Derby à enjeux

174e derby de la Madonnina en Serie A. Et premier du genre pour Massimo Allegri et Rafael Benitez. Un derby auquel aucun ingrédient ne manque, si ce n'est Pato, Inzaghi et Samuel.

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Pour qu'un derby fasse saliver, il faut une situation. Intéressante. Le Milan AC l'a créée en milieu de semaine. Victoire face à Palerme (3-1), et tête du championnat à la clé. Une première depuis deux ans. Côté nerazzurro, ça piétine (1-1 à Lecce). Mais on reste en embuscade : en cas de victoire, les hommes de Benitez peuvent revenir à hauteur de leur rival. Bel enjeu. Aussi, au-delà de l'orgueil lombard, l'Inter pourrait voler la place des Rossoneri si la Lazio et Naples avaient la bonne idée de partager les points, comme l'ont fait Juve et Roma samedi. Dans le scénario inverse, le Milan pourrait mettre l'Inter à six points. De quoi se faire introniser dans la foulée comme grand favori dans la course au scudetto et mettre fin à une demi-décade d'hégémonie interiste. Massimo Allegri ne voit pas si loin et signerait bien pour un nul : « Ce sera un match important, nous aurons face à nous un Inter qui aura à cœur de se racheter. Ce n'est pas décisif pour le championnat mais important pour renforcer notre solidité mentale » .

Pour qu'un derby mette la bave aux lèvres, bien au-delà des bistrots du coin, il faut aussi un casting. Clinquant. Robinho, Ibra, Ronaldinho, Pirlo, et Nesta d'un côté, Eto'o, Milito, Sneijder, Zanetti et Lucio de l'autre. Le meilleur derby au sens strict, clairement. La semaine a cependant été marquée par les blessures de Pato et d'Inzaghi. Mauvais timing : le jeune Brésilien commençait à enchaîner et le vétéran italien avait une nouvelle fois ressuscité. Mais travail simplifié pour Allegri délesté de la gestion des ego monstrueux de sa ligne d'attaque. Donc, Dinho, Robinho et Ibra attendus pour défier la défense interiste, privée de Samuel (forfait de longue durée). Rincé et mis au repos à Lecce, Sneijder retrouvera évidemment son rôle d'éclaireur du jeu interiste. Devant, toujours la même interrogation : Benitez va-t-il associer Eto'o et Milito ? Le coach espagnol dispose d'un avantage sur son collègue transalpin : il peut brouiller les pistes.

Pour qu'un derby fasse sentir le poids de son histoire, il faut aussi une tendance. A inverser. Ou à confirmer. Depuis février 2005, et un but de Ricardo Kaka, l'Inter n'a plus perdu à domicile. L'an dernier, le verdict des derbies de la Madonnina a été sans appel : la Moratti connection vainqueur par KO : un retentissant 6-0 (0-4 à Sans Siro, et 2-0 à Giuseppe Meazza). Au total, l'Inter a remporté 64 derbies contre 58 pour les Rossoneri.

Enfin, pour qu'un derby électrise, il faut aussi un traître. En paratonnerre des haines. Ce dimanche soir, quatre ou six lettres embraseront Giuseppe Meazza à chaque touche de balle : Ibra ou Zlatan, selon les goûts. La saison dernière, le félon était déjà revenu en terre désormais hostile. Avec le Barça. Il n'avait pas réussi grand chose, comme souvent dans les grandes occasions. Pas de quoi lui faire ranger sa grande gueule : « Les sifflets ? Ça fera grimper l'adrénaline et ça me donnera une immense motivation » . Si Materrazi est bien aligné, comme cela se murmure, déjà prévoir un incident entre les deux volcans jamais vraiment endormis. « Nous parlons d'un derby, d'un match qui a toujours du besoin d'un peu de passion et Marco en a, sans aucun doute, a annoncé Benitez. Il peut être intéressant pour nous, nous verrons » . Et le jeu dans tout ça ? Entre un Milan divertissant à défaut d'être impressionnant et un Inter à la mécanique un peu rouillée, prévoir une opposition de styles intéressante. Pour le reste : du sang, de la sueur et des larmes. Comme dans tout vrai derby.

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