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Diego Costa, plus qu’une doublure

Revenu sur la pointe des pieds à l’Atlético, Diego Costa est en train de troquer son costume de remplaçant pour celui de titulaire en puissance. Un joli pied de nez à un début de carrière compliqué.

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Diego Costa. Ce nom ne vous dit peut être pas grand-chose. Une sorte de Traoré ou de Mendy, sauce lusitophone. Jusqu’ici, rien de vraiment très excitant. Pour se faire une petite idée de Diego da Silva Costa, de son patronyme complet, jetez un œil sur les dernières feuilles de match de l’Atlético Madrid. À plus d’une reprise – quatre exactement – cette appellation apparaîtra. Ses feuilles de statistiques des prémices 2012-2013 n’ont rien de fantastique. Un but pour quatre fois plus de sorties – et encore, ce fut contre le très modique Hapoel Tel Aviv en League Europa. Non, ce sont les performances sur le terrain, cette faculté à détraquer les défenses adverses, qui attirent l’attention. Car du haut de son mètre quatre vingt-six, le natif de Lagarto, pueblo brésilien, a réussi à mettre la hype Adrian sur le banc colchonero. Par là même, il devient le pendant du super goleador Falcao. À 23 printemps, la véloce et technique pointe – qui a déjà visité pas moins de huit fanions en six années européennes – s’apprête enfin à squatter le haut du panier.

Premier club à 16 ans

La carrière de footballeur, Diego Costa a bien failli ne jamais l’embrasser. Le môme qu’il était ne connaissait le ballon rond que par de petits jeux de « street » . Ainsi, il ne prend sa première licence qu’à l’âge de 16 ans. Pour porter le maillot du Barça. Enfin, du Barcelona Esportivo Capela, fanion de São Paulo. « Je jouais dans la rue, dans mon village, avec des gens plus grands, et jusqu’à ce que je parte à São Paulo, je n’ai jamais jouer, ni penser à jouer dans une équipe professionnelle » , décrivait-il en janvier 2010 au Pais. Deux étés passent, et Diego est contacté par le Vieux Continent : direction un pays proche, le Portugal. À Braga, il découvre un football moins spectaculaire. Et surtout, son équipe réserve. Alors, la même année, il est prêté un an durant à un écusson de seconde zone, le FC Penafiel. Treize matchs plus tard, les performances sont là. L’Atlético Madrid sent le bon coup, le recrute, puis le prête illico au même club de Braga. L’Espagne attendra, Vicente Calderón également.

Avant d’enfiler la camiseta rojiblanca, Diego suit une direction aléatoire. Ainsi, il part successivement au Celta (2007-2008), puis à Albacete (2008-2009), histoire de se faire les dents. Des passages mi-figue, mi-raisin, où le Brésilien fait autant valoir sa technique que son caractère. Qu’il a fort. À l’été 2009, cette fois pour de bon, il connaît un transfert pur et simple à Valladolid – il fait partie de la balance attirant le gardien Sergio Asenjo à Madrid. Une révélation : « Ici, il y a des gens avec de l’expérience. J’ai laissé beaucoup d’amis dans les autres clubs, mais il y a eu beaucoup de conflits et comme je suis un peu nerveux de ne pas contrôler ces choses… Les gens doivent savoir que, quand je suis arrivé en Espagne, je n’étais pas aussi bien dans ma tête. » À Valladolid, il retrouve « un capitaine qui aide beaucoup les jeunes » , et surtout de vraies attitudes d’attaquant. À tel point qu’à la fin de son unique saison chez ce futur relégué, l’Atlético fait valoir sa clause de rachat. Et bim, retour à l’envoyeur !

Le déclic du Rayo

Pour la première fois, Diego justifie, grâce à la confiance de Quique Sanchez Flores, sa venue chez les Rojiblancos. À la fin de la saison 2010-2011, il a l’occasion de planter six banderilles en 28 apparitions. Pas dégueu dans une équipe qui compte dans ses rangs des artilleurs de la trempe de Kun Agüero et Diego Forlán. Il se permet même un coup du chapeau à Osasuna – pour une victoire sur le fil 3-2. Bref, tout baigne pour le minot de 21 ans, et déjà six clubs ibères dans les guiboles. Sauf que patatras, à l’été 2011, il se blesse gravement au genou. Et doit subir les aléas d’une telle blessure : résultat des courses, une absence de plus de six mois. Irrémédiablement, lorsqu’il retrouve les prés de l’entraînement, le nouveau coach Simeone l’envoie parfaire sa rééducation vers un autre horizon. Enfin, pas si loin, puisqu’il se retrouve à Vallecas, à quelques encablures du Vicente Calderón. Au sein du Rayo Vallecano, il retrouve immédiatement la forme et le sens du but. Pour ses débuts, il plante quatre buts lors de ses premières 270 minutes. Au final, il prend une part prépondérante dans le maintien du Rayo.

Plus aguerri, plus mature, il reprend l’été dernier avec son proprio. Promis au banc de touche, car barré par une armada offensive (Adrian, Arda, Rodriguez, Falcao, Koke…), Diego Costa fait le taf en pré-saison. À tel point qu’El Cholo voit en lui plus qu’un simple remplaçant. À force de persévérance, et de talent, il prend petit à petit ses aises au sein de l’attaque des Colchoneros. À tel point qu’il se taille la part du lion : Simeone n’hésite plus à le placer en soutien de son franchise player Radamel Falcao. L’entente est incontestable, la mayonnaise prend. Face au Rayo Vallecano (succès 4-3), « une partie spéciale puisque je m’y suis fait beaucoup d’amis » , le garçon crève l’écran. Aucun but, mais une activité de tous les instants qui fait de lui l’homme du match. « Il a fêté ses galons de titulaire avec un très haut-niveau » , distingue Marca au lendemain de la performance, et le gratifie d’un 8/10 bien mérité. À nouveau en Europa League, puis face à Valladolid – encore et toujours ses amis – il se retrouve dans le onze maison. Avec un seul pion dans l’escarcelle, ce choix s’explique par l’altruisme de Diego : « Cela me donne beaucoup de joie de marquer, tout comme de faire une passe décisive. Beaucoup de gens me disent d’essayer de tout faire seul, mais si je vois un coéquipier mieux placé, je lui fais la passe. » Falcao approuve, et sait bien que Diego Costa est bien plus qu’une simple doublure.

Par Robin Delorme, à Madrid
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Quelle hype pour l'Atletico ce début de saison. Bon, en même temps, y'a de quoi.

Ceci dit, si je peux amener mon humble contribution à cet article :
- lusitophone : mot inexistant ; on parle de lusophones, Lusitanie étant le nom des peuplades avant colonisation romaine puis l'ancienne province romaine, soit le Portugal au sud du Douro.
- "6 clubs ibères" : je pinaille mais c'est inexact dans le contexte décrit par l'article. "Ibériques" est le mot adéquat car inclut l'ensemble de la péninsule. Les ibères sont une peuplade antique qui lorsque les lusitaniens peuplaient une tranche océanique de la péninsule, s'étendaient eux sur sa côte méditéranéenne, de la Catalogne jusqu'à l'Andalousie que nous connaissons actuellement.

Je crois que ça vaut le coup de souligner ces imperfections. A voir.
youpileyoupin Niveau : District
Hem69 tu as raison. Un peu de précision n'a jamais fait de mal à personne.
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