En poursuivant votre navigation sur SOFOOT.com, vous acceptez nos CGV relatives à l’utilisation de cookies
et des données associées pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts
. Gérer les paramètres des cookies.
MATCHS 3 Résultats Classements Options
  1. //
  2. // Amical
  3. // Espagne/Italie

Donato : « Le peuple brésilien ne va rien pardonner à Diego Costa »

Après Catanha, Donato et Marcos Senna, Diego Costa est le quatrième joueur brésilien naturalisé de l’histoire de la sélection espagnole. Le cas de l’attaquant de l’Atlético Madrid est pourtant unique. Et polémique. Entretien avec Donato autour d'une sélection qui pourrait à elle seule ambiancer le Brésil cet été.

Modififié
Comment la Fédération espagnole de football vous avait-elle convaincu de jouer pour la Roja à l’époque ?
J’avais la double nationalité, je l’ai toujours d’ailleurs, donc théoriquement je pouvais jouer pour les deux sélections. Personne de la Fédération espagnole ne s’était entretenu avec moi pour savoir si j’étais prêt à jouer avec le maillot de la Roja. Clemente, qui était le sélectionneur à ce moment-là, ne m’a jamais appelé au téléphone ni même demandé si j’étais intéressé ou pas par une convocation. J’ai appris que j’étais sélectionné par la presse. Au début, j’ai eu du mal à y croire, je ne m’y attendais vraiment pas. Clemente avait été mon coach à l’Atlético Madrid et je n’avais pas eu de très bonnes relations avec lui, donc franchement, jamais je n’aurais cru qu’il me convoquerait pour la sélection. Quand j’ai reçu le fax officiel de convocation, je n’y croyais toujours pas. J’avais 32 ans, le Brésil venait d’être sacré champion du monde, donc cette proposition était à la fois une vraie bénédiction, un honneur et une récompense pour le travail que j’avais réalisé sous les couleurs de l’Atlético et le Depor.

Quelque part, vous avez donc choisi la sélection espagnole par défaut…
J'ai été naturalisé espagnol bien avant d’être convoqué en sélection. Je n’ai pas demandé un passeport espagnol pour être convoqué avec la Roja, mais parce que je me sentais bien en Espagne. J’ai réalisé quasiment toute ma carrière ici, je continue à vivre ici aujourd’hui. Je suis un Espagnol comme n’importe quel autre citoyen de ce pays et c’est ce que l’on m’a toujours fait ressentir… Mon cas est diffèrent de celui de Diego Costa. Moi, je n’ai pas eu à choisir entre deux sélections et je n’ai jamais joué de matchs amicaux avec le Brésil comme a pu le faire Diego Costa. Jouer avec le maillot de la Seleção sur les épaules, il sait ce que c’est. Pas moi. Après je vais être honnête ; si j’avais eu la possibilité d’enfiler le maillot du Brésil je ne me serais pas posé de question. Je n’ai jamais eu affaire au même dilemme que Diego Costa, mais si on m’avait demandé : « Donato, tu as deux possibilités. Jouer pour l’Espagne ou pour le Brésil. Quel est ton choix ? » , sans réfléchir j’aurais choisi de représenter la sélection de mon pays de naissance.

C’est possible de jouer avec la même intensité avec un maillot adoptif ?
J’ai joué avec l’Espagne comme si j’avais joué pour le Brésil. À 100%. Je pense que les gens étaient contents de moi. Ils m’aimaient beaucoup parce que je n’ai pas fait semblant. J’ai toujours essayé de donner le maximum. Je suis vraiment fier d’avoir porté le maillot de la Roja. Ce n’est pas quelque chose que je prenais à la légère, au contraire, pour moi c’était une vraie responsabilité. Un moyen de remercier sur le terrain mon pays d’accueil.

Comment vous étiez perçu par les autres internationaux espagnols ?
Mon adaptation à la sélection espagnole a été la chose la plus simple à gérer de ma vie. J’ai toujours senti de l’amour et du respect de la part de mes coéquipiers et du public. Le fait que des grands joueurs comme Pep Guardiola ou Hierro m’appellent « Maestro » pendant les matchs ou les entraînements, c’était très gratifiant. Je me souviens que pour mon premier match en sélection (Ndlr : Contre le Danemark à Séville), le stade tout entier avait scandé mon nom. J’ai failli pleurer sous le coup de l’émotion. Des moments comme ça, je n’en aurais pas vécu si je n’avais pas joué avec la Roja, donc je ne peux que remercier Clemente de m’avoir fait participé à cette magnifique aventure.

Vous comprenez la décision de Diego Costa de jouer pour l’Espagne plutôt que pour le Brésil ?
Diego Costa a joué pour le Brésil, il a essayé et peut-être qu’il ne s’est pas bien senti avec ce groupe-là. L’Espagne a tout donné à Diego Costa, donc c’est un peu dans la logique des choses. C’est une décision difficile, mais personnelle, donc il n'y a pas à comprendre, mais plutôt à respecter son choix. Moi, ce que je n’ai pas aimé dans cette histoire, ce sont les propos de Scolari. Qu’il dise que Diego Costa a trahi le peuple brésilien en choisissant de jouer pour la Roja, c’est très dur, je trouve. Il aurait dû s’abstenir de dire ça. C’est un manque de respect de sa part, d’autant qu’au Brésil, personne ne connaissait vraiment Diego Costa avant que cette histoire ne fasse son apparition. Il y a eu beaucoup de Brésiliens naturalisés qui ont joué pour d’autre sélections et ça n’avait jamais posé de problèmes. Le cas Diego Costa est un cas unique parce qu’il avait la possibilité de jouer pour le Brésil. Des types qui refusent de jouer pour la Canarinha, il n’y en a jamais eu dans l’histoire du football. Personnellement, mon rêve, c’était de jouer pour la Seleção, mais visiblement ce n’était pas celui de Diego.

Comment pensez-vous que Diego Costa va être accueilli au Brésil, si finalement il fait partie des 23 sélectionnés espagnols ?
Ça va être compliqué pour lui. Le peuple brésilien ne va rien lui pardonner. Il va falloir qu’il soit très fort dans sa tête pour supporter cette pression-là. Ça risque d’être un sérieux problème.

Diego Costa vous a demandé conseil avant de prendre sa décision ?
Non, il a décidé tout seul. Je pense qu’il sait ce qu’il fait. C’est quelqu’un qui m’a l’air d’avoir beaucoup de caractère. Il va lui en falloir au Brésil.

Del Bosque dispose de Villa, Torres, Negredo, Soldado et Llorente comme attaquants, mais aucun de ces joueurs-là ne s’est vraiment imposé avec la Roja ces derniers temps. Vous pensez que Diego Costa peut-être le joueur qui manquait au sélectionneur espagnol ?
Diego Costa est dans un grand moment. Après, je ne sais pas s’il peut devenir titulaire. Il va falloir qu’il lutte avec tous les grands joueurs que vous avez cités. Est-ce que Del Bosque a trouvé l’attaquant qui lui manquait ? Peut-être. À l’Euro 2012, des attaquants, il en avait déjà, mais il avait préféré mettre Fàbregas en n°9 plutôt que d’utiliser un attaquant de métier. Del Bosque cherche à mettre le plus de cordes à son arc. C’est bien, mais c’est aussi quelque chose qui peut se retourner contre lui. Un attaquant a besoin de confiance et d’empiler les matchs. Toutes ces rotations, ça peut être crispant pour un attaquant. Del Bosque va devoir être malin pour gérer tout ça. Regardez Martino au Barça. Il fait beaucoup de turn-over et ça provoque des histoires et des problèmes…

Paradoxalement, vous ne pensez pas que Diego Costa a opté pour l’option la plus difficile en choisissant l’Espagne ?

Aujourd’hui, les avants-centres dont dispose Scolari sont Fred, Jo et Daniel. Ce sont des bons joueurs, mais ce n’est pas forcément ce qui se fait de mieux à ce poste. Je pense que le Brésil avait plus besoin de Diego Costa que l’Espagne. Avec le niveau qui est le sien aujourd’hui, je pense que ça aurait sans doute été plus facile de s’imposer avec la Canarinha, donc oui, il a choisi la difficulté en choisissant l’Espagne. Le meilleur avant-centre brésilien actuel joue peut-être avec l’Espagne, et ça, c’est effectivement paradoxal. Après, je pense que Diego Costa sait ce qu’il fait. Il est habitué au football espagnol et se sent peut-être plus à l’aise avec les caractéristiques de la Roja.

Maintenant qu’il est naturalisé, Del Bosque est-il vraiment obligé de l’emmener au Brésil ?
S’il ne le fait pas…(il coupe) Madre mia !!

Imaginez plutôt que l’Espagne et le Brésil disputent la prochaine finale de Coupe du monde et que Diego Costa marque le but vainqueur pour la Roja.
Ufff… Si ça se passe comme ça, ça va être tendu.

On est d’accord qu’il ne pourra plus jamais mettre un pied dans son pays natal ?
(Rires) Personne ne pourra jamais lui interdire de rentrer au Brésil, mais les gens ne lui pardonneront pas, je pense. S’il doit marquer le but décisif en finale de Coupe du monde contre le Brésil, il faudra qu’il fasse attention à son attitude. Il ne faudra pas qu’il célèbre son but ou qu’il provoque le public, sinon ça va être très, très compliqué pour lui. Moi, si j’étais dans cette situation-là, je me ferais tout petit pour ne froisser personne.

Justement, Diego Costa n’est pas le dernier quand il s’agit de provoquer…
Le seul conseil que j’ai à lui donner, c’est d’être humble, respectueux et faire ce qu’il sait faire. S’il est dans cette ligne de conduite-là, tout le monde sera content et tout se passera bien.


Propos recueillis par Javier Prieto-Santos
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié



Hier à 23:28 Le low-kick fou de Tony Chapron 89
Partenaires
Gérez comme un pro votre équipe de sport amateur Olive & Tom
samedi 13 janvier Landon Donovan sort de sa retraite et signe au Mexique 21