Diabaté : « Gagner la CAN, pourquoi pas »

Cheick Diabaté, c’est du solide ! Prêt à plier son mètre 94 pour une interview spéciale CAN, à laquelle il participera pour la première fois dès le 21 janvier, avec le Mali, l’attaquant des Girondins veut stopper le championnat de France, prendre du plaisir, taper le Sénégal après les poules, et surtout ne pas chambrer les autres.

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Cheick, comment prépares-tu la CAN ?

Ça arrive bientôt, mais il y a un match à faire avec Bordeaux à Saint-Étienne (32e de finale de la Coupe de France, samedi, ndlr), avant que je rentre au Mali. Donc, pour le moment, je me concentre sur ça. Je partirai le dimanche ou le lundi suivant… mais il est vrai que ça ne m’empêche pas de penser de temps en temps à la CAN !

Il te tarde d’accélérer un peu le temps, histoire d’y goûter plus vite ?

Disons que vu que c’est ma première fois, c’est un plaisir pour moi d’y participer. Et je me rappelle bien aussi, quand j’étais petit et que je voyais l’équipe du Mali à la télé, que la CAN était un grand plaisir pour moi, alors que je ne savais pas que j’allais devenir un joueur professionnel… et que j’allais pouvoir en disputer une, un jour, avec l’équipe nationale ! Aujourd’hui, j’ai la possibilité de le faire pour mon pays… Mais d’un autre côté, malheureusement, on ne peut pas tout faire à la fois, et le fait que Bordeaux joue lorsque je ne suis pas là m’embête un peu !

Mais ça, c’est le lot de tous les internationaux africains…

Oui, mais si j’avais eu la possibilité, j’aurais demandé à la Ligue d’arrêter le championnat de France pour le moment, le temps que je revienne du Mali !

Tu disais que c’était un grand plaisir d’être sélectionné, mais est-ce que cela ne fait pas appel à d’autres sentiments chez les Maliens ?

Si, c’est une fierté pour nous, parce qu’au Mali, on a aujourd’hui beaucoup de joueurs, dont un grand nombre qui aimerait être à notre place. Puis, pour la famille, aussi. Et si on arrive à y faire quelque chose, ce serait bien mieux.

En revanche, n’est-il pas trop difficile de prétendre à une place de titulaire en sélection, lorsque l’on ne joue pas régulièrement en club ?

Franchement, quand je travaille et que je m’entraîne, à chaque fois, c’est pour être titulaire. Un attaquant, ce n’est pas comme un gardien de but ou défenseur, parce que ça change beaucoup… Et dans tous les matches que j’ai faits avec le Mali, j’ai essayé de donner le maximum. J’espère être titulaire avec mon pays et avec Bordeaux aussi, quand je reviendrai. Ce que je veux, c’est avancer, tout simplement.

Le Mali se trouve dans le Groupe D, celui du Ghana, du Botswana et de la Guinée. Peux-tu nous détailler tous ces adversaires ?

Alors, le Botswana, je ne connais pas, donc je ne peux pas en dire grand-chose ! La Guinée, c’est un pays qui se trouve à côté du Mali… Et je pense que c’est un peu le même football. Et vu que c’est un pays voisin, tout le monde voudra assurer. Pour le Ghana, c’est différent car ce n’est pas du tout le même football. D’après ce que j’en entends par les gens, ça ressemble au football anglophone (sic)… La Guinée, c’est plus francophone, soit plus technique, tandis que les Ghanéens usent de ballons longs, à l’anglaise !

Le Mali peut-il être considéré comme favori de la compétition ?

Je pense qu’en fait, à l’image de ce qu’il se passe en France avec les Coupes de France et de la Ligue, tout le monde peut gagner la CAN. On voit des formations de Ligue 2 qui peuvent aller loin… ça me fait penser à ce qu’il s’est passé en 2002 lors de la Coupe du Monde, quand le Sénégal a battu la France : on n’avait pas imaginé ça. Mais c’est la coupe, tout peut arriver. Si l’on joue bien, pourquoi pas. Avec un peu de chance aussi, on pourrait y faire quelque chose.

Le premier match, c’est Mali-Guinée, donc ce sera dur d’entrée ?

Oui, sachant qu’en plus, j’ai de la famille qui habite là-bas… Ce sera un derby, c’est sûr !

Comment se passe la collaboration avec Alain Giresse, le sélectionneur ?

Ça se passe très bien. On a joué les éliminatoires avec lui et on s’est qualifiés ; on aimerait bien qu’il reste avec nous parce qu’on a commencé ensemble et qu’il vaut mieux terminer ensemble ! Personnellement, quand je suis avec lui, j’ai l’impression que je suis à Bordeaux, car on en parle souvent. Quand je suis au Mali, Bordeaux me manque un peu, donc ça me permet d’être bien.

Avec Francis Gillot, le staff ou d’autres joueurs, vous parlez de la CAN ?

Là, on prépare la Coupe de France, donc, comme je le disais, on est concentrés là-dessus. Forcément, l’entraîneur doit plus s’inquiéter de Bordeaux que de la CAN, mais sa porte est ouverte. On peut aller le voir quand on veut, et quand on a besoin, on peut parler avec lui.

Y-a-t-il un peu de « chambrage » avec les autres Africains évoluant en France ?

Comme on ne sait pas comment ça va se passer, moi, j’aime mieux attendre ! Je verrai si l’on tombe, après, contre le Sénégal et si l’on gagne… Comme ça, je pourrai dire quelque chose à Lamine (Sané, coéquipier à Bordeaux, ndlr) ! (Rires) Sinon, je ne chambre pas trop qui que ce soit… De plus, je ne connais pas encore la sélection définitive du Mali, ni celle des autres.

La CAN tombe en plein mercato ; par conséquent, que comptes-tu faire concernant ton avenir en club ?

C’est une très bonne question… Comme je me sens très bien à Bordeaux, et que j’ai la chance d’avoir un entraîneur comme Francis Gillot, qui a déjà entraîné plusieurs Maliens tels que Seydou Keita, Adama Coulibaly ou Abdou Traoré, avec lesquels je parle beaucoup de lui en sélection, être ici et avec lui est aussi un très grand plaisir pour moi. Donc, je suis à Bordeaux et mon objectif pour le moment n’est pas de partir comme ça. Si je pars un jour, ce sera après avoir fait de bonnes choses ici, pour remercier les gens et remercier Bordeaux… Non, je ne partirai pas comme ça ! J’ai encore beaucoup de choses à faire ici avant de partir. Je suis là, tout va bien !

On te souhaite donc une bonne CAN…

Oui, et quand on rencontrera le Sénégal, je vous appellerai pour qu’on joue à douze contre eux, parce que ce ne sera pas facile, vu qu’en face il y a Diawara, Mangane, Niang et… Sow !

Propos recueillis par Laurent Brun, à Bordeaux
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