certainement – défi de joueur : ranger les crampons sur un dernier titre, la conquête de la MLS, un championnat largement à la portée de son talent, jamais gagné par une franchise canadienne. Ce n’était pas pour 2015 néanmoins, puisque l’Impact, malgré sa star, s’inclinait finalement en play-offs face à Columbus Crew. Tant pis, ce n’était que partie remise, il restait une année de contrat à honorer et une saison 2016 à aborder avec plaisir et gourmandise. Les deux amours se sont quittés à la fin de l’automne en se faisant des papouilles et en se donnant rendez-vous en janvier. Avec force promesses de fidélité et plans sur l’avenir.

Le Zidane d’Abramovitch


Et puis Didier a profité de ce moment provisoire de célibat pour aller rendre visite à son ex, Chelsea. Une ex à consoler, qui venait de briser son couple avec le flamboyant José Mourinho. Une union fusionnelle, d’amour et de violence, qui a laissé Chelsea sous le choc et ses supporters avec. Blessé et fragile comme était alors le club londonien, il fallait que son président Roman Abramovitch agisse. C’est alors que Drogba, l’amour de jeunesse, a déboulé dans le coin, tout innocent et encore auréolé de ses succès récents avec les Blues. L’occasion était trop belle : le dirigeant russe l’a invité à venir à Stamford Bridge dans sa loge, à s’afficher avec lui devant les caméras, à laisser entendre au nouvel entraîneur Guus Hiddink qu’il tenait là le parfait nouvel adjoint populaire et ambitieux. C’était son Zidane : une icône à placer dans le staff dans un premier temps, puis sur le banc le moment venu. Bonne idée, n’est-ce pas ? D’autant que ça a soudainement réveillé les sentiments qu’éprouve encore grandement l’Ivoirien pour une formation qu’il a fréquentée 9 saisons. Quasi une décennie, quasi des noces d’étain à célébrer. A-t-il été séduit par ces retrouvailles au point de se laisser convaincre que ce que lui faisait miroiter Abramovitch, à savoir un poste d’adjoint, là, maintenant, tout de suite, soyons fou, c’était le mieux pour lui ? C’est en tout cas ce qu’a laissé entendre L’Équipe le 6 janvier en annonçant la fin de la carrière sportive de Drogba. Un article signé Hervé Penot, un proche du joueur, spécialiste du foot africain et qui a co-écrit son autobiographie. Que Penot annonce par un article à l’Impact que l’aventure avec Drogba est finie, c’est un peu comme quand tu demandais à un bon pote de refiler un mot en classe à la copine que tu veux larguer parce que t’oses pas trop le lui dire en face…

Chelsea invité par l’Impact l’été dernier…


S’en sont suivi pas loin de deux semaines et demie d’hésitation. Drogba et l’Impact ont-ils rompu ? Pas rompu ? Pas facile d’y voir clair, ça sentait le statut Facebook « it’s complicated » … La formation montréalaise a joué la cocufiée trahie en agitant le contrat d’un an qui le lie encore dans les faits avec son buteur chéri. Vrai qu’elle est dans son droit, et vrai qu’il aurait fallu l’indemniser si rupture de contrat il y avait, par Drogba directement ou via Chelsea. Mais rupture du contrat il n’y aura pas finalement. Le week-end dernier, le président de l’Impact Joey Saputo, appuyé par le commissionnaire de la MLS Don Garber (Drogba dans le championnat nord-américain, ça dépasse le simple cadre montréalais), a fini par obtenir du joueur la garantie qu’il honorerait bien cette ultime saison au Québec. Même si, d’amour, il n’est désormais plus vraiment question. Bas les masques. L’ingénue et inexpérimentée formation de l’Impact a appris à ses dépens que le monde du foot est cruel. « Des fois, on voit des institutions de loin, et on pense certaines choses, mais quand tu les vois de près, ça change un petit peu » , disait Joey Saputo, amer, lundi à la presse au premier jour de reprise de l’entraînement à propos du coup bas de Chelsea. Et dire que les Blues avaient été cordialement invités à Montréal pendant leur stage nord-américain l’été dernier… La trahison !

De Londres à Montréal, via le Qatar puis la Floride


Trahison il n’y a finalement pas eu en revanche de la part de Drogba, homme de parole qui va donc finir sa carrière de joueur à Montréal en 2016 et non en 2015. Il restera néanmoins très certainement de cet épisode le sentiment que le charme est - définitivement ? - rompu. Les dirigeants de l’Impact peuvent se sentir blessés de ce qui est arrivé ces dernières semaines, et Joey Saputo a d’ailleurs eu du mal à cacher sa déception lundi. « C’était important qu’il revienne, a-t-il commenté. Nous ne sommes pas à l'origine de cette situation et nous avons fait ce qu’il fallait pour qu’il soit de retour parmi nous. (…) Je m’attends à le retrouver avec un bon état d'esprit, celui d'un professionnel qu’il est. Je n’ai pas l’impression qu’il revient parce qu’il se sent obligé de revenir. » On sent une légitime pointe de méfiance désormais, renforcée par le fait que si Didier le magnifique a annoncé sur Twitter qu’il poursuivait l’aventure avec l’Impact, ce n’est pas Montréal qu’il a rejoint pour préparer sa saison, mais Doha, en solo. Le Qatar, un coin qu’il connaît bien et où il a notamment été soigné d’une blessure à l’aine en avril 2014. Il devrait théoriquement rejoindre ses coéquipiers seulement à partir du stage floridien de présaison, prévu du 15 au 28 février. L’Impact attend désormais de voir si son homme rentre bel et bien au foyer, afin de disputer une ultime saison rémunérée 2,5 millions de dollars. Aaaah, l’amour tarifé…


Par Régis Delanoë
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Dans cet article

"pour un peu on aurait cru les Montréalais convertis au soccer."

Les montréalais sont déjà pas mal convertis au soccer. Le hockey reste le sport roi mais l'immigration importante au Québec (français et maghrébin en tête suivi des italiens, portugais espagnols, haïtien...) fais que le foot est très suivi. Lors des matchs de ligue des champions ou des compétitions internationales, les bars diffusant les matchs sont bondés et le foot est largement pratiqué dans tous les parc et city stades de la ville. Rien d'étonnant donc à voir l'impact jouir d'une popularité importante depuis sont entrée dans la MLS.
"homme de parole qui va donc finir sa carrière de joueur à Montréal"... Ouais enfin bon j'ai lu qqpart que c'est surtout parce que Chelsea n'a pas voulu payer d'indemnité à la MLS qu'il est de retour... Sinon...
Je suis peut-être un peu hors-sujet, mais Joey Saputo propriétaire de l'impact est aussi copropriétaire de Bologne! Il est donc président de deux clubs.
montrealyonnais Niveau : DHR
Ahah, c'est drôle de comparer l'Impact du président $aputo à une copine un peu naïve et innocente. Ça serait plutôt une housewife qui s'est habituée à un train de vie luxueux, et qui a peur de voir partir son mari plein de cash.

Parce que si le retour de Drogba était attendu avec autant d'ardeur du côté de la direction, c'est que ces légumes ont vendu tous les abonnements avec des grandes affiches de Drogba, et que de nombreuses demandes d'annulation avaient été faites au moment des rumeurs du départ de l'Ivoirien.

Après, je suis personnellement très content qu'il reste, il change tellement l'équipe à lui tout seul... Il prend toute la pression de l'équipe adverse, non seulement il la gère plutôt bien mais surtout, ça laisse des espaces pour ses coéquipiers.
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