Diego voyage

Un an et puis s'en va. Diego Ribas ne sera resté qu'une saison en Italie. Le voilà de retour, après le Werder Brême, en Allemagne et en toute logique, à Wolfsburg : après la ville de la Fiat, celle de Volkswagen.

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30 août 2009, deuxième match de la saison passée, AS Roma/Juventus Turin. Diego régale la chique, la Juve l'emporte trois buts à un chez les Romains. Le nouveau joueur de la Vieille Dame a gagné le match à lui tout seul, son second dans le calcio, et ainsi dissipé les doutes quant à sa capacité à reproduire ce qu'il faisait en Bundesliga, comme on l'écrivait alors. Mieux : « Si tout va bien, la Juve devrait l'emmener peut-être même jusqu'au Ballon d'Or, comme elle a la bonne habitude de le faire avec ses meneurs de jeu » . Depuis, du temps est passé, et on passe un peu pour des cons. Parce qu'entre-temps, Diego a connu une première saison médiocre, puis un départ, finalement inéluctable. Si Ciro Ferrera avait conquis le poste d'entraîneur de la Juve grâce à son projet de jeu, le trident avec Diego en meneur de jeu, il l'a ensuite perdu pour les mêmes raisons.

Aussi beau à voir jouer qu'il soit, aussi fin et poétique puisse-t-il être, aussi justes soient ses contrôles -et molles ses frappes-, Diego était au vrai trop juste pour le rôle, trop grand pour lui, de trequartista dans le calcio. Dans le rôle, il était crédible, sans doute parce qu'il avait la gueule de l'emploi, et le touché de balle idoine. D'ailleurs, on se dit que Diego paie la rançon de son succès : beau à voir jouer, il est surestimé. Car Ciro faisait confiance à son meneur, et tous les supporters bianconeri avec lui. Liant entre les lignes, jeu dans les intervalles, qualité sur coups de pied arrêtés, vista, buts, classe naturelle des Brésiliens blancs, Diego était censé beaucoup apporter à la Juve, et la Juve faire de lui ce qu'il devait être : l'un des plus exquis numéros dix du monde. C'est raté. Diego a souffert tout au long de l'année, à la fois de ses performances, mais aussi de celles de ses coéquipiers. Difficile d'enchaîner les passes décisives quand votre attaquant s'appelle Amauri, difficile de jouer libéré dans une équipe qui prend l'eau. Zidane, et même le roi Michel avaient connu des débuts difficiles à Turin, avant de se réaliser. Diego, lui, n'aura pas cette chance. Comme le dit Luciano Moggi : « Diego ? Un joueur qui fait des choses sympathiques » .

Son remplaçant au poste de directeur sportif de la Juve, Giuseppe Marotta, l'a d'abord quasi-immédiatement désigné comme transférable. Aucun club pouvant constituer une progression pour le Brésilien ne s'est pourtant manifesté. Au contraire, les acquéreurs potentiels étaient des clubs allemands, soit une forme de retour à la case départ pour Diego, acheté par la Juve au Werder Brême (pour 24 millions d'euros). Et puis Diego semblait ensuite, subséquemment à de convaincants matchs de préparation, pouvoir rester dans la Juve, sans dix, de Delneri, dans un nouveau rôle de neuf et demi. Sauf que pour ce rôle, justement, il y a meilleur que lui. Alors Diego s'en va, et c'est finalement Wolfsburg, la piste la plus chaude tout au long de l'été (on parlait notamment d'un échange avec Dzeko) qui a enlevé le morceau. Pour 15,5 millions. Plus 3 millions si jamais Wolfsburg se qualifie pour la Ligue des Champions. Soit. Au final, l'essentiel est sauf : la Juve n'aura pas perdu trop d'argent dans cette histoire, mais beaucoup d'illusions, et le rêve de régner sur l'Europe avec un meneur répondant au doux nom de Diego. De toute façon, Diego portait le 28 ; c'était mal barré d'avance.

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