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Dirar, Nabil ne fait pas le moine

Cet hiver, l’international marocain Nabil Dirar a profité du mercato pour aller s’empiffrer des roubles du président Dmitri Rybolovlev à l’AS Monaco en Ligue 2, pour 7 millions d’euros. Le joueur et ses frasques à répétition manqueront à la Jupiler League. Un transfert sur le Rocher, dans la lignée du flop Mbokani ou du flamboyant Enzo Scifo ?

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« Qui suis-je ? Je suis un joueur qui vient de nulle part. Qui a été béni par les dieux du foot. Tout est allé très vite pour moi. Trop vite, peut-être... » lance Nabil Dirar (26 ans) à la Dernière Heure, en 2008, alors qu’il vient de signer au FC Bruges, en provenance du club familial flamand de Westerlo. Rarement ces dernières années, la Belgique aura vu éclore en son championnat footballeur plus technique, complet, doué que Nabil Dirar. Un talent de plus issu du football de rue. Rarement en peu d’occasions, un joueur aura été autant critiqué, hué par ses propres fans, détesté par les supporters adverses, ciblé par les arbitres. Irritant, surprenant, talentueux, changeant, imprévisible, déroutant, Nabil Dirar est un ailier droit, dribbleur pur sang. Aussi irrégulier dans ses prestations que constant dans ses frasques.

Un match en particulier résume sa carrière belge; la rencontre disputée avec le Club Bruges face au Standard de Liège, en novembre 2011. Sifflé tout le match par le bouillant public liégeois, il collectionne en 90 minutes une altercation avec le portier adverse Sinan Bolat, un but plein de technique, suivi de harangues provocatrices à l’encontre du public du Standard, d’un Bristol jaune et en apothéose d’une morsure à la Tyson infligée au bras de son vis-à-vis, Sébastien Pocognoli, qui échappe à la vigilance de l’arbitre. Un mélange de talent, de malice, de bêtise et toujours ce perpétuel complexe de joueur incompris, mal-aimé. Au vrai, rien ne prédestinait ce joueur à devenir professionnel.

Entre Gert Vereyhen et Ribéry ?

A ses débuts, l’histoire de Nabil Dirar, c’est celle de Franck Ribéry, de Franck le Ch’ti, en passant par Kaiser Franck, jusqu’à Franck la racaille. Au début, la saga du jeune talent du foot de rue, qui découvre le milieu pro sur le tard, fait rêver les fans. A 20 ans, le môme né à Casablanca émigré tout jeune en Belgique, se traine toujours sur les pelouses de 3e division, à Diegem. Il a du talent, mais les tactiques, les replis défensifs, les notions d’efficacité et les statistiques, il s’en balance. « C’est dans la rue que j’ai appris à jouer. Même quand j’évoluais à Diegem, en D3, j’étais tout le temps dans la rue ou dans une salle que mes copains et moi louions pour nous exercer. Je m’appliquais à inventer de nouvelles astuces techniques. Au début, je misais beaucoup sur ce don. J’adorais garder le ballon, créer le danger dans le camp adverse. C’est à Westerlo que j’ai appris qu’on jouait à onze » , confiait-il à la DH.

En Campine, les spécialistes décèlent chez le garçon des qualités évidentes. Il joue des deux pieds, est rapide, très technique et possède une frappe précise. Il rejoint le Club Bruges. Là, il occupe la même position, ailier droit, qu’une ancienne idole retraitée des Blauw and Zwart, l’international belge Gert Vereyhen. La comparaison s’effectue rapidement, même de manière inconsciente, dans l’esprit des fans. Dirar est pourtant tout l’opposé de l’ancienne locomotive du flanc droit de Bruges. Vereyhen était un travailleur, hargneux, volontaire, généreux, décisif, buteur flamand et par-dessus le marché, fidèle à son club de cœur. Dirar joue facile, est bourré de talent, dribbleur, nonchalant, il se soucie davantage du beau geste, du dribble parfait que de ses statistiques. Il avoue ouvertement que Bruges n’est qu’un tremplin pour lui, vers un club d’un niveau supérieur. Dès le départ, ça ne pouvait pas fonctionner avec les supporters flandriens.

Mais jusque-là, Dirar s'est surtout contenté de briller par ses péripéties. Celles survenus avec Bruges sont innombrables. En 2008, Dirar introduit une demande pour évoluer avec l’équipe nationale belge. Il explique sa décision : « Après un entretien téléphonique avec l’entraineur national belge, René Vandereycken, j’ai décidé de choisir la Belgique. Ma décision est définitive » . Pas de bol, sa demande est formulée trop tard et refusée par la FIFA. Il opte finalement pour les lions de l’Atlas. Des exemples ? Il n'y a qu'à se servir. En août 2009, il crache sur Yoni Buyens et écope dans la foulée de 2 matchs de suspension. En févier 2009, il s’épanche dans les médias et livre une critique à peine masquée de son coéquipier, le populaire Wesley Sonck. « Je sais qu’il y a une personne qui parle beaucoup sur moi et dans mon dos. Si je croise cette personne dans la rue, je peux vous assurer que je ne lui dirai pas bonjour mais je ne donnerai pas de nom. Il s’agit d’un joueur plus âgé » . Du coup, son propre public le siffle copieusement, dans la rencontre qui suit au Jan-Breydel Stadion. En mars 2011, Bruges le verse dans le noyau B. En cause ? Une violente altercation en plein match contre Courtrai, avec son coéquipier Vadis Odidja-Ofoe. Du coup, il quitte la pelouse, abandonne ses coéquipiers. Du tout grand « Malhabile » Dirar !

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«  Des conditions de vie agréables  »

Mais surprise cette saison, il livre la meilleure première partie de sa carrière, se montrant décisif à presque tous les matchs, avec 4 buts et 8 passes décisives, plus d’excellentes prestations en Europa League... « Le passage dans le noyau B m’a ouvert les yeux. J’ai vu à quel point les jeunes se battaient et s’entrainaient pour avoir leur place, qu’ils étaient vraiment très motivés. Et moi, à côté de ça, je voyais que j’étais en train de foirer ma carrière et perdre cette place que tout le monde convoitait. Je me suis dit alors qu’il fallait mordre sur ma chique et de nouveau montrer une bonne image » lâche Dirar sur le plateau de la RTBF. Avec la sélection marocaine, c’est « je t’aime, moi non plus » . Avant la CAN, Dirar déclare dans Het Nieuwsblad que « cela fait peu de différence pour moi si je suis sélectionné pour le Maroc ou pas. Je vis ici avec le Club de Bruges et c'est ce club qui me paie. Si je ne suis pas appelé, je serai heureux de rester dans mon club. Si je suis sélectionné par Gerets pour la Coupe d'Afrique et que je dois m'assoir dans les gradins, je préfère rester à Bruges » . Pour disputer la CAN avec le Maroc, Gerets lui préfèrera Mehdi Carcela.

Le mercato se pointe et Nabil décide de céder aux facilités financières de l'AS Monaco. Dirar s’emballe. Il boycotte le match de championnat contre Mons et met la pression sur son club. Quelques jours plus tard, le Marocain signe à sur le Rocher, dans un club classé 18e de Ligue 2. Évidement, il sort l’habituel baratin sur le choix sportif, le projet à long terme et tout le bordel. Sans omettre de clasher au passage les Boussoufa, Carcela et autre Legear partis empiler les biftons au Daguestan ou en Tchétchénie. « Sans vouloir blâmer quelqu’un, certains joueurs choisissent des équipes comme l’Anzhi ou encore Grozny. Eh bien alors, vous êtes mieux à Monaco, où ma femme, notre fille et moi allons avoir des conditions de vie agréables » . Le championnat belge perd l'un de ses (rares) artistes. La Ligue 2 récupère un joueur de 25 ans dans la force de l’âge, une machine à buzz au tempérament de feu. Son talent aurait mérité la Ligue 1. Son portefeuille en a décidé autrement.

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Par Adrien de Marneffe
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