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Diego Pérez, le dernier des Mohicans

Dernier rescapé de Ligue 1 dans ce Mondial sud-africain, l'Uruguayen Diego Perez incarne un modèle de joueur révolu. Un survivant, à plus d'un titre...

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« On se bat pour notre pays, mais surtout parce qu'on aime le foot » . Diego Pérez est comme ça. Un homme de devoir, droit et fier de ses origines. Le milieu de terrain de l'AS Monaco, surnommé “Le Russe” pour son teint d'enfant-lune et son style de bûcheron, est aujourd'hui le seul survivant du championnat français. Une consécration. Au sein d'une équipe défensive à souhait, l'ancien milieu de Penarol traverse sa coupe du monde avec son style besogneux et sa hargne caractéristique. Pas question pour lui de claquer des buts ou de se fendre de gestes techniques.

Diego est un milieu défensif. Sachant que défensif est le terme le plus important de sa fonction. Il détruit ce que les adversaires construisent. Il ratisse, gratte, commet des fautes, bref, il veille au grain. Car il le sait, son Uruguay n'a pas pas montré grand-chose depuis l'ouverture du Mondial. « Nous avons encore manqué de volume contre la Corée et le Ghana, mais nous grandissons ensemble » lâchait-il après la victoire contre le Ghana en quart de finale. C'est comme ça depuis le début de la compét', Perez fait tout à l'arrache. Contre la Corée, il obtient la note de 9 sur 10 dans le quotidien national El Pais. Un match de mammouth dans l'engagement. Déjà, au premier tour, il avait terminé le dernier match de poule avec la gueule en sang suite à un duel aérien avec un Mexicain. Trois points de suture à l'arcade plus tard, Diego souriait. Le sentiment du devoir accompli.

La pression de tout un peuple


Seul représentant non-européen encore en course, l'Uruguay n'avait plus été à pareille fête depuis quarante ans (quatrième en 1970). Forcément, le pays est en ébullition et les joueurs le savent. « Le plus dur, c'est de ne pas prêter attention aux festivités qui ont lieu en ce moment en Uruguay. Le coach nous a dit de nous méfier de ça. Je dois faire des efforts pour ne pas allumer la télé. Mais je sais que je pourrai savourer tout ça plus tard » , tançait Perez en conférence de presse peu après la victoire contre le Ghana. D'ailleurs, les primes du Mondial (104 000 euros par joueur) seront reversées à des associations caritatives. « Ce serait indécent dans un pays comme l'Uruguay, frappé par la crise. Il y a des problèmes plus importants au niveau national que celui de notre rémunération » . Ainsi parle DP, capitaine de vestiaire du sélectionneur Tabarez. Malgré une cinquantaine de caps, Perez dispute son premier Mondial, surement son dernier. A 30 ans, le Monégasque n'a pas toujours été un titulaire indiscutable en Principauté ni au sein de la Celeste.

Recruté par Didier Deschamps en 2004 (plus ancien joueur au club), Diego n'a jamais dépassé les trente matches joués dans la saison. Blessé, suspendu, victime de la concurrence, le gladiateur n'a jamais fait de bruit mais s'est imposé petit à petit comme un rouage essentiel de l'effectif. Un peu à l'image de sa place en sélection où les palmes médiatiques reviennent aux Forlan, Suarez et autre Cavani. Pourtant, il sert de baby-sitter aux petites merveilles du pays. En Afrique du Sud, il fait chambre commune avec Nicolas Lodeiro (22 ans) et lui apprend le métier, la vie et le vice. Une habitude. Le milieu travaille dans l'ombre avec une seule obsession, être à la hauteur. Histoire d'être encore le dernier représentant du championnat de France dimanche prochain...

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Un Diego sur-dimensionné ?
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