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Djebbour : « L'OM est capable du meilleur comme du pire »

Meilleur buteur de l’Olympiakos, Rafik Djebbour sera le danger numéro un pour la défense bis d’Arsenal ce soir. Pas du tout impressionné par le nom de ses adversaires, l’Algérien natif de Grenoble croit très fort en son équipe, au « schéma de jeu différent » . A 27 ans, il a fait son chemin en Grèce. Avis aux clubs de Ligue 1 en panne de buteur, Djebbour reste « ouvert à tout challenge » .

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Rafik, tu as un parcours un peu particulier, tu fais tomber tous les records de buts au centre de formation d’Auxerre, puis tu pars pour la Belgique. Pourquoi ?
J’avais pour ambition de réussir à Auxerre, mais il y avait beaucoup d’attaquants de qualité, donc c’était compliqué pour moi. A Auxerre, je ne pouvais pas jouer immédiatement, il fallait patienter et j’ai justement manqué de patience. C’était difficile de trouver un club de haut standing et un club belge s’est manifesté. C’était une bonne opportunité étant donné que j’étais jeune et à la recherche de temps de jeu. Bon, il s’avère que ça a été un semi-échec.

Et là tu pars pour la Grèce ?
Oui, après une année très compliquée, où ça ne s’est pas passé comme je l’imaginais, j’avais envie de changer d’environnement, de découvrir un peu de soleil, des choses qui pourraient m’apporter un plus dans ma vie. J’avais besoin de ça psychologiquement.

Il y a deux semaines, vous battez l’OM au Vélodrome, c’est une victoire particulière pour toi, convoité par Marseille il y a quelques années ?
C’est vrai que gagner contre Marseille au Vélodrome ça restera un bon souvenir, même si on n’a pas affronté un grand OM. C’est quand même quelque chose d’important parce que Marseille jouait sa qualification.

Comment tu juges le niveau de Marseille ?
C’est une équipe qui est capable du meilleur comme du pire. Quand elle est libérée, elle a énormément de qualités. Elle peut mettre en danger n’importe qu’elle équipe de haut standing car elle possède de très bons joueurs et pas mal d’expérience.

Une victoire ce soir contre Arsenal pourrait vous permettre de rejoindre les 8ème, comment préparez-vous un tel match ?
On le prépare comme tous les autres matchs, à l’Olympiakos on ne dépend pas de la philosophie des autres. C’est clair que quand tu joues une grande équipe, il y a peut-être un régime particulier à avoir. Mais on a confiance en nous, en notre jeu, c’est ce qui fait notre force.

L’ambiance monte dans la ville ?
Pour l’instant pas spécialement, mais le soir du match, l’atmosphère est toujours particulière en Grèce.

La défense d’Arsenal, tu l’as étudiée ?
Pas trop, parce qu’on ne sait pas quelle équipe ils vont mettre, comme ils sont qualifiés ils vont sûrement faire tourner quelques joueurs. Tu peux regarder toutes les vidéos que tu veux, s’ils te sortent une équipe différente… Nous on ne se concentre pas sur eux, ou sur leur jeu, mais sur nous-mêmes, parce que si nous on joue comme on a l’habitude de faire à domicile, la réussite devrait être avec nous.

Arsenal, c’est incontestablement la meilleure équipe de la poule ?
Je pense qu’on a tous des profils différents, il n’y a pas une équipe qui est au-dessus des autres, même si au niveau des individualités, Arsenal est l’équipe la plus costaud. Chacune des équipes du groupe a un schéma de jeu propre, différent des autres. Arsenal est un peu au-dessus du fait de son expérience en Ligue des champions, mais sinon les équipes se valent.

« La crise en Grèce, ça rend un peu triste le paysage »

Depuis que tu as signé à l’Olympiakos début 2011, tu marques beaucoup, tu commences à faire parler de toi dans des championnats de plus haut standing ?
Certaines équipes me suivaient déjà avant et savent le profil de joueur que je suis. Aujourd’hui, j’ai préféré le challenge grec, parce que c’était bien de rester dans la continuité et qu’en signant à l’Olympiakos je savais que je pouvais passer un palier. C’est un club qui m’offrait une expérience en Ligue des champions, et ce n’est pas à négliger. La Ligue des champions, c’était mon objectif premier. Après avoir joué la Coupe du monde et la coupe de l’UEFA, c’était l’autre gros challenge de ma vie.

Un retour en France, ça ne t’intéresserait pas ?
Dans l’immédiat, je me sens très bien ici. Après, je reste ouvert à tout challenge.

Tu as des pistes ?
Oui, c’est normal, quand tu joues la Ligue des champions, que tu marques des buts et que ton club produit du beau football, c’est sûr que tu attires l’attention des gens. Mais on n’est qu’au mois de décembre, il est un peu trop tôt pour parler de ça.

T’es originaire de Grenoble, t’as suivi les déboires du GF38 ?
Ah oui, malheureusement… Je suis un petit peu les équipes de Grenoble, même au hockey ou au rugby, et c’est vrai que ça a été une grosse déception pour tout grenoblois de voir le GF 38 descendre aussi bas et aussi rapidement. Grenoble mérite une équipe en première division qui puisse se stabiliser. C’est une grande ville, alors quand on voit des clubs comme Lorient ou comme Valenciennes, plus mineures, durer en Ligue 1, c’est vrai que ça me rend triste.

Qui est le meilleur joueur de l’Olympiakos ?
Il y en a pas mal (rires). Ibagaza, Kevin Mirallas, Olof Mellberg. Ce sont de très bons éléments.

Passer de l’AEK Athènes à l’Olympiakos, ce n’est pas trop mal perçu en Grèce?
Si, ça a été très mal perçu. Ça a fait un boum. Mais bon, les gens connaissent les conditions de mon départ, et quelque part ils m’ont pardonné à moitié. J’ai eu un traitement différent de tous les joueurs qui quittent l’AEK pour l’Olympiakos. Les tensions avec les supporters de l’AEK ont assez vite été calmées.

C’est vraiment le bordel en Grèce ?
Ah ouais, vraiment. Il y a une crise qui s’est instaurée, et ça rend un peu triste le paysage et les Grecs. Mais c’est un peuple fier, ils vont relever la tête, même si c’est compliqué.

Les gens continuent à aller au stade ?
Ouais, ouais, ça reste des passionnés de foot. Il y a une passion du foot ici beaucoup plus élevée qu’en France. Ici, chaque ville, chaque club se comporte comme Marseille avec son équipe.

Bon alors, pour ou contre la sortie de l’euro ?
Je n’ai pas assez de recul pour m’exprimer là-dessus, il y a des personnes qui sont mieux placées que moi pour ça.

L’Algérie pas qualifiée pour la CAN, ça a fait beaucoup de bruit au pays ?
C’est une grosse déception, surtout que beaucoup de gens croyaient en nous. C’est comme ça, ça arrive. Malgré tout, on espère pouvoir renouveler l’exploit réalisé en 2010 en allant au Brésil, d’autant qu’il y a de nouveaux éléments qui sont venus se joindre à nous. Je pense que c’est faisable.

Propos recueillis par Léo Ruiz
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