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Difficile d'Ivoire clair

Le pachyderme ivoirien semblait avoir trouvé un bon équilibre avec Halilhodzic. Mais le braconnage a encore fait des siennes : une CAN décevante, des ministres toujours aussi envahissants, un entraîneur suédois en safari, sans parler du kamikaze japonais qui a bien failli rendre Drogba manchot. Le tout dans un groupe E plutôt casse-pipe...

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Octobre 2005. La Côte d'Ivoire d'Henri Michel gagne son ticket pour le Mondial teuton grâce aux guiboles fragiles du Camerounais Womé, incapable de scorer un penalty décisif contre l'Egypte dans les dernières secondes. La Côte d'Ivoire, en plein marasme politique, part disputer sa première Coupe du Monde. Mais la chance tourne vite. Le tirage au sort est salaud : Argentine, Pays-Bas et Serbie-Monténegro. La bande de Drogba ne passera pas le premier tour.

Pour l'édition 2010, les Ivoiriens ne doivent rien à la chance. Seule équipe invaincue de la zone Afrique, elle se qualifie en patron pour l'Afrique du Sud et compte bien cette fois-ci jouer les premiers rôles, sous la houlette du tendre Vahid Halilhodzic. Cette équipe a aujourd'hui plus de bouteilles et présente sur le papier un canevas plutôt séduisant : les deux Touré, Eboué, Zokora, Kalou, Drogba ou encore Gervinho.

Mais comme toujours dans le foot africain, il est bien plus simple de faire compliqué. Ok, pour le tirage au sort, ils n'y sont pour rien. 2 Décembre 2009, Charlize Theron et les deux coureurs Beckham et Gebreselassie sortent encore les mauvaises boules pour la Côte d'Ivoire : Brésil, Portugal et l'inattendue Corée du Nord. N'est pas l'Italie qui veut.

Sur le terrain en revanche, les Ivoiriens se mettent dans de sales draps sans rien demander à personne. La CAN en Angola cet hiver devait être la meilleure des préparations pour le Mondial sud-africain. Raté. Malgré un groupe rendu facile par l'éviction du Togo mitraillé à Cabinda, les Ivoiriens caleront inexplicablement contre l'Algérie en quarts de finale. Trop sûrs de leur fait sans doute, ils laisseront les Fennecs égaliser dans les dernière secondes de la partie, et les crucifier dans la prolongation (3-2).

La presse ivoirienne s'acharne sur ses Éléphants, tourne l'affaire au psychodrame : Vahid n'aurait finalement aucune autorité sur un groupe egotripé, Dieu Didier Drogba en tête. Les hautes sphères des ministères termineront le travail : Halilhodzic est salement éjecté. Comme au Nigéria avec Lägerback, un Suédois vient piger pour la sélection ivoirienne. Le looser-mercenaire Sven-Goran Eriksson ne connaît rien à l'Afrique mais accepte les 300 000 euros par mois...

Tactiquement, le Nordique ne change pas grand-chose au modèle de coach Vahid. La Côte d'Ivoire reste dans un 4-3-3 plutôt offensif avec le trident Kalou-Drogba-Gervinho devant. Les matches de préparation ne livrent pas de réels enseignements : défaite contre la Corée du Sud (0-2), nul contre le Paraguay (2-2) et victoire contre le Japon (2-0). L'équipe a toujours du mal à se dépasser et perd même l'espace de quelques heures son Dieu, le Jap' Tanaka fracassant le bras de Drogba. Là-encore, les ministres entrent dans la danse, encouragent l'opération et le rétablissement express de Didier, même s'il faut y mettre des vis, des poutrelles ou des boulons pour que le capitaine à 30 buts sous le maillot de Chelsea ne rate pas le premier Mondial sur le sol africain.

De quoi nous poser cette inlassable question sur cette sélection : n'est-elle pas la véritable arnaque de cette Coupe du Monde ? Franchement, on ne l'espère pas.

Ronan Boscher

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