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Di Stéfano, un Clásico sans ballon

Avant de devenir l’emblème du Real Madrid, Alfredo Di Stéfano a été, quelques mois durant, un joueur du FC Barcelone. Entre mythologie franquiste et errements de la direction blaugrana, la Saeta Rubia a finalement atterri chez l’ennemi merengue. Retour sur un imbroglio légendaire.

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À l’aube des années 50, le Real Madrid n’a rien du mastodonte qui s’apprête à dominer outrageusement le football continental. Les titres peinent à garnir l’armoire à trophées du vieux Chamartin, tandis que le rival blaugrana s’éclate et jouit du potentiel quasi sans limite de sa pointe hongroise. Un László Kubala qui, après une intégration ultra-sonique au ballon rond ibère, connaît une tuile médicale qui, à coups de ricochets, va pousser Alfredo Di Stéfano dans les bras de l’ennemi héréditaire de Castille. « Le Barça écrasait tout sur la scène nationale, alors que le Real n’avait remporté qu’une Liga depuis 1933 » , rembobine Jordi Finestres, auteur catalan du livre El caso Di Stéfano. « Un Barça avec Kubala et Di Stéfano faisait très peur à l’Espagne centraliste et franquiste de l’époque. » Cette vision, largement répandue dans les mémoires barcelonaises, veut que le pouvoir en place ait empêché le FC Barcelone, pourtant premier acquéreur des droits de la Saeta Rubia, de lui faire porter la liquette azulgrana. La réalité, elle, est bien plus floue. Car entre tâtonnements de la direction du FCB et coups de bluff de Santiago Bernabéu, le transfert de Di Stéfano relève plus de l’amateurisme de l’époque.

De l’Argentine à Madrid, en passant par la Colombie


En 1948, la situation du football argentin renvoie des airs de conflit social. Pour sûr, les joueurs professionnels viennent de déclarer la grève, ce à quoi les directeurs de club répondent par une formule étrange : les joueurs deviennent supporters, et les supporters des joueurs. Une situation rocambolesque qui presse la star de River Plate à prendre ses cliques et ses claques en direction de la Colombie. Un pays voisin qui, a contrario de l’Argentine, vient de créer un nouveau championnat à coups de millions de dollars et de pesetas. Quatre ans plus tard, alors qu’il évolue sous les couleurs des Millonarios - non reconnus par la FIFA -, Di Stéfano est repéré par la direction blaugrana à l’occasion d’une rencontre amicale face… au Real Madrid. Là encore, un énième problème pointe le bout de son nez : « À l’occasion d’un déplacement au Chili avec l’équipe colombienne, Di Stéfano en profite pour faire un crochet par Buenos Aires. Cette fois, il décide de ne pas retourner avec les Millonarios et s’expose à de nouveaux soucis contractuels » , expose Alfredo Relaño, rédacteur en chef de As et historien du football d’outre-Pyrénées.

Du côté de la Ciudad Condal - surnom de Barcelone -, la détection d’une infection pulmonaire chez Kubala plonge le FCB dans la sinistrose. Seul le transfert d’Alfredo Di Stéfano peut alors le sortir de ce marasme. De fait, le président du Barça, Enrique Marti, presse son secrétaire technique, José Samitier, de trouver un accord entre le joueur, River Plate et les Millonarios. Alors qu’un terrain d’entente est rapidement trouvé avec le fanion argentin, les Colombiens se révèlent de terribles négociateurs et mettent du plomb dans l’aile au transfert - ils demandent un chèque de 27 000 dollars. « Le Barça est prêt à avoir Alfredo Di Stéfano toute une saison sans jouer » , rétorque alors Enrique Marti qui, sans les droits du joueur pour l’année 1954, espère voir son chouchou débuter dès le 1er janvier 1955 au stade des Corts. À l’été 1953, Alfredo Di Stéfano s’envole donc vers la côte méditerranéenne sans l’assurance de pouvoir jouer la moindre minute officielle avant un an et demi. « C’est alors qu’Alvaro Bustamante, vice-président madridista, décolle pour Bogota et verse les 27 000 dollars au club des Millonarios » , éclaire Alfredo Relaño.

« Une humiliation par le Barcelonismo »


S’ensuit alors un imbroglio monstre, le Real disposant des droits de la Saeta Rubia jusqu’au dernier jour de 1954, tandis que le Barça prend la main à partir de 1955. Alfredo Relaño, toujours : « C’est d’ailleurs de cette situation qu’a découlé la légende selon laquelle Franco avait proposé aux deux clubs que Di Stéfano joue une saison pour l’un, puis l’une saison pour l’autre. » Reste que la Fédération propose effectivement aux deux clubs de s’échanger, d’une saison à l’autre, le joueur. Une situation qui ne perdure que quelques semaines, le temps suffisant pour que le Barça décide de céder définitivement ses parts à l’ennemi éternel. « Cela a été vécu comme une humiliation par le Barcelonismo » , relate Jordi Finestres. Pour son homologue madrilène, « c’est un sujet très compliqué » : « C’est très difficile d’affirmer que le Barça a acheté Di Stéfano à son propriétaire légal, River Plate, et que Franco a décidé qu’il jouerait au Real Madrid. » Quoi qu’il en soit, les coups de bluff de Santiago Bernabéu permettent aux Merengues de profiter, onze ans durant, des exploits répétés d’une Saeta Rubia qui commence à réécrire l’histoire du football continental en s’octroyant les cinq premières Coupes d’Europe de l’histoire. En costaud.

Par Robin Delorme
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O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Des spécialistes du foot argentin pour nous expliquer les tenants et aboutissants de cette fameuse "crise" de 48 ?

La question qui me taraude c'est : a t elle été instrumentalisée en vue de créer une diaspora des talents vers le vieux continent ?

Quand on voit comment le grand football danubien a été chirurgicalement démantelé, le doute est permis.
Un imbroglio qui ne sera pas dénoué par cet article.

La question primordiale reste posée : Est-ce le méchantissime Franco qui est derrière tout ça ou pas?

Ce sont les dirigeants du Barça qui ont fauter à l'époque en prenant par dessus la jambe le problème. Avec un peu plus de sérieux (Franco ou pas il n'a rien à voir là-dedans) le Barça aurait connu un tandem Kubala/Di Stefano
souzadeoliveira Niveau : Ligue 2
Je te rejoins wallotexas quand tu dis que l'on est surtout originaire du "quartier" où l'on vit.
L'Histoire de l'humanité à été un tel brassage ethnique que le sang qui coule dans nos veines doit être un véritable bordel géographique, un immigré syrien peut parfois être plus français que le premier breton venu.

Par contre pour ce qui est de l'origine footballistique, à mes yeux on est originaire du pays où on a été formé au maniement du ballon, donc dans le cas présent Di Stefano est pour moi bel et bien argentin comme Diego Costa est brésilien.
Pour le coup je trouve les naturalisations malhonnêtes dans le sport, se retrouver avec un Qatar finaliste du dernier mondial de hand avec une majorité de naturalisés, ce n'est pas juste.
Euh ouais enfin t'es au courant que l'être humain évolue tout au long de sa vie ou pas ?
C'est pas parce que t'as été formé 5 ans en Argentine que t'es plus argentin qu'Espagnol alors que t'as joué la majorité de ta carrière la bas.
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