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Djibril cassé

Il n'empilera plus. Définitive sur Canal Plus, l'annonce de la retraite de Djibril Cissé s'est concrétisée samedi soir, sur un parquet francilien. Pas celui du Paris-Levallois Basket, mais celui de Danse avec les stars, où ses concurrents s'appellent aujourd'hui Thierry Samitier ou EnjoyPhoenix. Et c'est dur à encaisser.

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Il aurait sans doute voulu être celui-là. Samedi soir, d'une tête décroisée sur corner, Rodéric Filippi marque, fait vibrer la Corse et célèbre son coup de casque d'un rondade-salto. Djibril Cissé s'y connaît pourtant un peu en Île de Beauté. En rondades aussi. Enfant, au quartier, un de ses amis qui « faisait de la gym » narguait la bande de potes à Arles, à coups de « flips, de trucs, de conneries » . Le Djib, voulant riposter, s'entraîna alors dans son coin, sur l'herbe, « pour qu'il ferme sa bouche. Au début, je me mange, je me mange. Et puis un jour, je le passe et ensuite je le réussis pour la première fois dans un match avec le centre de formation de Nîmes. Tu connais la suite... » La suite ? C'est 18 ans de trajectoires déroutantes, d'une carrière dont la fermeture du bal s'est définitivement matérialisée samedi soir. Sur un fox-trot. Et sans salto. Une grosse heure après celui de Filippi, Djibril Cissé se présente sur le plateau de Danse avec les stars - dont il est finalement la seule star - en queue de pie et crête sobre, aux bras « d'une championne de France de danses latino-américaines » pose la voix off. Coincé entre un magnéto partagé avec Thierry Samitier (?) en costume banane (??) et EnjoyPhoenix (???) à qui est laissé l'honneur de conclure le show, le Djib oublie sa hanche et danse, sur un titre qui rappellerait presque ce satané salto de Filippi : He had to be with you, de Harry Connick Jr.

Les pieds à plat


Parce qu'au fond, à 34 ans, on se dit quand même qu'il est un peu trop tôt pour voir le Djib' soumis aux jugements de Chris Marques - « Pour vous améliorer, il va falloir travailler vos pieds. Pour le moment, ils sont un petit peu plats. Mais vous savez quoi ? Quelle élégance ! » -, de Jean-Marc Généreux - « Djibril m'a "scissié" en deux. Le haut, c'est la classe totale, et en bas, faut pas que ce soit un défenseur, mais un at-ta-quant ! » ou encore celui de Fauve (pas lui, l'autre) : « T'as une classe naturelle, t'es super élégant. Mais il faut que tu travailles ta confiance. En fait, il faut que tu te dises que ce parquet, c'est ton terrain. Ne t'excuse pas d'être là. » Non, on n'aurait pas imaginé quelques saisons auparavant la 35e année de Djibril Cissé à donner dans le fox-trot, un samedi de vacances de Toussaint, « sur la Une » . On l'aurait plutôt préféré à donner dans le salto sur les pelouses de Ligue 1.

Avec un parcours fracassé par les blessures traumatisantes (deux jambes cassées, une hanche opérée en janvier prochain) et donc l'itinérance souvent induite, le Djib s'est surtout mis à chasser, pour laisser sa trace, les records personnels, après avoir remporté le Graal collectif et personnel en club : une Ligue des champions avec Liverpool dans la finale la plus folle de la décennie 2000 contre le Milan AC. Les lignes de son CV sont presque parfaites, mais manquent peut-être d'arrondis pour mettre tout le monde d'accord. En Ligue 1, Djibril est bloqué à 96 réalisations. Quasi 100 cageots. En carrière, hors sélection, Cissé a presque marqué 250 buts, bloqué à 249. En sélection, il a presque atteint la barre des 10, finalement tanké à 9. Presque dans la bonne équipe à Zidane (Coupe du monde 2002), presque dans la bonne période de Domenech (blessé de dernière minute avant la Coupe du monde 2006, mais de la partie à Knysna en 2010), il a même presque réussi à s'amuser lors d'une pige au Qatar : « J'ai fait des balades en 4x4, en quad, dans le désert. Tu peux faire du chameau si tu veux, mais globalement, je me suis ennuyé. »

« En mettant un kilt ou une jupe, faut être solide derrière après... »


Ce petit goût de presque, Guy Roux l'avait aussi lors de l'émission J+1, sur Canal Plus Sport, il y a une semaine. Alors que le Djib, invité, est resté poli, voire indulgent face aux vannes filées à propos de la sextape de Mathieu Valbuena, la chaîne lance une pastille avec l'historique patron du foot auxerrois, mentor de Cissé : « Quand est-ce qu'on te revoit sur les terrains, Djibril ? » Malgré six minutes gag à La Réunion en septembre comme dernier fait d'arme, Guy Roux espérait encore que Djibril puisse rendre un dernier devoir avant de partir en vacances, renaître une dernière fois de ses cendres. Le phénix, ce n'est pas Enjoy, mais Djibril. Ce n'est même pas un prénom, Enjoy, d'ailleurs. Celui qui a toujours su froncer les sourcils dans les tourmentes, parler et frapper fort, rester solide aussi - « En mettant un kilt ou une jupe, faut être solide derrière après hein... » - réapparaît à l'écran la gorge nouée, les yeux embués et craque pour la première fois, émotionnellement, en public. Après avoir essuyé quelques improbables larmes avec des gants presque entiers, il murmure un « Non, c'est fini... » d'une voix grave en crève-cœur pudique. À dire vrai, il n'avait pas franchement fait mystère, dès le mois de mai, de ses intentions de retraite, mais, devant Guy Roux, impossible de mentir. La confession ne pourra être tamponnée que vérité définitive. Après avoir rapidement repris le contrôle, il finira par un discret sourire : « Voilà, maintenant, je vais danser. »


L'ancien international français range du coup vraiment au placard sa « frappe fantôme. Carrasso, lui, il l'aime pas trop celle-là, celle qui flotte un peu partout » , ou encore sa frappe « à ras de terre, fort, croisée à droite » , celle que lui avait justement conseillée Guy Roux. Après 623 matchs au plus haut niveau, des sous qui lui ont permis de s'acheter « une Escalade, où tout l'arrière de la voiture est un salon 4 places en fait, avec une grande télé, une machine à café, un frigo, une X-Box » , deux grandes oreilles sur une coupe, des centaines de mines, Djibril Cissé vaut désormais deux chiffres. Ou plutôt un nombre : 25, comme le nombre de points attribués par le jury d'experts de Danse avec les stars. Le natif des Bouches-du-Rhône est 7e ex-aquo avec la comédienne Fabienne Carat (?), derrière tous les autres, mais devant Thierry Samitier (??) et surtout EnjoyPhoenix (???). Il en est désormais quitte pour parler en « prime » , en « cadre du haut du corps » , « en approche de pas » ou « red room » avec Laurent Ournac pendant au moins une prochaine émission... « Je suis une célébrité, la seule même, sortez-moi de là ! » Quoi ? Ça ne fonctionne plus comme ça ? Sans parler de Claire Chazal, y a pas à dire : ça a vraiment changé TF1.



Par Ronan Boscher // propos du Djib' recueillis par RB
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