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Douglas, l’erreur de casting

Pour la première fois opposé à son propriétaire blaugrana, Douglas espère trouver à Gijón le temps de jeu dont il n’a jamais disposé à Barcelone. Un Barça où il compte presque autant de titres que de matchs disputés, et qui s’interroge toujours sur les raisons de son arrivée.

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Du Camp Nou au Vicente-Calderón, Douglas Pereira Dos Santos est un homme qui aime les grands stades. Titulaire lors de la dernière rencontre hébergée sur les bords du Manzanares, le latéral brésilien conforte également les sceptiques à propos de son autre trait caractéristique : aussi mauvais que son pedigree blaugrana l’assure, il rend son couloir droit plus perméable que jamais et offre des boulevards indécents aux Colchoneros. Résultat des courses, le Sporting de Gijón qui l’héberge pour cet exercice quitte le sud de Madrid avec une manita dans la besace et une certitude renforcée quant au faible niveau du natif de Monte Alegre. Mais, homme de paradoxes, Douglas ne cesse de surprendre son monde. Comme le quotidien Sport le révèle, lui, le joueur qui compte plus de titres avec le FC Barcelone que de matchs disputés, n’est pourtant pas disposé, à la fin de l’été dernier, à quitter le fanion culé. Pis, alors que tous les papiers sont en règle pour l’envoyer en prêt à Gijón, il boude et ne veut pas les signer. Un coup de pression pour rien, puisqu’après des menaces des avocats azulgranas, il rejoint bon gré mal gré les Asturies. Douglas, ou le boulet de Luis Enrique.

Luis Enrique : « Certains joueurs ne s’adaptent jamais »


Avant même de se creuser les méninges pour lui trouver une porte de sortie, le FC Barcelone s’interroge sur les conditions de son arrivée à l’été 2014. Pour son dernier mercato avant l’interdiction de recrutement d’un an ordonnée par la FIFA, la maison blaugrana décide de frapper fort. De Luis Suárez à Ivan Rakitić en passant par les deux portiers Claudio Bravo et Marc-André ter Stegen, les satisfactions prennent le pas sur les échecs, au premier rang desquels se trouve le bien nommé Douglas. Recruté sur conseil d’Andoni Zubizarreta, alors directeur sportif du Can Barça, il patiente jusqu’à l’entrée en lice en Copa del Rey face à une modeste équipe de Tercera pour s’attirer les foudres de la nébuleuse du Camp Nou. « Nous ne l’avons pas recruté pour qu’il soit titulaire, peste Zubizarreta en avril dernier dans les colonnes d’Ara. Nous pensions qu’il avait le niveau pour le Barça et que l’investissement qu’il représentait valait la peine. » Après un premier exercice aux cinq apparitions, le pari de Zubi se révèle être un boulet pour Luis Enrique. Pis, il coûte au directeur sportif une partie de sa crédibilité aux yeux de la Junta Directiva.

Pourtant, l’énigme persiste lors de la trêve estivale suivante. Sitôt débarqué aux États-Unis pour y entamer la pré-saison blaugrana, Douglas se complaît à expliquer sa méforme par « des blessures qui ne (l)’ont pas aidé » : « Désormais, je me sens de mieux en mieux dans la tête, avec plus de confiance et une meilleure mentalité. » Des paroles aux actes, la transition fait pschitt. Seul concurrent de Dani Alves durant la première partie de saison – Aleix Vidal ne pouvant entrer dans les plans de Lucho qu’à partir de janvier –, il enchaîne méformes et blessures. Un corps lâche et un mental de poussin qui le poussent définitivement hors du groupe blaugrana. Jamais convoqué, ou presque, il n’étrenne son numéro 16 qu’à trois reprises durant la saison, dont deux en Coupe du Roi… Autant dire que les doutes initiaux de la direction sont confirmés par un tel manque de temps de jeu. « Chaque joueur qui arrive dans notre équipe et provient d'un autre continent a besoin d'un temps d'adaptation. Certains nécessitent beaucoup de temps, certains pas beaucoup, et enfin d'autres ne s'adaptent jamais… » , phosphore Luis Enrique en guise d’explication.

Passeport, agression et basket


Malgré le départ de Dani Alves et son non-remplacement numérique, le troisième été blaugrana est fatal à Douglas. Placé, sans surprise, sur la liste des départs et fortement pressenti du côté de Cruzeiro, lui ne l’entend pas de cette oreille. « Il ne peut obtenir la nationalité espagnole en trois ans. Selon la nouvelle loi, il lui en faut cinq » , éclaire pour le Mundo Deportivo André Cury, représentant du Barça au Brésil. Pourtant, alors que tout est ficelé, un énième couac intervient : victime d’une agression, il se fait voler toute la documentation requise pour un retour au pays et continue de hanter l’effectif de Lucho. S’ensuit alors une course contre la montre pour lui trouver un point de chute. Un échange farfelu entre Ádám Hanga, ailier du club de basket de Vitória dont le propriétaire n’est autre que celui d’Alavés, et Douglas est même évoqué. Finalement, face aux nombreux refus, le Barça l’envoie en fin de mercato en prêt au Sporting de Gijón et continue de payer son salaire. D’abord réfractaire et boudeur, le Brésilien accepte et digère son départ, lui, la plus grosse erreur de casting de la dernière décennie barcelonaise.

Par Robin Delorme
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