1. // 17 novembre 2006
  2. // Mort de Ferenc Puskás

Dix choses que vous ne saviez pas sur Ferenc Puskás

Puskás, c’était l’icône de la Hongrie surpuissante des 50's, le troisième canonnier du trio complété par Kopa et Di Stéfano au Real, et le premier vrai renard des surfaces avant Inzaghi. Au-delà du sacre olympique, de la finale perdue avec l’Équipe d’or, de son nombre de pions démentiel et de son prix couronnant le but de la saison, voici dix histoires un poil moins connues sur le regretté « Pancho » .

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1. Ses funérailles de roi


Qu’est-ce qui unit le premier souverain du royaume de Hongrie sacré en l’an mil et l’empereur de la patate du gauche aux 25 mètres ? Réponse : la basilique de Budapest. Le premier lui a donné son nom (Saint-Étienne). Le second y repose, tout comme son camarade Sándor Kocsis, la « Panthère noire » des cages Gyula Grosics et l’ultime rescapé du Onze magique, Jenő Buzánsky, décédé en janvier 2015. Le dix indépassable eut droit à des adieux quasi divins avec honneurs militaires et concert de larmes. Son convoi mortuaire, escorté par des torches et des milliers de fans, a paralysé le centre de la capitale.


2. Ses magouilles fondatrices


Puskás est né Purczeld le 1er avril 1927. Père footeux d’origine souabe (germanique), mère couturière. Acte numéro un ? Il fêtait toujours son anniversaire le deux par superstition. Tricherie numéro deux ? Il intègre l’équipe adulte de Kispest à quinze balais seulement grâce à une fausse carte d’identité. Filouterie numéro trois ? Son nom changé en 1937 sur décision de Ferenc Senior, devenu entraîneur du Honvéd cinq ans plus tard. Là où « Öcsi » (petit frère) débuta chez les pros à l’automne 1943. François Fusilier (Puskás), fils de madame Arbitre (Bíró), était de facto destiné à persécuter les portiers.



3. Sa binouze fabriquée en Slovénie


La « Puskás Sör  » (bière Puskás) lancée fin 2014 coûte 220 forints (0,70 euro) le demi-litre chez Tesco. Sur la canette dorée : visage, numéro mythique, autographe et slogan qui claque ( « La vraie légende » ). Mais ni la filiale magyare d’Heineken ni la marque locale Borsodi n’ont souhaité produire la boisson. Du coup, la brasserie Laško basée près de la commune slovène éponyme fabrique le précipité à 4,6 %. Goût ? Quelconque. Ventes ? Faiblardes. Un site spécialisé hongrois trouve le produit « scandaleux » et lui attribue 1,5/10. Dommage pour la fondation Puskás qui grappille un forint par exemplaire vendu.



4. Sa C1 presque gagnée comme coach


Retiré des terrains en 1965, Puskás affûte son rôle d’entraîneur à Alicante, San Francisco, Vancouver et Alavés, puis fonce en Grèce manœuvrer le Panathinaïkos. La recrue aurait réclamé une prime exceptionnelle en cas de finale de C1. Requête acceptée par les dirigeants hellènes qui pensent l’hypothèse impossible. Et l’impossible se réalise. Le Pana écarte Esch, Bratislava, Everton au but à l’extérieur, puis infligent la même punition à Belgrade grâce à une remontada folle (4-1, 0-3) et échouent au finish contre l’Ajax de Cruyff. La bravade lui a sans doute rapporté un paquet de drachmes.

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5. Son expérience moisie de sélectionneur


La Fédé voulait tellement récompenser son champion toutes catégories qu’elle l’a propulsé aux commandes du « Nemzeti 11  » trois ans après son retour au bercail et la chute du communisme. L’expérience tourne court. Puskás sur le banc des A = trois défaites en quatre matchs d’avril à juin 93 dont un 0-2 d’emblée à domicile face à la Suède de Brolin où il aligne le fils de Flórián Álbert et deux revers en déplacement (Russie, 0-3 ; Islande, 0-2) comptant pour les qualifs du Mondial américain. Évincé au profit du « Magicien » Jószef Verebes, Puskás lâche le gazon pour de bon à la suite de ce plantage.



6. Son poème lèche-cul en espagnol


L’auteur de cette trouvaille est un blogueur péruvien nommé Eduardo Combe. En avant les violons. « Si Puskás jouait aujourd’hui, il évoluerait dans le meilleur Bernabéu de notre ère au lieu d’un stade en sciure. Si Puskás jouait aujourd’hui, il faudrait mettre des chimpunes (chaussures à crampons, ndlr) agréables aux couleurs et aux modèles variés plutôt que de porter des bottes horribles. Si Puskás jouait aujourd’hui, les défenseurs devraient détaler comme des lièvres à chaque coup franc sifflé et les tirs purs rentreraient faute après faute comme s’il en pleuvait. » Du calme, Duardo. Ton amour dégouline.


7. Son documentaire-promo


Pour le 70e anniv’ d’ « Öcsi » (1997), la chaîne Duna Televizio pond un film-souvenir de 46 minutes. On y voit Puskás complimenter son père défunt « même s’il était assez dur » . Répondre aux questions des poussins de Kispest bavant d’admiration devant les dribbles de leur idole toujours alerte. Serrer Sir Stanley Matthews dans ses bras à Wembley et reconstituer face caméra son « drag-back goal » entré dans l'histoire lors du monumental 6-3 encaissé par les Three Lions le 25 novembre 1953. Ou dévorer un morceau maousse de viande panée sur lequel il martyrise un citron. Les joies du marketing.

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8. Sa gourmandise insatiable


Puisqu’on parle de bouffe, Puskás était un Gargantua notoire. Entre les lecsó (ratatouille hongroise mixant paprika, oignons, tomates et lard pour la recette de base) épicés qu’il partageait avec son ancien coéquipier Sándor Károly, les verres de fröccs (mélange vin/eau pétillante) qu’il enquillait à l’inverse de son copain du Honvéd József Bozsik qui ne touchait jamais à l’alcool ou les morceaux de saucisses, Monsieur se défonçait l’estomac et brûlait ses calories en épuisant les défenses adverses. Normal qu’il ait repris les dix-huit kilos transpirés pour intégrer le Real au soir de sa carrière. Voire plus.



9. Son CD d’airs populaires


Oui, Ferenc Puskás a sorti un album. Non, ce n’est pas une blague. Et en plus il chante bien, le bougre. Sur les sept miauleries mélancoliques magyares compilées, on retient «  Neuf filles pour une dame » , « Le lys jaune » et « Dans le village » qu’il aurait pu entonner à l’aise chez Pascal Sevran. Le disque collector sorti en 2007 contient également quatre interviews (Grocsics, Buzánszky, le commentateur György Szepesi et l’épouse de Puskás aujourd’hui décédée) + une composition rétrospective intitulée « Mon nom était Petit Frère  » . Si vous avez une dizaine d’euros à dépenser, faites fumer la MasterCard.



10. Son bar à Budapest


Situé au nord-ouest de la capitale (Bécsi út 56 au cas où), le « Puskás Pancho Sport Pub » côtoie à quatre numéros près une statue en bronze du joueur jonglant du gauche sous l’œil de gamins ébahis. Outre les retransmissions sportives, l’établissement propose dans l’assiette une sélection des plats préférés du « Major Galopant » incluant pain perdu, quesadillas et pâtes au chou hyper-bourratives. Photos, fanions et maillots agrémentent un décor résolument vintage (merci le parquet cuir de bœuf). Après l’école primaire de Kispest et la rue dans le même quartier, voici l’hommage culinaire côté Buda.


Bonus : Sa carrière « Hungaricum »


La pálinka (eau de vie), le goulasch, les vins blancs de Tokaj et le rouge « Sang de Taureau » d’Eger, le gâteau-éponge somlói galuska, la tarte Dobos chocolat-caramel-noisettes, le salami d’hiver de Szeged, la saucisse de Gyula, la liqueur Unicum, les oignons de Makó, l’opérette locale, le village médiéval de Hóllókő, la porcelaine de Herend, la poterie de Mézőtúr, le chien-serpillière Puli et la vie de Puskás. Toutes ces richesses trustent la liste « Hungaricum  » . Une sorte de Label rouge danubien avec un soupçon d’Unesco pour la culture. Preuve que le parcours dudit Ferenc mérite le statut d’œuvre d’art.



Par Joël Le Pavous
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Dans cet article

Les articles comme celui ci sont intéressants mais ,malheureusement ne servent à rien .Pour 95 % des lecteurs ,le foot c'est Messi-CR7 .Basta ! Alors l'histoire ,hein ?
AyoubKiraa Niveau : DHR
Pourquoi t'abuses comme ça ..?
Heureusement, vous êtes là, toi et les 5% d'intellectuels pour éclairer les neuneus de votre lanterne.

Bruno Le Maire, sors de ce corps.
L'histoire, elle dit aussi qu'il y a un bon paquet de tres bons connaisseurs sur ce site. Alors ton blabla "moi je connais, les autres vous etes des pleutres" tout droit tire des commentaires lequipe.fr, tu les gardes pour toi. :D
Tu sous-estimes la classe populaire cultivée de SoFoot toi dis moi
FredAstaire Niveau : DHR
Tu serais pas un peu footix, par hasard?
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Le meilleur contre-exemple à ce que tu dis, ce sont les commentaires des différents articles du top sud-américain.
On a quand même débattu pendant des heures de l'Uruguay 1950 et du Maracanazo, d'Alberto Spencer et Mazurkiewicz, de la place de Tostao et Bochini, de la classe de Didi, de la Maquina de River, du grand Santos des années 60, de l'influence de Kempes en 78, de Cubillas et du Pérou 70, des bicyclettes de Leonidas, de la muraille Figueroa, de la Colombie de Maturana et de plein d'autres sujets...
Et c'était pareil pour les différents tops européens avant l'Euro... La preuve même du contresens de ton post (sans être méprisant, on est pas sur footmercato ici) !
6 réponses à ce commentaire.
"Neuf filles pour une dame" Il est lubrique ton album, Ferenc.
Euh, la dernière photo, c'est un match officiel ?

J'ai donc le corps d'un athlete de haut niveau
el.maestro Niveau : DHR
A l'heure où il s'agit souvent d'évoquer les joueurs marquants dans l'histoire, le nom de Puskas est très (trop?) souvent oublié... Un manque de reconnaissance sans doute dû au fait qu'au début des années 50 la C1 n'existait pas encore alors que "son" Honved était parmi les clubs majeurs du continent; alors qu'il était le leader de l'une des plus belle sélections toutes époques confondues, sélection qui a marché sur le foot pendant des années, sauf LE match où cela était le plus important (Czibor, Kocsis, Hidegkuti, Puskas, sacré ligne offensive, avec Sebes aux manettes).
Puis après une longue période d'inactivité il signe au réal pour une "seconde carrière" assez incroyable. Mais ce real étant déjà "l'équipe de Di Stefano", cela a sans doute également participé au manque de reconnaissance de Puskas au fil des années...
FredAstaire Niveau : DHR
Je crois savoir que parmi les supporters madrilènes, son souvenir est aussi vivace que celui de Di Stefano.
el.maestro Niveau : DHR
Pour les supporters du real tu as sans doute raison je te fais toute confiance (et j'en suis même ravie tant il le mérite), mais je voulais noter cela à plus grande échelle. Si la majorité des gens qui s'intéressent au foot savent très bien qui il est et ce qu'il a réalisé, son nom est quand même régulièrement zappé à l'heure d'évoquer les joueurs marquant d'une génération (c'est mon sentiment, je ne dis pas que j'ai raison, peut être que je me plante sur toute la ligne). Ce que j'ai toujours trouvé assez étonnant.
Après il faut dire que "sa" Hongrie m'a toujours fasciné, sans que je sache très bien expliquer pourquoi (plus que tout autre sélection à travers les époques), donc je manque peut être d'objectivité aussi !
Dans la memoire collective, peut etre. Dans la memoire des amateurs de foot qui ont un minimum de connaissances, il est un des joueurs les plus marquants de l'histoire du foot, tout simplement.
Quand on pense au football hongrois, le premier visage et le premier nom auquel on l'associe est celui de Puskás, donc on ne peut pas faire mieux comme reconnaissance. Par contre un joueur comme Florian Albert, lui a été vraiment oublié par exemple.

Mais s'il y a un hongrois qui mériterait d'être plus connu, c'est l'attaquant Ferenc Deák. Au pique de sa forme, de 23 à 27 ans, entre 1945 et 1949 donc, c'était un buteur stratosphérique !
Lors de la saison 1945-46, son équipe de Szentlőrinci AC (petit club de Budapest) termine seulement 8e du championnat, par contre il plante tout simplement la bagatelle de 66 buts en 34 matchs, un record européen qui dure encore aujourd'hui et qui n'est pas prêt d'être battu !

A la fin de la saison 1946-47, toujours avec son petit club, il plante pas moins de 48 buts en 30 matchs, un ratio tellement impressionnant que le plus grand club du pays Ferencváros le transfert. Sa saison 1947-48 est tout aussi balèze, 41 buts en 30 matchs, mais il ne remporte pas le championnat et contrairement aux deux saisons précédentes, il n'en est pas le meilleur buteur, le vainqueur est un jeune prometteur de 21 ans nommé Ferenc Puskás avec juste 50 buts !
La saison 1948-49 est la consécration pour Ferencváros, champion de Hongrie avec 140 buts marqués (encore un record européen !) et pour notre Ferenc Deák, redevenant le meilleur buteur du pays avec 59 buts en 30 matchs, phénoménal ! Miné par une blessure la saison suivante, il ne sera plus le même qu'avant même si son ratio de buts sera plus qu'honorable. Transféré à Újpest en 1950, il y terminera sa carrière en 1954.

Malheureusement ce joueur ne connaitra pas les honneurs de la génération hongroise des années 50, jouant pour la sélection de 1946 à 1949, plantant juste 29 buts en 20 matchs, rien que ça ! Avec sa blessure en 1949, il sera remplacé par un autre jeune prometteur de 20 ans nommé Sándor Kocsis. Avec la Hongrie il gagnera quand même la coupe des nations des Balkans en 1947, terminant meilleur buteur de la compétition évidemment ...
4 réponses à ce commentaire.
Voici un extrait de ce que j'ai écrit sur Puskas dans un chapitre consacré aux grands joueurs qui n'ont pas gagné de grand titre en sélection, avec en fond la Hongrie 1954.

4 juillet 1954. Le monde du football s'apprête à vivre la plus grande surprise de l'histoire de la Coupe du monde. Un coup de théâtre qui gagnera le surnom de ''Miracle de Berne''.
En finale, la Hongrie retrouve la RFA, qu'elle a étrillée 8-3 en poule deux semaines auparavant. Un score qui symbolise à la perfection cette sélection hongroise des années 50.

Champions olympiques à Helsinki en 1952, les Magyars rentrent définitivement dans l'histoire du football le 25 novembre 1953 avec une victoire 6-3 à Wembley face à des anglais médusés.
Afin de bien démontrer que cela n'était en rien un one shot, la Hongrie atomise les Trois Lions à domicile six mois plus tard (7-1).
Avec leur 4-2-4, l'adversaire prend sa part à chaque match et les hommes de Gusztáv Sebes débarquent en Suisse en tant que favoris du Mondial.

Avec un 9-0 en ouverture face aux coréens du sud et la gifle aux allemands, les Hongrois confirment leur statut.
En quart, la Hongrie retrouve le Brésil pour une sorte de finale avant l'heure. Victoire 4-2 des Hongrois dans "La Bataille de Berne", où la violence a régné.
En demi, les Uruguayens s’accrochent jusqu'aux prolongations avant de s'incliner sur un doublé de Sándor Kocsis (4-2, 109e et 116e).
Kocsis, véritable collectionneur de buts durant cette Coupe du monde (11 pions) et emblème d'une attaque hors du commun.
Soutenus par Nándor Hidegkuti et Zoltan Czibor, les Hongrois n'ont aucun souci pour faire rendre dingue les défenses.
Et puis il y a Ferenc Puskás, le meilleur de tous, blessé en poule contre l'Allemagne mais qui effectue son retour au courage.
Gaucher magique et puissant, celui que l'on surnomme le Major Galopant est une machine, aussi redoutable qu'efficace. Le talent, c'est lui. L'intelligence de jeu, c'est lui. L'instinct, c'est encore lui.
Vif comme personne, il est plus qu'un renfort pour cette finale.

La rencontre s'annonce comme le couronnement de cette génération dorée. Et après huit minutes de jeu, les Magyars mènent déjà grâce à Puskás (1-0, 6e) et à l'opportunisme de Czibor (2-0, 8e). La pluie qui s'abat sur Berne ne gêne pas encore les favoris.
La RFA, bien qu'outsider, n'est pas là par hasard et réduit le score par l'intermédiaire de Max Morlock (10e). Puis Helmut Rahn redonne de l'intérêt à la rencontre en égalisant sur corner (2-2, 18e).
La Hongrie réagit en trouvant le poteau par Hidegkuti mais la RFA manque également de mener au score à plusieurs reprises juste avant la mi-temps.

Pendant la pause, le capitaine Fritz Walter signe des autographes tout sourire, comme si le match nul était déjà une victoire pour les Allemands.

Les Hongrois repartent au combat immédiatement. Puskás obtient une occasion en or mais tire sur Toni Turek (47e). Le gardien germanique, auteur d'une bourde sur le but de Czibor mais royal ensuite, sera le grand bonhomme de cette deuxième période.
Werner Kohlmeyer, le défenseur allemand, n'est pas en reste en sauvant les siens sur la ligne (55e) avant que Kocsis ne touche le haut de la barre transversale sur une tête (57e). Ça chauffe sérieusement sur la cage de la RFA.

Les Allemands ont beau essayer de se faire respecter, la Hongrie fait mal avec encore Puskás qui bute sur Turek (67e).
Cinq minutes plus tard, Helmut Rahn ne passe pas loin du doublé mais sa praline est repoussée par Gyula Grosics, le portier hongrois.
Le match est fou, et voit Czibor perdre son duel face à Turek (78e).
Puis vient le moment d'histoire. À la 84e minute, Rahn place une frappe du gauche qui offre la Coupe du monde à la RFA.
Car la Hongrie ne reviendra pas, malgré un but de Puskás (refusé pour hors-jeu) et une grosse frappe de Czibor, boxée par Turek.

Cet incroyable revers est la première défaite hongroise en plus de quatre ans de domination. Une sorte ''d'injustice'' sportive vient d'avoir lieu et le moral des Hongrois est en... Berne.
Les Allemands peuvent remercier Adolf Dassler, le fondateur d'Adidas, qui les a chaussés avec des crampons vissés. Sur un terrain gras et glissant, ça aide forcément.

Ce succès est aussi celui de Sepp Herberger.
En poule, le sélectionneur, pas en confiance sur le niveau de ses joueurs, eut l'idée d'aligner une équipe remaniée se sachant quasiment condamnée face à la Hongrie. Donner confiance à l'adversaire pour mieux les battre plus tard, un pari risqué qui se transforme en véritable coup de maître.

Malheureusement le sacre de la RFA sera plus tard entaché par des soupçons de dopage, ce qui ne change rien aux affaires hongroises.
Ferenc est sonné. Et après la déception, place à l'horreur.

Automne 1956, l'insurrection a lieu en Hongrie et une fausse rumeur annonce la mort de Puskás.
En pleine Coupe d'Europe, et accompagné d'autres joueurs de son club d'Honved, il refuse de rentrer au pays.
Mais on ne rigole pas avec la nation et sous la pression de la fédération hongroise, la FIFA lui inflige un an et demi de suspension : Puskás arrête le foot, se met à boire et prend beaucoup de poids.

Puis au Printemps 1958, il signe au Real Madrid qui continue son recrutement de stars. Mais le Major a déjà 31 ans au compteur et ne semble plus pouvoir galoper : vu sa forme physique, le scepticisme est de rigueur en Espagne.

Un régime draconien plus tard, et voilà que Ferenc le magnifique fait de nouveau le boulot en collectionnant les pions dès septembre 1958. Vous avez dit trop gros?

Avec lui, le Real retrouve une fois de plus la finale de C1 qui se dispute à Stuttgart. Mais Puskás est interdit de séjour en Allemagne !
Vexées par les allusions de dopage suite à la finale de Coupe du monde 1954, les autorités allemandes lui refusent le visa. Résultat, l'ami Ferenc garde ça en mémoire et passe ses nerfs l'année suivante au même stade de la compétition sur les pauvres joueurs de l'Eintracht Francfort.
Le 18 mai 1960, il claque un quadruplé en même pas trente minutes sur deux mi-temps dans une victoire 7-3 !!! Quatre caramels dans une finale de Coupe d'Europe ? Un exploit inédit, jamais réitéré. Fallait pas l'énerver.

En pleine bourre, Puskás choisit la nationalité espagnole et s'en va disputer la Coupe du monde 1962 au Chili pour un bide retentissant. C'est officiel, Ferenc ne sera jamais vainqueur de la Coupe du monde.

À presque 40 ans, gavés de titres collectifs et individuels, il prend une retraite bien méritée après avoir laissé une trace indélébile dans l'histoire du ballon rond. Et des chiffres ahurissants, comme en témoigne ses 84 buts en 85 sélections avec la Hongrie.
FredAstaire Niveau : DHR
Tu rejoins exactement mon commentaire d'hier à l'occasion de l'article sur Ronaldo, où j'avais fait une digression sur les européens qui n'avaient pas fait l'objet d'un top, et j'avais énoncé mon top 3: Cruyff-Puskas-Eusebio (ou CR7, le débat reste ouvert).
el.maestro Niveau : DHR
En tout cas voilà un joli Top 5 si on y ajoute Best, que So Foot ne zapperait sans doute pas d'un tel classement. Si les rédacteurs nous lisent ...
Cristiano devant Eusebio pour moi, ya plus trop débat.
Après Cruyff et Puskas, évidemment.
Très bel article mais je te trouve dur sur "bide retentissant". L'Espagne tombe dans le groupe de la mort avec les deux futurs finalistes (Brésiliens et Tchèques) et ils sont proche de sortir le Brésil dans le dernier match (décisif), qui renverse finalement le score par deux buts tardifs d'Amarildo, le remplaçant de Pelé.
Sinon son absence de ballon d'or (au moins l'année où il en plante 4 en finale de C1) est le plus grand scandale de l'histoire de ce trophée. Mais les jurys des pays de l'Est lui ont clairement fait payer sa "trahison".
FredAstaire Niveau : DHR
Entièrement d'accord avec toi pour le ballon d'or 1960. C'est Luis Suarez qui l'eut, mais qui l'aurait plus mérité en 1964 (1 euro + la C1). Comme quoi les scandales les plus récents, Messi 2010; Cannavaro 2006, Figo 2000
ne sont pas les seuls; et que dire de 1974? Cryuff au lieu de Beckenbauer qui avait tout gagné, CDM, C1, Championnat.
L'Espagne avait monté une équipe de stars pour gagner, et ils se sont ramassés.
La défaite vs Tchécoslovaquie et la victoire in extremis vs Mexique, hum hum
Gros groupe oui, mais ils devaient aller loin et n'ont rien fait au final (pas de chance vs Brésil cela dit).
La politique de la fédération espagnole en effet, était de sélectionner les stars d'origine étrangère du Real et du Barça et ça leur a pas réussi. En 1960, ils déclarent forfait sur ordre de Franco contre l'URSS. En 1962, des stars oui mais vieillissantes, surtout celles du Real qui ne dominait déjà plus en Europe.
En 1964, ils gagnent avec une équipe rajeunie et uniquement avec des espagnols.
"En pleine bourre, Puskás choisit la nationalité espagnole et s'en va disputer la Coupe du monde 1962 au Chili pour un bide retentissant."

Très joli !
 //  16:16  //  Amoureux de la Bolivie
"Malheureusement le sacre de la RFA sera plus tard entaché par des soupçons de dopage"

"soupçon de dopage" ? je sais pas en quelle année tu as écrit ton livre mais
le comité olympique allemand a reconnu officiellement, il y a pas si longtemps que ça (il y a 5-6 ans je crois), que l'équipe allemande de 1954 avait bel et bien reçu des injections de produit dopants pendant la compétition. Donc on peut plus vraiment parler de "soupçons" mais de dopage tout court. (après est-ce qu'ils étaient les seuls ? là c'est un tout autre sujet)
9 réponses à ce commentaire.
Ce commentaire a été modifié.
On l'oublie souvent mais le légendaire László Kubala du barça des années 50 a eu un début de parcours assez chaotique aussi.

Né à Budapest en 1927, comme Puskás, il part après la mort de son père jouer pour le Slovan Bratislava en Tchécoslovaquie. Il reçoit même la nationalité de son pays d'accueil pour lequel il va jouer 6 matchs, marquant 4 buts. En 1948, à 21 ans il retourne jouer en Hongrie. Mais à la même époque, le pays devient communiste. Alors Kubala quitte le pays illégalement en 1949 pour aller se réfugier en Italie. Résultat, il perd sa double nationalité hongroise et tchèque. Il signe un pré-contrat avec le Pro Patria Calcio mais ne joue que les amicaux. Il intègre du coup une équipe baptisée Hungaria, composée de réfugiés des pays de l'est. Et il est repéré par le légendaire Samitier, recruteur pour le club, lord d'un tournoi de l'Hungaria en Espagne où l'équipe bat le Real Madrid 4-2. Il signe pour le club catalan en 1950. J'ai lu qu'à la même époque qu'il a échappé au drame de Superga, mais son fils étant malade, il a dû annuler son voyage.

Ses péripéties ne sont pas finis, il doit attendre plusieurs mois pour pouvoir effectuer ses débuts avec le barça, après avoir obtenu la nationalité espagnole. Ses débuts en Espagne sont compliqués par une plainte de la fédération hongroise qui aboutit à la suspension de Kubala par la fédération internationale de football, décision qui n'est pas suivie par la fédération espagnole qui le considère comme un réfugié politique. À la suite d'une réclamation de Franco en personne, une solution est trouvée : la Hongrie ayant aboli le football professionnel, Kubala est donc assimilé amateur, auquel cas la suspension ne pouvait excéder 12 mois.

Mais tout cela ne l'empêchera pas de devenir une légende de ce sport !

FredAstaire Niveau : DHR
Le seul joueur ayant joué pour 3 sélections nationales: Hongrie, Tchécoslovaquie, Espagne.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
En plus des sélections argentine et espagnole, Di Stefano a également disputé quelques matchs avec le maillot de la Colombie mais ceux-ci ne sont pas homologués puisque c'était à la période où la fédé colombienne était suspendue par la FIFA (suite à l'exode massif de joueurs sud-américains, notamment argentins, vers le championnat colombien à la fin des années 40, les clubs d'origine de ces derniers n'avaient souvent perçu aucune indemnité de transfert)...
1 réponse à ce commentaire.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
En tout cas, j'aurais appris quelque chose : je ne savais pas que Puskas était le coach du Pana 71 finaliste de la C1.
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