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Des Bleus à l’âme…

La piteuse fin d’Euro de l’équipe de France a rappelé l’immensité du chantier en cours. C’est une certitude, les Bleus ont besoin de choix radicaux. Reste maintenant à savoir lesquels et avec qui. Demain, ça commence aujourd’hui.

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Samedi soir, la France a connu la pire des défaites. Car c’est une défaite « honorable » . Celle qui vous permet de déverser un florilège d’âneries après le match. Au hasard : «  On sort grandis de cet Euro. » (Benzema), « Les Espagnols nous craignaient. » (Blanc), «  L'équipe de France a montré un beau visage.  » (Diarra), et on en oublie car, en la matière, les Bleus ont trouvé des ressources sans fin. C’est fou comme l’être humain peut se mentir à lui-même et, en l’occurrence, les footballeurs sont terriblement humains. Mais faut-il s’étonner de leur créativité extrême quand, quasiment chaque jour depuis deux semaines, ils ont su inventer de nouveaux épisodes sulfureux de leur vie internationale. Au vrai, il n’y a qu’un seul endroit où les joueurs de Laurent Blanc auront été d’une grande pauvreté, c’est sur le terrain. L’Espagne a dominé la France en jouant à 60% de ses moyens, quelque part entre footing et marche à pied, sans presque jamais avoir besoin d’accélérer.

En clair, les Bleus ont joué ce quart de finale avec l’unique ambition de ne pas se ramasser une avoine. Si c’est ça, alors la mission est réussie. Après tout, on a les succès que l’on peut obtenir… Au vrai, il y avait, samedi soir à Donetsk, un peu tous les ingrédients qui plombent l’horizon tricolore depuis bientôt six ans : une forme d’impuissance, un manque d’implication générale et, bien entendu, tout un lot de signes d’irrespect profond pour le groupe, pour le maillot, pour le public, pour les médias. Évidemment, la FFF et le staff tricolore se sont empressés de nous expliquer que l’objectif était un quart et qu’il est tenu. Stricto sensu, c’est imparable.

Blanc a fauté

Pourtant, selon les circonstances, un quart ne dit pas nécessairement la même chose qu’un autre quart. Il y a fort à parier que les sentiments anglais, grecs ou tchèques sont infiniment éloignés des aigreurs françaises de sortie de tournoi. Car tout est affaire de dynamique et celle-ci n’est vraiment pas à l’avantage de l’équipe de France. Il y a eu comme une déliquescence au fur et à mesure que le tournoi avançait, tant sur le terrain qu’en dehors et souvent les deux sont intimement liés. Beaucoup crient aux petits branleurs, synonymes des « caïds » de 2010, et ils ont vraiment raison. Sous prétexte d’un supposé talent, ils sont quelques-uns à n’en faire qu’à leur tête, sans autre cadre que leurs propres envies, leurs propres pulsions même. Ça, c’est entendu. Mais pourquoi ne pas aussi mettre sur la table la responsabilité de Blanc ? Comme en politique, le Président n’a pas pu, ou pas su, tenir toutes les promesses.

Car la désignation du champion du monde 1998 obéissait à la fois à un choix technique et à un choix moral : avec lui, on allait voir ce qu’on allait voir, et il était dit que l’équipe nationale ne serait plus le théâtre des dérives subies sous le mandat Domenech. Pourtant, Blanc a failli. La faute aux joueurs, bien sûr, mais aussi la sienne. À ne rien dire quand Nasri a insulté des journalistes après son but face à l’Angleterre, le Cévenol avait ouvert une porte : celle de la permissivité tant décriée sous Domenech. Si cet Euro a été une découverte du haut niveau pour beaucoup de joueurs, Blanc en a aussi découvert les exigences au cours de ces dernières semaines. Oui, le haut niveau ne pardonne pas les approximations, sur le pré comme dans la gestion de ceux qui y évoluent. Et ce qui vaut pour toutes les équipes, l’est doublement pour ces Bleus-là.

Se souvenir de Canto et Gino


Fatalement, on se demande : et maintenant, on fait quoi ? La première question qui se pose est celle du sélectionneur. Avec ou sans Laurent Blanc, telle est la question. Poursuivre avec lui n’est pas une idée plus mauvaise qu’une autre. Après tout, on bâtit vachement mieux sur la continuité, même si celle-ci doit inclure son lot de ruptures. Signer un nouveau blanc-seing (sans jeu de mots) au staff actuel serait un très mauvais signal. Le reconduire, oui, mais en pointant ce qui n’a pas été. En ce sens, Blanc va devoir admettre qu’il y a un ménage à faire. Ça crée souvent des démangeaisons, le ménage en profondeur, ça peut même provoquer quelques douleurs, mais il faut définitivement en passer par là. Non, Knysna n’a pas été le naufrage d’un homme un été. Il a traduit un malaise profond qui habite le football français depuis un certain 9 juillet et l’absolution donnée immédiatement à Zidane après un coup de boule létal.

Longtemps, Blanc s’est réfugié logiquement derrière une realpolitik consistant à penser : « Comment me passer des mutins, puisque nous n’avons pas mieux en stock ?  » Ça se tient, sauf quand le mieux est l’ennemi du bien. Peut-être faut-il envisager de construire avec des éléments supposés moins forts individuellement, mais bien plus dans l’esprit, tant dans l’expression collective sur le terrain que dans la vie de groupe. Un choix cornélien ? Pourtant, l’Espagne et l’Allemagne ont su se passer respectivement de monstres tels que Raúl et Ballack (qui ont chacun n’importe quel Bleu dans chaque orteil, hein) pour pérenniser une idée collective, avec le succès que l’on sait. Et Blanc lui-même devrait se rappeler que Jacquet avait su laisser Cantona et Ginola (pourtant bien plus incontestables à l’époque que tous les Nasri de la Terre) sur le bas-côté pour cimenter le reste de ses troupes. Oui, se souvenir de ces exemples, se souvenir de cette trilogie funeste 2008-2010-2012 pour mieux se projeter demain. L’horizon y est peut-être bleu…


Par Dave Appadoo
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