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Des Diables si tendres

Les Diables Rouges, qui affrontent ce soir l'Allemagne à Bruxelles, tardent à revenir sur le devant de la scène, avec une génération talentueuse qui ne parvient pas à confirmer.

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Nation incontournable du football des années 80, la Belgique a sans aucun doute été la grande perdante de la révolution post-arrêt Bosman. Son championnat national a perdu énormément de valeur et la sélection a progressivement disparu des grandes compétitions (malgré un bref soubresaut en 2002 et un 8e de finale obtenu lors du Mondial asiatique). Le pire est atteint il y a deux ans quand les Diables Rouges tombent au-delà de la 70e place au classement FIFA. Les observateurs croient pourtant déceler des signes d'espoir, avec l'apparition d'une nouvelle génération de jeunes joueurs prometteurs, dont certains participent au beau parcours de la sélection espoir à l'Euro 2007 (demi-finale).

Des exemples ? Marouane Fellaini, qui fait les beaux jours d'Everton, Thomas Vermaelen, pilier de la défense d'Arsenal, Vincent Kompany qui a fait son trou au sein de l'armada de Manchester City ou encore Eden Hazard, double meilleur espoir de L1 avec le LOSC. Des plus anciens réalisent également une belle carrière, tels Daniel Van Buyten et Timmy Simmons en Bundesliga ou le gardien Jean-François Gillet en Serie A. Et puis de grands espoirs ont récemment fait parler d'eux en Jupiler League : le prodige de 17 ans Romelu Lukaku, le milieu polyvalent Axel Witsel, les attaquants Christian Benteke et Jelle Vossen... Tous ces jeunots sont pistés par des grands clubs d'Europe. D'ailleurs, la sélection espoir n'a-t-elle pas récemment fait des misères aux Bleuets ?

Advocaat le déserteur

Alors ? Alors oui, sur le papier, la sélection belge semble disposer d'un réservoir suffisamment conséquent pour constituer un onze compétitif et revenir sur le devant de la scène. Sauf qu'en pratique, c'est loin d'être gagné. Les raisons sont multiples et font débat. La première d'entre elles, c'est la difficulté à trouver un bon sélectionneur. Depuis Robert Waseige en 2002, les déceptions se succèdent, avec notamment le mandat de René Vandereycken, surnommé le "Domenech belge", entre 2005 et 2009. A sa suite, la fédération pensait avoir fait le bon choix en enrôlant Dick Advocaat, mais celui-ci n'a jamais semblé s'impliquer dans ce nouveau projet. En décembre dernier, il demande –et obtient– la permission de cumuler sa fonction avec celle d'entraîneur de l'AZ Alkmaar. Puis en avril, il accepte le pont d'or que lui propose la Russie et rompt son contrat. Fureur des instances belges, contraintes de s'en remettre à un vieux de la vieille : Georges Leekens, qui avait déjà occupé le poste à la fin des années 90. Un choix qui laisse sceptique.

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Une autre raison avancée par les supporters belges : le peu de motivation de certains joueurs actuels pour la sélection nationale et le désamour du maillot. Un débat sensiblement similaire à celui qu'on connaît en France avec certains joueurs internationaux. Les soi-disant cadres des Diables Rouges auraient tendance à jouer nettement moins bien avec la tunique nationale qu'avec celle de leur club. Fellaini, Kompany, Van Buyten ou le capitaine Vermaelen seraient particulièrement visés par cette critique. Depuis Marc Wilmots, la Belgique se cherche un leader qui pourrait donner de l'entrain à une sélection qui se complait dans la spirale négative qu'elle connaît depuis huit ans.

Des ados en attaque

Troisième raison : les clés de la sélection semblent avoir été trop vite données à la jeune et prometteuse génération, celle des Fellaini, Kompany & co. D'ailleurs, certains membres de cette génération ont du mal à confirmer. Citons par exemple Anthony Vanden Borre, Kevin Mirallas, Tom De Mul ou Sébastien Pocognoli. Passer des espoirs à la sélection A n'est pas aisé et peut-être les a-t-on trop surestimés ? Ou pas assez soutenus ? Toujours est-il que le phénomène pourrait bien se répéter une nouvelle fois, puisque la ligne d'attaque appelée à l'origine pour disputer la double confrontation contre l'Allemagne et la Turquie n'avait pas 20 ans de moyenne d'âge. Depuis, Dembélé, 23 ans, et Haroun, 24, ont été convoqués pour pallier des blessures.

Les blessures, ou la malchance, c'est d'ailleurs la dernière raison qui fait que la Belgique devrait une nouvelle fois être en difficulté, du moins à court terme. Leekens doit en effet composer avec une cascade de forfaits et d'incertitudes : Proto, Lombaerts, Van Damme, Legear sont out, Vermaelen et Dembélé incertains. Il avait pourtant érigé la stabilité en objectif prioritaire. La stabilité et tout ce qui en découle : trouver des automatismes, un projet de jeu, un système tactique. La double confrontation face à l'Allemagne ce soir puis en Turquie mardi semble donc arriver au mauvais moment.

L'équipe possible : Bailly (Mönchengladbach), Alerweireld (Ajax), Van Buyten (Bayern), Kompany (Man. City), Vermaelen (Arsenal), Fellaini (Everton), Simmons (Nuremberg), Vertonghen (Ajax), Hazard (LOSC), Lukaku (Anderlecht), Dembélé (Fulham).

Régis Delanoë


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