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Des Bleus sans surprise

Laurent Blanc a dévoilé une liste sans surprise pour le match amical face au Chili le 10 août. Le constat est clair : il commence à avoir une idée arrêtée de son groupe. Inquiétant car depuis plusieurs matches, les Bleus pédalent dans la semoule.

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Traditionnellement, les matches du mois d'août sentaient bon les vacances, la province, le beau temps et une partie de foot juste pour le plaisir, ambiance poteaux de but en blouson. Mais voilà, Knysna est passé par là et plus rien ne sera comme avant. Pas avant longtemps en tout cas. L'an passé, en Norvège, c'est sous le signe de la punition générale que la rentrée internationale des Bleus avait été placée. Tous les mecs du bus, au piquet ! Plus par nécessité que par envie, Laurent Blanc avait donc embarqué une équipe bis, pour ne pas dire ter. Du moins, c'est ce qu'on croyait alors. Du squad qui ne comportait aucun mondialiste, sept, qu'ils soient débutants (Rami, Cabaye, M'Vila, N'Zogbia, Ménez) ou à peine arrivés (Rémy, Hoarau), se sont installés durablement dans le groupe France, pendant que quelques « valeurs sûres » oubliées par Raymond Domenech (Benzema, Nasri et Mexès) sont carrément devenues de véritables cadres. Et on peut imaginer que le buteur d'Oslo, Hatem Ben Arfa, se serait aussi incrusté dans la boucle si après ce match il n'était pas allé au bras de fer avec Marseille (une démarche critiquée par Blanc) avant de se faire découper par Nigel De Jong. Bref, pour un tas de raisons (première de Blanc, punition des mondialistes, lancé de bizuts), ce déplacement scandinave avait été observé avec beaucoup moins de nonchalance que par le passé à pareille époque. Cette fois encore, la partie aoûtienne vaudra le coup d'œil. Et pas simplement pour voir le spectaculaire Chili d'Alexis Sanchez, malgré sa Copa America bof bof. Car en un an, beaucoup de choses ont changé chez les Bleus sans que l'on sache véritablement si l'équipe de France a avancé dans son processus de reconstruction.

Nasri, symbole du flou tricolore

Évidemment, en défense, l'absence de Mexès donne une nouvelle opportunité à Mamadou Sakho après deux premières titularisations compliquées en juin dernier. Mais même en cas de bonne performance du Parisien, qui retrouvera quatre de ses coéquipiers, on doute que ça change quoi que ce soit à son statut de numéro trois. Car c'est finalement derrière que Blanc a le plus de certitudes. Dans les autres lignes, c'est déjà moins net. Au milieu notamment. Au vrai, c'est peut-être Samir Nasri qui symbolise le mieux le flou qui escorte la sélection. Plus que Yoann Gourcuff même, une victime d'Afrique du Sud. Nasri, lui, un des oubliés majeurs de la dernière Coupe du monde, était finalement chargé de contribuer à tourner cette page obscure. Et pourtant, le « Petit Prince » a failli et Blanc ne s'est pas gêné pour le rappeler. « Samir n'a clairement pas été bon sur les trois-quatre derniers matches de l'équipe de France » . À un an de la phase finale de l'Euro, alors que la France est encore en tête de son groupe, et ce malgré le couac en Biélorussie au mois de juin (1-1), il n'était pas question de bouleverser la hiérarchie. Alors que la surprise du chef était devenue une spécialité tricolore sous Domenech et que la date estivale se prêtait à un nouvel happening, cette fois Blanc a placé sa sélection sous le signe de la stabilité. Forcément mauvais signe pour ceux qui n'y figurent pas.

Martin, c'est déjà évident

D'ailleurs, Gourcuff doit se demander si sa blessure à la cheville gauche qui le tiendra éloigné jusqu'en septembre n'est finalement pas une bonne nouvelle. Valide, une non convocation aurait résonné comme un terrible désaveu. Mais quand il le sera, rien n'indique que le Lyonnais entrera dans les plans de son ancien entraîneur à Bordeaux. Car c'est un terrible constat pour Gourcuff : la présence de Marvin Martin au même poste que lui dans la liste coule déjà de source après une entrée pétaradante d'un quart d'heure (en Ukraine) suivie d'une solide prestation (en Pologne). Et dans le style, cette émergence répond impeccablement aux réserves de Blanc sur le jeu français : « On n'a pas été performants sur ce plan, c'est là que la marge de progression est la plus importante » . C'est con, c'est peut-être le secteur le plus essentiel sur la durée, la défense étant davantage une obligation immédiate. A Montpellier, c'est aussi là que l'on guettera déjà les intentions des Bleus, plus que dans l'efficacité des attaquants où les choses semblent posées : Benzema est intouchable, Gameiro une bonne doublure, Rémy un potentiel et Hoarau une énigme (Gomis, un profil assez voisin bien plus performant, doit se poser des questions). « C'est un projet ambitieux » , soupire Blanc comme pour s'excuser de la tambouille indigeste proposée depuis de longs mois par les siens. Un Blanc qui commence à comprendre qu'après les intentions, il y a parfois le procès.

Par Dave Appadoo

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Martin à revoir, car Gourcuff avait apporté le même genre de fraîcheur après l'euro2008, et ça n'a duré que quelques matchs... Sinon ça doit être délicat pour Laurent Blanc, pas mal de ses joueurs sont soit(encore) en devenir, soit dans une position assez flou par rapport à leur club (Benzema, Nasri)... Dans 1 an, ça peut-être soit une très bonne surprise avec des joueurs qui se sont imposés et ont murit, soit l'hécatombe comme entre 2009 et 2010...
Benzema dans une position floue dans son club? Je le vois + comme un titulaire en puissance.
C'est à voir, la vérité des matchs d'avant saison n'est pas toujours celle de la compétition. Le fait est qu'il a de la concurrence, et que Mourinho ne fera pas dans le chouchoutage s'il n'est pas performant.
Valbuena peut s'inquiéter aussi. Non sélectionné alors qu'il n'y a pas Ribéry... Il va falloir qu'il s'arrache petit vélo pour aller à l'Euro.
Quand est-ce qu'on reverra un onze avec 2 pointes en EdF?
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