Dijonnais sur l'herbe

A la trêve hivernale, le Dijon Football Côte-d'Or facture 19 points. Le club est, certes, à une longueur de la zone de relégation, mais les hommes de Patrice Carteron comptent déjà cinq victoires, soit le même total que leurs compères bordelais. Le parcours des Bourguignons est loin de s'apparenter à celui d'un promu habituel. A la surprise générale.

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On rembobine, jusqu'au 7 août 2011. Le championnat de France débute enfin après une interminable trêve estivale. Dijon accueille Rennes, pour le premier match de son histoire dans l'élite du football français. Le tout jeune promu veut faire bonne impression à Gaston Gérard, qui découvre les vertes pelouses de Ligue 1 pour la première fois. Malheureusement, son dépucelage se passe comme prévu, et les Dijonnais encaissent cinq pions face aux Bretons. Les joueurs étaient prévenus, les premières fois sont toujours douloureuses. Saigné par un Rennes euphorique, Dijon s'en souviendra. Et la France du foot commence - aussitôt - à sérieusement douter de la capacité du club à se maintenir cette saison, et plus encore à exister, en évitant une humiliation à la façon d'Arles-Avignon, avec ses 20 points, 24 défaites et sa différence de but de -49 lors de l'exercice passé.

Ce n'est pas la deuxième prestation de l'équipe de Patrice Carteron qui va rassurer... Défaite 2-0 à Toulouse. Mais la principale caractéristique qui ressort en cette mi-saison, c'est que Dijon a du cœur. Et leur saison se lance réellement le 20 août. Les Bourguignons accueillent Lorient. Un but de Grégory Thil en tout début de rencontre, et une merveille de retourné acrobatique de Brice Jovial à la toute fin auront raison des Bretons, qui ne l'ont pas vu venir. Le même Jovial inscrira le but victorieux contre l'autre promu, Evian-Thonon-Gaillard le match suivant.

L'exemple Corgnet

Deux victoires consécutives. Dijon commence à faire parler de lui, et les jeunes joueurs de son effectif font désormais partie des révélations de ce début de saison. En tête de liste, Benjamin Corgnet. Qui aurait pu imaginer que l'ancien pensionnaire de Ligue 2 pourrait prétendre à rejoindre un crack du football européen dès la trêve hivernale ? Peut-être Patrice Carteron. Le coach avait prévenu qu'il possédait dans son groupe une pépite, promis à un destin majuscule au sein du groupe France dans les mois à venir. Dragué sérieusement par l'Olympique Lyonnais, mais également par les cadors de Premier League tels que Newcastle, Chelsea et Liverpool, le joueur de 24 ans est LA révélation du championnat. Décisif, il est actuellement le troisième meilleur buteur de l'exercice 2011-2012 avec 7 buts, et devance d'une réalisation son coéquipier en attaque Brice Jovial, l'autre élément dijonnais qui réalise un opus de haute volée. Sans parler de l'ancien parisien Sankharé, qui semble revivre sous ses nouvelles couleurs, grattant un nombre de ballons impressionnant et gagnant beaucoup de duels. Au service du collectif, ces trois joueurs donnent des couleurs à la saison dijonnaise que l'on promettait terne et compliquée.

Les Bourguignons enchainent donc les belles prestations, face à Lyon et Marseille notamment, contre lesquels ils perdent à chaque fois d'un but, mais ne déméritent pas pour autant. Dijon montre du jeu, de l'envie, d'indéniables qualités et un courage qui commencent à donner une autre dimension au promu. Mais le gros coup est réalisé en Coupe de la Ligue : les Dijonnais battent le PSG qatari en huitièmes de finale le 26 octobre, après avoir été menés 2 à 0. Balèze. Performance que l'entraineur Patrice Carteron a qualifiée de « l'un des plus beaux exploits du club  » .

Objectif 44 points ?

Mais toutes ces belles prestations semblent un peu cache-misère. Le promu cumule à mi-chemin dix défaites, soit le même total qu'Ajaccio, bon dernier, et pointe à la 16e place du classement, à un point de la zone rouge, avec une différence de but défavorable de -15 déjà. Car Dijon encaisse beaucoup de buts (deuxième moins bonne défense de France derrière Ajaccio). Le jeune et talentueux Baptiste Reynet est l'un des gardiens les plus sollicités de Ligue 1, preuve de la perméabilité de l'arrière garde dijonnaise. Après une série de trois matchs sans défaite, les Dijonnais vont subir quatre revers consécutifs, et encaisser treize buts. Ils mettent fin à l'hémorragie et enchainent tout de même deux victoires, leurs dernières de la mi-saison. Contre Nancy, concurrent direct pour le maintien, et Bordeaux (concurrent direct pour le maintien ?). Pour enfin terminer par un match nul encourageant à l'Abbé-Deschamps contre Auxerre, le 21 décembre.

19 points donc, et plein de promesses à tenir début janvier. Dijon a prouvé qu'il ne méritait pas son statut en début de saison, et n'a pas enfilé le costume de petit Poucet qui paraissait pourtant taillé pour lui. Et de toute façon, c'est Ajaccio qui a endossé le rôle du promu condamné à galérer tout au long de la saison.
En gardant ses joueurs importants, et en faisant preuve d'autant de courage et d'abnégation, la Côte d'Or aura encore un représentant en Ligue 1 la saison prochaine. Même si la fin de championnat ne s'annonce pas rose pour un effectif relativement faible. Les Dijonnais peuvent également espérer que le nombre de points à atteindre pour se maintenir soit plus faible que la saison précédente, où Monaco était descendu malgré ses 44 points. Jouer et espérer, la recette d'une saison de promu réussie.


Par Arthur Scherer
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Il ne faudra pas 44 points, cette année le championnat est beaucoup moins serré.
Bonne chance à eux, ils se battent avec leurs qualités et tentent des choses, comme faire du jeu..
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