Destins tragiques et emballement médiatique

Julien Quemener, Yann L. Deux membres du Kop de Boulogne, deux destins tragiques. Dans les deux cas, un emballement médiatique immédiat relativement loin de la réalité. Analyse.

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C'était un soir de novembre 2006. Le 23, précisément. À l'époque, déjà, le PSG perdait ses matchs importants. Ce jeudi-là, c'était Coupe d'Europe, et c'était l'Hapoel Tel Aviv qui ne faisait qu'une bouchée des Parisiens. À la fin du match, des affrontements éclatent. Julien Quemener, supporter rouge et bleu et habitué de la tribune Boulogne est tué d'une balle tirée par Antoine Granomort, employé à la police régionale des transports, alors que le policier « tentait de mettre fin à un lynchage » .



Dès le lendemain, les médias et les politiques s'emparent de l'affaire. Jean-Claude Marin, procureur de la République, affirme mordicus « qu'il y a eu légitime défense » et vante les mérites de Granomort. Quant à Julien Quemener, il devient le bouc émissaire numéro 1. Supporter du PSG, membre de la tribune Boulogne, les médias en font un hooligan aux tendances politiques douteuses. Les circonstances du drame ne laissent aucune chance à l'image médiatique de Julien Quemener. Trop pour le jeune homme qui endosse un rôle idoine. Celui du méchant. Du nazi.



Quelques jours plus tard, on apprendra que le policier, âgé de 32 ans, est par ailleurs inculpé pour "dénonciation d'infractions imaginaires" et "escroquerie" pour avoir déclaré en 2004 avoir été victime d'un enlèvement, d'une séquestration et d'un viol. En 2009, l'enquête rebondit. La version du policier est contredite par le rapport médico-légal ainsi que la thèse de la légitime défense par le rapport d'expertise balistique et criminalistique. L'enquête est toujours en cours. Au milieu des nombreux doutes qui subsistent, une chose semble toutefois certaine : Julien Quemener n'était pas ce hooligan assoiffé de sang qu'ont présenté sans aucune retenue les médias dans les jours qui ont suivi les faits. Il avait tout simplement le tort d'avoir la tête de l'emploi.



28 février 2010. À la suite des affrontements entre supporters parisiens, Yann L, habitué de la tribune Boulogne et membre de la Casual Firm, est grièvement blessé. À l'heure actuelle, il est toujours dans le coma artificiel. Le lendemain, les médias affirment que son agression s'est produite alors qu'il sortait d'un bar avec des amis; qu'il était réputé pour jouer l'apaisement entre les deux tribunes ; qu'il était un homme tranquille, victime de la barbarie de jeunes « issus des cités » qui peuplent la tribune Auteuil. Le racisme anti-blanc est à demi-mots avancé dans certains journaux.



Il semblerait que les médias soient encore allés trop vite. Si Julien Quemener n'était sans doute pas un nazi, Yann L. n'est vraisemblablement pas l'homme calme et pacificateur qui est décrit. D'abord, il parait tout simplement impossible qu'il ait pu sortir d'un bar à l'endroit où il s'est fait agresser, puisque la vente d'alcool était interdite dans un important périmètre délimité : le bar le plus proche du lieu de son agression se trouvait ainsi à 400 mètres environ. Ensuite, Yann L. aurait participé à la charge contre la tribune Auteuil : de très nombreux témoins l'auraient aperçu, en première ligne. Rien d'étonnant pour un homme qui, contrairement à Julien Quemener, est connu de la mouvance hooligan parisienne en tant que membre de la Casual Firm. La Casual Firm ? L'élite des bagarreurs parisiens, la crème de la crème, dont la réputation, en France et en Europe, n'est plus à faire. Déjà en 2003, à Auxerre, Yann aurait été vu en train chasser des membres d'Auteuil du parcage visiteur.



Pour Julien Q., les médias ont immédiatement présenté une version arrêtée des faits, avant que le travail des enquêteurs, toujours en cours, ne vienne la démentir. L'enquête liée aux incidents du 28 février ne fait que commencer...




Jean-Paul Merthod et Gilles Collin-Dumont

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C'est bien simple.

Un mec se fait buter par un keuf, l'état, c'est forcément un facho, légitime défense, acte de rébellion et terrorisme.
Un mec tabasse des noirs et des arabes, c'est une victime.

CQFD

Bienvenu en France.
Peut etre que Julien Quemener n'était pas un nazi potenté comme l'ont affirmé tous les médias à l'époque ... Mais que faisait il là le soir de sa mort ?? Pourquoi s'en est-il pris à ces 3 jeunes juifs ( si ma mémoire est bonne ) ... Sans l'intervention d'Antoine Granemort(?) n'est-on pas en droit de penser qu'il y aurait quand meme eu un mort, mais un mort "innocent" ??
Voilà, même si l'intervention de ce policier au passé trouble ne s'est pas déroulée dans les règles de l'art et même si je pense qu'il aurait pu éviter de tuer Julien Quemener ... c'est le seul représentant de l'ordre a etre intervenu alors qu'un drame allait se produire, que faisaient ses " collègues" pendant ce temps là ?? Il me semble que c'est la vrai question à se poser à propos de cette soirée ...

Votre article me semble un peu trop condescendant vis à vis d'une personne qui participait tout de même à un lynchage collectif ...
Pour avoir assisté aux incidents de dimanche je confirme qu'il etait bien dans le groupe de barbares du KOB qui sont venus faire une ratonnade en bas de la tribune auteuil, pret à fracasser tout ce qui leurs semblait un peu foncé de peau...
Le traitement médiatique qui à été fait de cet incident, notamment dans Le Parisien, est tout à fait scandaleu on à fait passer les agressés pour les agresseurs...
J'en suis à me demander si ce n'est pas volontaire, en tout cas une chose est sure l'omerta sur le comportement de certain nazillons du KOB est toujours bien présente...
Votre compassion envers Julien Q est complètement déplacée.

Ce si gentil garçon, qui avait seulement " le tort d'avoir la tête de l'emploi" participait à un lynchage, à 15 contre 2.

Bel exemple de lâcheté. Choisissez de meilleurs martyrs à l'avenir.
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