Divorce à l'italienne

Cet après-midi, la Sampdoria se rend à Cesena sans Antonio Cassano. La faute à un énième pétage de plomb du Peter Pan de Bari.

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La scène s'est passée mardi 26 octobre, dans un bureau au premier étage du centre d'entraînement de la Sampdoria. Le Président du club, Riccardo Garrone, demande à Antonio Cassano de l'accompagner à Sestri Levante (une petite comune située à 52 kilomètres à l'est de Gênes) pour le prix « Rete d'argento » (le but d'argent), que le joueur doit recevoir. Fantantonio refuse. Le site internet de la Gazzetta relate alors la discussion entre les deux hommes.



« Riccardo Garrone : « - Pourquoi ?


Antonio Cassano : -Parce que


RG : Tu ne resteras que quelque minutes, le temps de recevoir ton prix.


AC : Je ne vais pas dans cet hotel de merde.


RG : Tu te prends pour qui ?


AC : Pourquoi vous haussez le ton ?


RG : Je n'ai jamais haussé le ton avec toi.
 »



Là, Cassano se lève et sort en quittant la pièce. Le Président entend alors un « Va te faire foutre » , ce que pourraient confirmer une vingtaine de supporters présents au moment des faits. Dans les vestiaires, les insultes d'Antonio auraient continué (notamment un « sale vieux » ). Le tout devant certains joueurs « parmi lesquels Pazzini, Lucchini, Marilungo, Pozzi e Dessena (...) » selon le canard. Giorgio Ajazzone (le team manager) et Alberto Marangon (attaché de presse) ont également témoigné de la véhémence des propos du joueur. Le lendemain, le club, dans un communiqué publié sur son site internet, fait savoir qu'il a engagé des poursuites disciplinaires. Avant d'officialiser une procédure de licenciement, avec des avocats et tout le tralala.



Cassano ne changera donc jamais. Et pourtant, pourtant, on pensait qu'il s'était rangé depuis son arrivée à la Samp' et son mariage célébré en grande pompe cet été à Portofino avec Carolina Marcialis. Le président des cyclistes avait d'ailleurs été invité. Les deux hommes se vouaient un respect mutuel. À la tête de la Samp' depuis 2002, Garrone était entré dans le football avec la volonté de le changer, de le moraliser, de le rendre plus équitable et plus éthique. Après avoir demandé à ses joueurs de ne pas parler à la presse jusqu'à la décision du collège arbitrale, il s'est enfermé dans sa maison de Grondona, se sentant trahi et déçu par celui qu'il considérait comme son fils adoptif. On disait même qu'il serait le Parrain du fils Cassano. Par principe, le président à l'ancienne renonce à sa poule aux œufs d'or, et l'on voit mal comment les choses pourraient s'arranger.



Et le coupable ? Il a brisé le silence ce matin en s'adressant à l'Ansa, une agence de presse: «  Ce qui s'est passé ne tient pas compte de ce que je suis en train de vivre avec ma femme. Je veux être proche d'elle, mais je ne veux pas rendre publique ma vie privée (...) Je suis désolé de ce qui s'est passé et j'ai déjà demandé pardon en présence de mes compagnons au dottor Garrone, que j'aime énormément. Je souhaite à mes compagnons bonne chance pour le match d'aujourd'hui contre Cesena » . Une cassanate qui tombe mal, au moment où l'éternel mauvais enfant du football italien se refaisait une santé avec la Nazionale et était annoncé à la Juventus dès cet hiver. Un challenge qui semblait plaire au joueur, qui devra peut-être attendre encore un peu avant de franchir le palier qu'il manque à sa carrière. En attendant, c'est à Gênes que Cassano souhaiterait officiellement rester. « Si c'est encore possible, j'ai l'intention de rester à la Sampadoria » .


Lucas Duvernet-Coppola

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