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Des marteaux à la masse

Duel des extrêmes ce samedi en 1st League avec le derby londonien West Ham - Chelsea. Poursuivis par la poisse, les Hammers ne devraient pas faire le poids face aux Blues.

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Il aura suffi de seulement trois journées de championnat en Premier League pour juger du niveau actuel de l'imprévisible club de West Ham United : faible. Trois journées pour pronostiquer sans prendre trop de risques sur ses chances de maintien en fin de saison : faibles. Trois journées, vous vous direz, c'est tout de même trop peu pour dresser de tels bilans et faire de telles prédictions. Oui mais là, non. Voir le West Ham des trois premières journées se mettre à produire du beau jeu et à enchaîner les résultats positifs dans les semaines à venir semble aussi improbable qu'apprendre qu'Eric Besson cache des Roms dans son jardin ou que Dieudonné révèle qu'il est un agent du Mossad.


Il s'est passé quoi, durant ces trois journées ? Les Hammers ont d'abord pris une rouste 3-0 sur le terrain d'Aston Villa, puis ils se sont fait gifler 3-1 par l'affreux Bolton à Boleyn Ground avant de se faire entarter 3-0 par MU. Un but pour, neuf contre. Et encore, si la poisse ne durait que depuis trois journées... La vérité, c'est que ça fait des mois que ce club pourtant si attachant, chargé d'Histoire(s) et de passion, traine sa misère. Voyez par exemple : en 2008, le pays dont l'économie va le plus pâtir de la crise financière est l'Islande. De quelle improbable nationalité est l'homme d'affaires propriétaire de West Ham à l'époque ? Islandais, évidemment. Du coup, quand le club change de main début 2010, le nouveau propriétaire annonce 120 millions d'euros de dettes cumulées. Un nouveau propriétaire, David Sullivan qui, pour la petite histoire, a fait fortune dans le porno.



La fausse piste Beckham



Au printemps, les Hammers parviennent tout juste à se maintenir dans l'élite, terminant premiers non relégables. Le Larry Flint gallois commence à faire le malin en annonçant vouloir chambouler un effectif qui ne lui convient guère. L'initiative peut se justifier, sauf que pas de bol, il y a des trous dans la caisse et le marché est atone. Il commence par virer Gianfranco Zola du banc pour le remplacer par Avram Grant. Jusqu'ici pourquoi pas, c'est ensuite que ça se complique. Il a en tête de faire venir Beckham (avec dans l'idée qu'il serve d'ambassadeur à son projet de récupérer le stade olympique après les JO de 2012), mais le Spice Boy refuse. Idem avec Thierry Henry. Les vents se multiplient, le mercato prend des airs de tempête tropicale. Seront ainsi annoncés à Upton Park, sans suite, Ryan Babel, Joe Cole, Martin Petrov, Laurent Bonnart, Sidney Govou, Kevin Gameiro, Loïc Rémy, Siaka Tiéné, Stéphane Sessegnon, Robbie Keane, Gyan Asamoah, Juan-Roman Riquelme, liste non exhaustive.


La plupart du temps, les joueurs refusent de venir, le reste du temps le transfert capote, dans des circonstances parfois invraisemblables. C'est d'abord l'espoir serbe de l'Ajax Miralem Sulejmani qui est d'accord pour venir en prêt, mais à qui on refuse d'accorder un permis de travail. Puis c'est la venue du buteur de City Felipe Caicedo qui est interdite au dernier moment, Avram Grant faisant dans le même temps le forcing pour faire venir Anthony Vanden Borre du Genoa, soit un prêt de trop, Tal Ben Haïm, de Portsmouth ayant préalablement déjà été prêté (pour la petite histoire, Vanden Borre n'a pas non plus rejoint Upton Park...). Enfin, c'est l'extrême loser Jérémie Aliadière qui, à l'essai ces derniers jours, se blesse aux ligaments croisés.



Défense gruyère, attaque famélique



Dans le même temps, West Ham dégraisse, faisant notamment partir assez inexplicablement son attaquant italien Alessandro Diamanti, pourtant très apprécié des fans.


Résultat, l'effectif actuel est loin, bien loin des desseins originels et ambitieux de son président. Dans les cages, on retrouve Robert Green, le sauveur de la saison dernière, traumatisé par son Mondial catastrophique. Devant lui, le Néo-Zélandais Winston Reid et le Danois Lars Jacobsen sont venus renforcer une défense gruyère (à choisir parmi Upson, Spector, Tomkins, Gabbidon et Ilunga). En attaque, c'est famélique avec seulement Carlton Cole et Fred Piquionne comme recours (ne pas compter sur Benny Mc Carthy, qui a dernièrement été menacé de licenciement s'il ne perdait pas ses kilos en trop). Seul le milieu de terrain semble au niveau de la Premier League, avec notamment Scott Parker (qui a bien failli partir à Tottenham), Mark Noble, Julien Faubert (eh oui !), Valon Behrami et le petit nouveau Pablo Barrera, révélé avec le Mexique au Mondial sud-africain.


A moins d'un improbable miracle, on voit mal comment cette équipe pourrait récupérer ses premiers points contre l'impressionnante armada de Chelsea, même avec l'expérimenté Avram Grant aux commandes. Avram Grant, qui sort tout juste d'une saison calvaire avec Portsmouth et qui semble déjà contraint de devoir galérer une nouvelle fois dans les bas-fonds de la Premier League. Masochiste, va.

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