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Dortmund-Le Pirée, via Bruxelles

Dans la banlieue d’Athènes, première manche de la double confrontation entre l’Olympiakos le Pirée et le Borussia Dortmund. Un match qui sonne déjà comme celui de la dernière chance: Grecs et Allemands savent qu’ils doivent engranger un maximum de points s’ils veulent encore avoir une chance d’atteindre les huitièmes de finale. Un match sous haute tension, donc, et sur fond de crise, surtout.

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La crise, la crise, la crise. Que ce soit au Pirée ou à Dortmund, en Grèce ou en Allemagne, les gens n’ont que ce mot à la bouche. Et pas uniquement pour l'économie. Aussi pour le sport. Cet été, l’Olympiakos a failli passer du paradis à l’enfer suite à l’éclatement de l’affaire des paris illégaux qui a secoué la Grèce. Avec un peu de malchance, le champion de Grèce 2011 aurait pu être relégué en D2. Le genre d’histoire qui a touché un autre grand club de cette région de l’Europe, le Fenerbahçe Istanbul (lui aussi champion, mais qui n’a pas le droit de participer à la C1). A 2652 kilomètres au Nord-Ouest, à Dortmund plus précisément, ce n’est pas folichon non plus. Le départ de Nuri Sahin se voit encore comme un nez au milieu de la figure, et la gueule de bois consécutive au titre de l’an dernier est toujours là. Même si ça va un peu mieux, en témoignent les deux victoires consécutives en Bundesliga, face à un promu (Augsburg, 4-0), et chez un concurrent direct (Werder, 2-0).

Schizophrénie

L’Olympiakos et le BVB sont atteints du même mal: champions l’an dernier, ils galèrent comme jamais cette saison en Ligue des Champions. Pourtant, les deux autres écuries présentes dans leur poule sont elles aussi convalescentes: Arsenal s’est fait entre autres fesser 8-2 par MU et est aujourd’hui dixième de Premier League. Du côté de Phocée, on a trouvé bon de copier la recette de Schalke 04 de l’an dernier: l’OM est intestable en LDC, dégueulasse en championnat. Schizophrénie quand tu nous tiens.

Résultat: à l’aube de la troisième journée, les Grecs comptent zéro point, les Allemands un tout petit. La double confrontation qui pointe son museau est donc primordiale pour voir le début du printemps. D’ailleurs, Jürgen Klopp ne dit pas autre chose: « On peut déjà appeler ça une finale. [Tout dépendra de] comment on jouera contre le Pirée  » . En tous cas, ça se fera sans Patrick Owoyomela, sorti de son trou uniquement pour marquer contre son ancien club de Brême vendredi dernier, ni Marcel Schmelzer, et surtout sans Lucas Barrios, de nouveau blessé. Dortmund, à qui on a dit d’aller se faire voir chez les Grecs, se pointe donc légèrement diminué. Ce qui fait dire au virulent bonhomme à la barbe de trois jours que « ça va être deux matchs à suspense » .

Grève générale


Du suspense, peut-être. Un gros bordel, ça, c’est plus probable. Et pour une fois, ce ne sera pas forcément dû à l’ambiance du Stade Karaïskaki. Si gros désordre il y a, ce sera dû à la grève générale de 48h en Grèce, du mardi 17 octobre à 21h01 jusqu’au jeudi 19 octobre 20h59. Les joueurs de Dortmund sont arrivés bien avant, mais pour ce qui est de rentrer après la rencontre, ça va être marrant. De même pour les supporters: certains sont déjà sur place, et le club de la Ruhr a proposé d’affretter une navette pour les emmener au stade demain. Quant à ceux qui ne sont pas encore en Grèce, ils peuvent d’ores et déjà annuler leur voyage, et commencer à se renseigner sur les procédures à suivre pour se faire rembourser.

Une situation bien ironique, quand on connaît les rapports tendus qui existent entre la Grèce et l’Allemagne sur le règlement de la dette grecque. Jürgen Klopp semble assez conscient de la situation: « C’est un peu comme un match entre équipes nationales. La situation politique dépasse la situation sportive. Je pense que les Grecs ne sont pas spécialement contents du peuple allemand, aujourd’hui » . En tous cas, de sa maison située à Berlin-Mitte, il y aura sûrement une chancelière qui voudra mater les champions de son pays s’occuper du cas grec.


Par Ali Farhat
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