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Denis Thwaites, tombé à Sousse

Le Royaume-Uni a payé un très lourd tribut lors de l'attentat de la plage de Sousse, en Tunisie, le 26 Juin dernier. Sur les 39 personnes tuées par l'assaillant, 30 sont effectivement britanniques. Et parmi elles, Denis Thwaites, ancien joueur de Birmingham, qui a passé dix ans avec les Blues entre 1962 et 1972.

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La reprise de Birmingham commencera tristement, le 1er août, par une minute de silence en l'honneur de Denis Thwaites avant le coup d'envoi d'un match amical face à Leicester. Le club de la troisième ville d'Angleterre célébrera la mémoire de son ancien attaquant, abattu avec sa femme par Seifeddine Rezgui sur la plage de son hôtel. Un joueur qui aura connu à la fois l'équipe première à seulement 16 ans, puis la galère de l'équipe réserve, avant de réintégrer le groupe pro et de devoir interrompre sa carrière à seulement 27 ans en raison de problèmes nerveux. Pour se reconvertir en brancardier, dans un hôpital de Blackpool, sur la côte Ouest de l'Angleterre.

Les joies de l'équipe une à seize ans


Comme beaucoup d'autres victimes de l'attentat de Sousse, Denis Thwaites et son épouse Elaine ont mis quelque temps avant d'être identifiés. Plusieurs jours au cours desquels ni leur famille ni le reste de leurs proches n'ont su à quoi s'en tenir, même si le pire était évidemment prévisible. Arrivé le mercredi 24 juin à l'hôtel Impérial Marhaba, le couple n'avait plus communiqué après l'attaque. D'après son beau-fils, interrogé peu après le drame par le Telegraph, les premières informations affirmaient pourtant que les Thwaite « étaient blessés et qu'ils étaient à l'hôpital » . Ils faisaient en réalité partie des victimes, comme cela a été officiellement confirmé le 30 juin, une info aussitôt relayée par le Birmingham FC qui a diffusé un tweet ainsi qu'un communiqué officiel sur son site. Denis Thwaites était un pur produit du club, le seul qu'il a connu en dix ans de football professionnel. Il y effectue ses premiers pas avec l'équipe première en 1961, à seize ans seulement, et passe professionnel l'année suivante. Au cours de ses années au club il évoluera entre autres aux côtés de Stan Lynn, Geoff Vowden, ou la légende locale Bobby Thomson. Thwaites, malgré des qualités de footballeur reconnues de tous et sa longévité au club, n'aura jamais droit à une carrière du même acabit, la faute en grande partie à des nerfs fragiles qui l'ont conduit à stopper sa carrière prématurément.

Les nerfs à vif


Après ses débuts plus que précoces sous le maillot des Blues, Denis Thwaites connaît des fortunes diverses. Il profite d'abord des blessures de l'Écossais Bertie Auld pour obtenir du temps de jeu, mais la suite fut plus compliquée, et il jouait avec la réserve lorsque Birmingham remporta la Coupe de la Ligue anglaise en 1963. Le milieu des sixties allait cependant lui sourire, et Thwaites termine troisième meilleur marqueur de son équipe en 1965-1966. Avant de voir son temps de jeu réduire comme peau de chagrin, jusqu'à ne presque plus jouer du tout à partir de 1970. Sa retraite en 1972 à 27 ans, Thwaites la doit surtout à sa santé fragile et à son incapacité à supporter les grosses doses d'émotions, lui qui était régulièrement touché par de grosses crises de nerfs qui l'empêchaient parfois de jouer dans des stades pleins. Après son décès, son ancien coéquipier Garry Pendrey déclarait à son sujet sur le site internet de la ville de Birmingham : « Denis était un joueur fabuleux, il avait un talent incroyable. Il pouvait passer les défenseurs, marquer des buts. Malheureusement, il n'arrivait pas à être régulier, il avait des problèmes avec ses nerfs. » Même son de cloche chez Thomson, qui parle lui au Birmingham Mail d'un attaquant « tellement rapide, avec tant de talent. Il était juste un peu timide » . Il avait ensuite tenté l'aventure dans un petit club amateur, avant de se réinventer en brancardier dans un hôpital de Blackpool. Depuis l'annonce de son décès, les hommages se multiplient à la fois du côté de Birmingham et de Blackpool, où la mairie et le député du coin ont tous posté des messages en sa mémoire. Les plages de l'Ouest anglais lui réussissaient décidément mieux que celles du Nord de la Tunisie.

Par Alexandre Doskov
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Depuis ce jour, Sousse m'habite.
Je suis Tunisien ( et pas terroriste, faudrait-il le mentionner) et je suis doublement triste, paix à son âme...
à leurs âmes ( désolé)
Birmingham est la deuxième ville du Royaume-Uni, non pas la troisième.
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