1. // L1 – J1 – Dijon/Rennes

Dijon, sauce samouraï

Quand on parlait maintien en Bourgogne, on pensait inévitablement à l'AJA de Guy Roux. Il faudra désormais aussi compter avec le DFCO de Patrice Carteron, avant-dernier budget de la L1 version 2011-2012, qui espère gagner d'autres batailles.

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Parfois la Ligue 2 envoie à l'étage supérieur des promus bancales, à l'image d'un Istres coté en Bourse avec un stade aussi mal pensé que Charléty ou d'une entente Arles-Avignon avec un président en Ray-Ban persuadé de trouver son salut dans un contingent de retraités grecs. Cette année, la montée de Dijon laisse beaucoup moins perplexe, même si l'épaisseur du budget (une vingtaine de millions d'euros, 19ème coffre-fort de L1) ne permet pas non plus de sauter au plafond. Mais cette promotion ressemble à tout sauf à un heureux accident.



Longtemps bouffé par les autres sports co' de la ville (le hand, le hockey sur glace et surtout le basket avec Chris Singleton, Laurent Bernard ou Laurent Sciarra, ça vous parle ?), le football dijonnais a décidé en 1998 d'unir deux de ses clubs pour espérer sortir de l'ombre de l'AJA Auxerre, porte-drapeau du foot bourguignon (désolé pour Montceau-les-Mines et Gueugnon). Le DFCO sort de la CFA en deux ans et confie en 2002 les clés de la maison à Rudi Garcia : « Le président Gnecchi m'avait confié le poste de manager général. Le projet m'avait séduit. Je devais professionnaliser le DFCO. On a tout fait en même temps, mais le plus important c'était de créer une ambition sportive, il fallait monter en Ligue 2, monter une bonne équipe. On a repensé le site des Poussots. On a créé une zone d'entraînement avec une salle vidéo, une salle de détente, une salle de musculation, des dégagements autour du terrain » rappelle l'actuel coach du LOSC champion de France. Aujourd'hui, le bébé va retrouver en L1 un de ses pères, même si Garcia « ne veut pas de récupération par rapport à ça. Autant, personnellement, avec 5 ans là-bas, ça m'a formé en tant qu'entraîneur, autant la montée en L1, je n'y suis pour rien. C'est le fruit du travail de Patrice Carteron, de l'équipe du moment, du président » .

Revoilà Matsui

Considéré dans le petit milieu de la même trempe qu'un Rudi Garcia, Patrice Carteron doit désormais stabiliser ce club dans l'élite et a opté pour un risque calculé : écarter certains artisans de la montée dont le niveau était jugé trop faible pour l'exigence requise en L1, accepter le départ vers l'Italie du serial buteur Ribas et faire appel à des connaisseurs de la L1 comme Meïté et Varrault, des jeunes formés en L1 sous-utilisés (Souprayen et Sankharé) et du revanchard comme Thil et Matsui. A l'opposé d'un Gourcuff qui préfère voir ses joueurs se plier à un schéma (442 en losange) quelles que soient les années, Carteron préfère lui s'adapter aux profils de joueurs qu'il a sous le coude. Si l'année dernière, le DFCO fonctionnait en 4231, la version 2012 s'appuiera a priori sur un 442 avec deux milieux plutôt récupérateurs-relayeurs, dont Benjamin Corgnet (paraît que c'est le crack de l'équipe), et deux offensifs plus excentrés. Pour l'instant, malgré ces modifications d'effectifs et d'animations tactiques, la mayo semble plutôt accepter le coup de fouet. Sur les six matches de préparation, les Bourguignons n'ont perdu qu'une seule fois, le tout premier contre Besançon début juillet (1-0) avant de taper Sochaux (4-2), le Benfica (2-1), Visé (2-0), des Qataris tout pourris (4-1) et Lausanne (4-1). Bref, pour emmagasiner de la confiance avant de se dépuceler en Ligue 1, on ne pouvait pas franchement faire beaucoup mieux.



Alors bien sûr, l'esprit guerrier sera de rigueur, comme pour n'importe quel promu afin d'espérer éviter l'ascenseur. En coulisses, en tout cas, on donne tout, dans la mesure du possible, pour permettre à Dijon de rester au bon étage et de ne pas foutre en l'air un projet de quinze ans. La Mairie, menée par le sénateur François Rebsamen, a investi 30 millions d'euros dans le stade Gaston-Gérard (17 000 places pour l'instant), qui pourra bientôt accueillir plus de monde qu'à l'Abbé-Deschamps (22 000 places espérées à l'horizon 2013). On parle quand même d'un stade qui a connu un concert de Bob Marley en 1980 et le trentième record du monde de Sergueï Bubka à la perche (6,11 m). Florent Malouda a aussi mis quelques billes dans le club, va essayer d'y placer quelques espoirs guyanais et on rêve sans trop se l'avouer de dépasser, un jour, l'AJA dans le paysage bourguignon. Côté histoire, il y a évidemment beaucoup de chemin à parcourir (gagner un titre de champion, une coupe de France, caler une bicyclette refusée de rouquin à nuque longue contre Dortmund, former un Eric Cantona) mais côté économique, le DFCO pourrait très bien rattraper plus vite que prévu son retard. « C'est un club, une ville, une région qui respire le sport. Et selon moi, il est tout à fait concevable de voir une ville de 150 000 habitants, une agglomération de 230 000 habitants accéder au plus haut niveau du football français. Le club phare de la région, jusqu'alors, c'était Auxerre. Dijon, ce n'est quand même pas la même puissance économique. Ça me paraît donc normal de pouvoir envisager ce club au-delà de la L2 » conclut Rudi Garcia. Une nouvelle bataille s'annonce : le club de la ville s'attaque au club des champs.

Ronan Boscher

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Ah! Ce cher Rudi Garcia! Il a fait un bien foo(t) au DFCO et Patrice Carteron suit sur cette lignée et je pourrai même parier sur un maintient acquis largement au-delà de la 17eme place!
Qui ne saute pas n'est pas Dijonnais! hè!
On va en bouffer des clubs j'peux vous le dire!! En commencant par Rennes, bien entendu...
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