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Donald Trump Football Club

Ça ressemblait à une vulgaire fake news. Pourtant, tout est vrai : pour rendre hommage à la décision de Donald Trump, qui a reconnu officiellement Jérusalem comme la capitale de l'État d'Israël en y délocalisant l'ambassade américaine, le Beitar Jérusalem s'est renommé le Beitar Trump Jérusalem. Pas forcément surprenant au regard du passif du club, réputé pour ses liens avec la droite dure israélienne et le nationalisme teinté d'islamophobie qui imprègne une bonne partie de sa frange ultra.

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Ce lundi 14 mai, Donald Trump a donc bien versé une bidon d'essence sur la flamme du conflit israélo-palestinien. Le président américain a décidé de reconnaître Jérusalem comme la capitale officielle de l’État d’Israël, en déplaçant l'ambassade des États-Unis dans la ville sainte. Forcément, des dizaines de milliers de Palestiniens ont protesté contre cette décision en marchant sur la frontière entre la bande de Gaza et Israël. Bilan : plus de cinquante morts et 2000 blessés. Reste que le choix du président américain a fait quelques heureux. Comme le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, qui a salué « des jours bénis pour Jérusalem » . Même satisfaction chez les dirigeants du Beitar Jérusalem, qui ont célébré les choses en grand, en « trumpisant » le nom de leur club. Qui est donc devenu, au moins temporairement, le Beitar Trump Jérusalem.

Inglorious Beitar


Sûrement pas de nature à atténuer la réputation incendiaire du Beitar. L'ancien club de Luis Fernandez n'est pas seulement la quatrième formation la plus titrée du pays. C'est aussi celle qui engendre le plus de polémiques et de controverses, en raison des dérapages récurrents de la frange nationaliste de ses supporters. Leur cible prioritaire ? Les arabes israéliens. Ces citoyens israéliens, descendants des 250 000 Arabes qui sont restés dans les frontières de l'État d’Israël après le conflit judéo-arabe de 1947-1949, sont souvent stigmatisés dans l'opinion pour leur sensibilité à l'égard de la cause palestinienne. Une minorité visée par certain fans du Beitar en janvier dernier, à coups de slogans comme « Je déteste tous les Arabes » , « Brûlez votre village » et « Mahomet est mort » . Le Beitar reste d’ailleurs aujourd'hui la seule équipe de la ligue israélienne à n'avoir jamais accueilli de joueur arabe dans ses rangs.

Vidéo

En 2013, la direction du club avait pourtant tenté de faire un timide pas en avant, en choisissant de recruter deux joueurs russes de confession musulmane. Un choix qui ne passe pas du tout auprès de la tristement célèbre frange ultra du Beitar, « la Familia » , qui, à coups d'insultes, de slogans racistes et de pressions sur ses dirigeants, obtient que le club se sépare des deux recrues. Plus récemment, le Beitar a même dû renvoyer en septembre 2017 un conseiller du club, licencié par la direction pour avoir déclaré dans une interview qu'il « ne prendrait aucun joueur musulman dans l'équipe   » .

Likoud connection


Si faire l'inventaire des casseroles du Beitar est facile, comprendre pourquoi une frange substantielle de son public entretient une telle animosité vis-à-vis des arabes israéliens et de la Palestine demande de revenir aux origines du club. Fondé en 1936, le Beitar est créé par David Horn, un leader de la section jeune du parti sioniste révisionniste, une formation nationaliste qui inspirera plus tard la création du Likoud, le parti de l'actuel Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou. Historiquement proche de la droite israélienne, le club rassemble des supporters majoritairement issus de classes populaires et a notamment la cote auprès des juifs dits « Mizrahim » (N.D.L.R., les orientaux, en hébreu), qui sont originaires du Moyen-Orient et du Maghreb. « Les Mizrahim ont émigré en masse en Israël dans les années 1950-1960. Ils avaient un capital culturel moindre que celui des juifs d'Europe de l'Est, les Ashkénazes, qui se sont emparés de la plupart des postes à responsabilité lors de la naissance de l’État d'Israël » , pose le sociologue israélien Tamir Sorek, auteur d'Un terrain contesté : les dilemmes d'un football arabe dans un État juif.



Les Ashkénazes, justement, soutiennent en majorité le parti travailliste, qui a tenu sans interruption les rênes du pouvoir jusqu'en 1977. Dans une logique d'opposition et de lutte des classes, les Mizrahim se rapprochent progressivement du Likoud, qui remporte enfin les élections en 1977. Le succès va de pair avec les premiers exploits sportifs du Beitar, qui remporte ses premières Coupes d'Israël en 1976 et 1979. Le club et le Likoud revendiquent alors des valeurs proches, entretenant leurs liens historiques. De grandes figures politiques du parti, comme Gideon Ezra, ex-parlementaire à la Knesset et ministre de l'Environnement de 2006 à 2009, soutiennent alors publiquement le Beitar : « Quand vous êtes un membre du Likoud, vous devenez automatiquement fan du Beitar. » « Pour les Mizrahim, leur passion pour le Beitar était un moyen d'exprimer leur identification avec les valeurs du Likoud et le sentiment de dégoût qu'ils avaient vis-à-vis de l'establishment qui avait été responsable de leur marginalisation » , analyse l'écrivain et sociologue israélien Yair Galily.

Lutte identitaire


Si le soutien des Mizrahim au Beitar et au Likoud épouse une logique contestataire vis-à-vis du pouvoir historiquement en place, le nationalisme extrême des certains ultras du Beitar serait autant – voire davantage – lié à une volonté de revendication identitaire. « Les Mizrahim sont originaires du Maghreb et du Moyen-Orient, poursuit Tamir Sorek. Physiquement et culturellement, ils ont beaucoup des choses qui les rapprochent des arabes israéliens, qui, eux, sont majoritairement musulmans et favorables à la création d'un État palestinien. Ajoutez à cela le fait que les Arabes sont souvent identifié comme les ennemis historiques du sionisme... Forcément, certains Mizrahim ont une volonté de se dissocier des composantes arabes de leur identité : ils se sentent obligés de se dés-arabiser, de dés-orientaliser leur façon d'être, aussi bien que leurs préférences culturelles. » Une logique qui aurait ainsi poussé certains ultras Mizrahim du Beitar à épouser des convictions nationalistes, voire carrément racistes, à l'encontre des populations arabes.


Reste qu'au milieu de tout cela, la volonté d'adjoindre le nom de Trump au blase du club ne fait pas l'unanimité : « C'est une mesure très contestée, nuance Tamir Sorek. La décision de changer de nom a été prise sans consulter les fans... » Si la direction du club a sans doute du souci à se faire, Donald Trump, lui, peut rester peinard : « Il reste extrêmement populaire auprès des supporters. » Du moins, auprès de ceux qui ne sont pas lassés des dérapages racistes tolérés par le club. En 2014, 4000 fans du Beitar décidaient ainsi de fonder une nouvelle équipe, le Beitar Nordia. « On avait l'impression qu'on côtoyait des membres d'organisations criminelles pendant les matchs, qui nous imposaient leur violence, explique Aviv Sharfstein, un membre de la direction du Nordia. Mais la vérité, c'est surtout qu'on n'en pouvait simplement plus d'entendre « mort aux arabes » quand on allait au stade. »

Par Adrien Candau Propos de Tamir Sorek recueillis par AC, ceux de Yair Galily issus de Sport, Politics and Society in the Land of Israël.
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