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Didier Deschamps, l'excès de sécurité ?

Didier Deschamps avait décidé de jouer la sécurité : un 4-2-3-1 que ses hommes connaissent bien, un Matuidi plus expérimenté à la place de Kanté, et un Sissoko meilleur défensivement que la perle Dembélé. Pour finalement perdre à la dernière seconde sur une erreur défensive de son joueur le plus fiable. Morale de l'histoire ?

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« À défaut de gagner ce match, on n'aurait pas dû le perdre. » À chaud, Didier Deschamps a plus ou moins admis sur TF1 qu'il se serait contenté d'un point en Suède. Les observateurs l'avaient normalement compris avec la titularisation de Moussa Sissoko à droite du 4-2-3-1, histoire d'équilibrer le couloir au lieu de lâcher le frein à main avec l'option Ousmane Dembélé. Quatorze points avant les grandes vacances et un match de gala contre l'Angleterre, trois d'avance sur la Suède, quatre sur les Pays-Bas, cela valait tout aussi bien que se découvrir pour aller chercher un matelas à six points. Le sélectionneur a presque eu raison jusqu'à la toute fin des arrêts de jeu, et une erreur de relance fatale d'Hugo Lloris. Une cagade inhabituelle du gardien de Tottenham qui, si elle n'incombe pas à la tactique, va exposer DD à la vindicte populaire pour des choix jugés douteux par les amateurs de beau jeu avant la rencontre.

Dembélé, fucking disgrace ?


En première ligne, Ousmane Dembélé. Virevoltant avec le Borussia Dortmund, efficace contre le Paraguay il y a quelques jours, l'ancien Rennais est resté sur le banc. Si la titularisation de Moussa Sissoko dégageait une certaine logique (histoire commune avec les Bleus, capacité à tenir son couloir, mental solide et générosité dans l'effort), la non-entrée de Dembélé va laisser des traces. Car au plus fort du second acte, quand les Français s'échinaient à centrer et à voir les ballons renvoyés par la charnière scandinave, les capacités de dribble et de percussion du natif de Vernon auraient sûrement permis de faire un peu plus mal à la défense suédoise. En perdant à la dernière seconde, en ayant également concédé l'égalisation à la toute fin de la première mi-temps, l'équipe de France a donc fait mentir la réputation de winner de son sélectionneur. Tout le monde va pouvoir dire qu'il a fait les mauvais choix. Stratégique : il aurait dû adopter un schéma plus offensif, quitte à concéder un peu de déséquilibre. Humain : il aurait dû opter pour l'immense N'Golo Kanté, à la place d'un Blaise Matuidi dont le sélectionneur adoube l'ancienneté et la complémentarité avec Paul Pogba.

La meilleure défense, c'est l'attaque ?


Ce soir, Didier Deschamps aura donc eu faux sur toute la ligne parce que - principalement - Hugo Lloris a foiré un dégagement et qu'un attaquant presque lambda de Ligue 1, Ola Toivonen, a réalisé le geste parfait à la toute fin du temps additionnel. Un sélectionneur à qui on pourra donc reprocher, si on va au bout de la logique, d'avoir titularisé Hugo Lloris, clairement coupable, Antoine Griezmann, clairement non influent, ou encore Dimitri Payet, lui aussi pas assez tranchant alors qu'Ousmane Dembélé aurait forcément fait mieux. Alors qu'avec un peu de bonne foi et de recul, tout le monde le reconnaîtra : sans la bévue de Lloris et un oubli de marquage de Benjamin Mendy, la France serait repartie de Solna avec trois points, un matelas de six points pour conforter sa première place, et un billet pour la Russie quasiment composté. Car l'équipe alignée par le sélectionneur n'a jamais vraiment été inquiétée, ou très peu. Elle avait fait le plus dur sur un bijou d'Olivier Giroud - autre source de levée de boucliers envers DD ces dernières semaines - et devait disposer de la Suède. Mais à trop vouloir se contenter du strict nécessaire - un match nul qui faisait plutôt bien ses affaires -, Didier Deschamps a finalement payé une erreur qu'il ne pouvait ni prévoir ni réparer. Une leçon à méditer ? Jouer l'offensive serait peut-être moins dangereux que viser un fragile équilibre. Didier Deschamps risque de méditer sur le sujet pendant l'été.

Par Nicolas Jucha
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