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Dortmund craque face au Bayern

Au bout du suspense, le Bayern remporte sa 18e Coupe d’Allemagne en battant le Borussia Dortmund aux tirs au but.

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Bayern Munich 0-0 (4 tab 3) Borussia Dortmund



Les larmes de Pep Guardiola pour la 18e Coupe d’Allemagne remportée par le Bayern Munich. Beaucoup ont fini par comprendre que le football allemand, c’est l’intensité, le beau jeu, la vitesse d’exécution et des stades pleins. Pour le dernier point, rien à dire. L’enceinte berlinoise toute en jaune et rouge fait plaisir à voir, quelle ambiance. Le jeu, lui, déçoit. D’accord, c’est une finale, entre les deux plus grands clubs allemands. Mais malgré leur talent, les joueurs sont tendus, crispés. Résultat, pas grand-chose à se mettre sous la dent en première mi-temps. En revanche en seconde, les chevaux sont lâchés et on assiste au match que l’on attendait. Deux équipes de haut niveau, aux styles atypiques et épurés. Si le Bayern domine, Dortmund résiste, mais perd des plumes et des joueurs. Après Schmelzer, c’est le capitaine et futur joueur du Bayern Mats Hummels qui sort, blessé en seconde période. Acculé, touché, mais pas coulé, Dortmund arrache miraculeusement la prolongation, puis les tirs au but, mais craque au bout du suspense.

Une première mi-temps décevante


Observation et crispation. Ces mots résument les premières minutes de ce match. Le Bayern a le ballon, Dortmund attend, mais peine à la relance. Prudents, timides, les Bavarois se mettent tout de même en évidence après cinq minutes grâce à Thomas Müller. Sa belle frappe lointaine file juste au-dessus de la cage de Bürki. Ce premier avertissement réveille le BvB. Jeu rapide, en profondeur, Reus et Aubameyang sont sollicités, mais manquent de précision, de concentration. À leur décharge, les milieux de terrain multiplient les erreurs techniques et les latéraux sont timides. Un quart d’heure de jeu, on est déçus.

Agressifs, tendus, les joueurs n’évoluent pas à leur niveau. Trop de mauvais choix, trop de précipitation. Müller, lui, ne déçoit pas et se distingue de nouveau à la 21e, de la tête cette fois. Pour le moment, il faut donc s’en remettre aux exploits personnels. Douglas Costa l’a compris et part de son côté gauche, repique, frappe sèche, Bürki repousse. Première action de classe de la rencontre. La réponse du BvB intervient par Aubameyang. Après un rush côté gauche, son tir termine dans le petit filet bavarois. Le match se décante enfin, mais la tension demeure. Peu en vue dans ce début de rencontre, Ribéry a la bougeotte et Castro en fait les frais. Violente poussette, carton jaune. Le Français s’en sort bien. Peu avant la pause, Dortmund a l’occasion de réaliser un petit hold-up. Dommage que ce soit Sven Bender à la réception d’un bon coup franc de Gonzalo Castro. 0-0 à la pause.

Le Bayern domine, Dortmund résiste


On veut du spectacle. Le public du Borussia aussi. Dès la reprise, les fumigènes sont de sortie. Une épaisse fumée noire monte dans le ciel du stade olympique de Berlin. Le Bayern est proche d’ouvrir le score. Côté gauche, Ribéry centre, Müller ne peut redresser la course du ballon. À l’image de Douglas Costa, le Français anime beaucoup mieux son couloir. Le BvB souffre. Costa rend Schmelzer complètement fou, centre, Müller veut dévier, mais Sokratis sauve son équipe d’un geste plein de sang-froid. Acculé, Dortmund vendra cher sa peau. Reus sonne la révolte. Après une belle et longue chevauchée côté gauche, l’ancien de Gladbach a encore la lucidité pour servir Aubameyang seul sur le coin droit de la surface bavaroise. Le Gabonais tente sa chance, au-dessus.


Manquée aussi, la tentative de Lewandowski pourtant bien servi par Müller. Ça sent le K.O. Première victime : Marcel Schmelzer. À la peine et souvent blessé, le latéral gauche cède sa place à Erik Durm. Deuxième victime et non des moindres : Mats Hummels. 77e minute, le capitaine et futur joueur du Bayern sort, touché lui aussi. Sifflets ? Applaudissements ? Un peu des deux. Ginter le remplace. Les vagues bavaroises se succèdent. Dortmund a peu d’occasions, et Aubameyang loupe la plus belle, à six minutes de la fin. Peut-être tournant du match. Comme en 2014, il faut jouer la prolongation.

Munich s’impose aux tirs au but


Trois petites minutes après la reprise, Durm sauve son camp. Idéalement servi par Ribéry, Lewandowski n’a pas le temps de conclure, stoppé net par le tacle du jeune champion du monde. Le rythme baisse, les acteurs fatiguent, la tension remonte. C’est la pause. Auteur d’une bonne prestation, Ribéry reste au sol, les crampes le tiraillent, les adducteurs sifflent. Coman prend la relève. La supériorité technique bavaroise ne fait aucun doute. Avec un poil de chance, sans rien retirer de son talent, Bürki repousse les assauts adverses et permet à son équipe d’aller aux tirs au but. Kagawa, Aubameyang marquent pour le BvB, mais Bender et Sokratis loupent. Pep Guardiola est en pleure et fête son départ par une victoire. Le Bayern remporte la 73e Coupe d’Allemagne de l'histoire et réalise le doublé Coupe-championnat. Troisième défaite consécutive en finale pour le Borussia Dortmund. Et ce coup-ci, ce n'est pas de la faute de Jürgen Klopp.

Par Flavien Bories
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