1. // Süper Lig – Besiktas/Galatasaray (2-0)

Derby et café turc

Même si les deux équipes sont à la traîne cette saison, un derby d'Istanbul entre Besiktas et Galatasaray, ça reste quand même un match sympa. Et quand ça se passe dans un café ambiancé comme au pays, on se fond vite dans le moule.

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Besiktas/Galatasaray : 2-0


Buts : Mehmet Aurelio (59e) et Simão (61e) pour le Besiktas



Paris. Coincé entre les stations Château d'Eau et Strasbourg Saint-Denis, voici le « vrai » quartier turc de la capitale. C'est-à dire un quartier avec non seulement des sandwicheries tenues par de vrais compatriotes d'Hakan Sükür, mais aussi avec des cafés comme on en trouve dans tous les pays de la Méditerranée : remplis d'hommes, des anciens pour la plupart, qui jouent à des jeux de cartes improbables, dont l'un d'eux a récemment été rebaptisé « Saddam » . Allez comprendre, d'autant plus qu'au salon de thé Minar Sinan, la majorité des clients est composée de Kurdes d'origine.

Pour se mettre dans l'ambiance, autant faire comme tout le monde et commander un thé. Le derby entre Besiktas et Galatasaray vient de commencer, les clients se concentrent petit à petit sur la rencontre, mais pas tout à fait. Il faut dire que des trois grands clubs stambouliotes, seul Fenerbahçe, actuel leader de la Türkcell Süper Lig, a réussi à tirer son épingle du jeu. Malgré son contingent d'Ibériques et associés (Guti, Marco « Mehmet » Aurelio, Simao et Quaresma, entre autres), Besiktas n'est que cinquième. Pire encore, le cas Galatasaray : le club le plus titré du pays (et seule équipe turque à avoir gagné un trophée continental, la C3 en 2000) fait une saison complètement à l'envers, et se trouve à une piteuse treizième place, indigne de son rang. Alors forcément, même si cette année est à oublier, une victoire dans un derby donnerait un peu de baume au cœur des supporters des deux camps.

Que dire de la rencontre ? On ne peut pas dire que l'on n'a pas été informé : « Il y a beaucoup de pression de part et d'autre, ces équipes ne se sont jamais autant retrouvées en difficulté ; ça va se bagarrer au milieu de terrain, et il n'y aura pas beaucoup de buts » , prévient Adnan, un habitué. Les “Kara Kartal” (Aigles Noirs) de Besiktas, qui évoluent dans leurs antre d'Inönü, son poussés par leurs supporters (qui, une fois, ont tellement poussé leurs joueurs qu'ils ont battu un record du monde de bruit dans un stade, 132 décibels, face à Liverpool) et se procurent les meilleures occasions, même si celles-ci ne sont pas nettes ; Galatasaray ne se laisse pas impressionner pour autant. “Cimbom” tient le ballon, opère la plupart du temps en contre, et frappe deux fois plus en première mi-temps, mais ce n'est jamais cadré. D'ailleurs, au bout de la septième tentative, au-dessus, un client s'énerve, tape sur la table, renverse le thé, se confond en excuses, et en paye un autre. Cool.

Pendant la mi-temps, Adnan tente de justifier les mauvaises saisons de Besiktas et de Galatasaray, tout en égratignant soigneusement le troisième larron d'Istanbul : « Si Fenerbahçe est leader, c'est parce qu'ils payent les arbitres. Les fautes, les pénaltys... Tout est pour eux, tout ! » Certes, mais l'argent, tout le monde en a : Besiktas a ramené des stars, et Galatasaray est tout simplement le plus grand club de Turquie... Le match reprend, et Besiktas décide de ne plus laisser respirer Galatasaray. Les Aigles se ruent sur le but des Lions. Bôbô, l'attaquant brésilien des Noir et Blanc touche deux fois du bois (54è, 57è), avant que Mehmet Aurelio ne délivre l'Inönü d'une tête croisée imparable consécutive à un coup-franc de Guti (59è). Besiktas jubile, et en profite pour enfoncer Galata : sur l'engagement, les locaux récupèrent le ballon, Quaresma centre comme il peut, la balle est mal dégagée, Simao rentre dans le tas, bénéficie de deux contres favorables et s'en va crucifier Aykut Erçetin (60è).

Galatasaray ne s'en remettra pas ; la fin du match est ennuyeuse, à tel point que les clients zappent de temps à autre sur Real Madrid-Saragosse. Sûrement des supporters de “Cimbombom”... 2-0, score final, un résultat qui fait du bien à Besiktas, même si ça ne change rien au classement. Pour Galatasaray, c'est un match et une saison à oublier complètement. Pour Adnan aussi, d'ailleurs. Mais bon, malgré la défaite, il payera quand même sa tournée de thé. Après tout, on était là pour ça, non ?

Ali Farhat

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Merci à l'auteur pour cet article.
On s'y croirait.

ça change de la m---de qu'on nous sert jour après jour sur des clubs dont on n'a rien à br--ler de l'autre côté des Pyrénées.
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