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Denis Robert : « En National, tu perds contre Poiré-sur-Vie, tu rentres chez toi, t’as envie de tout péter »

Vue imprenable sur la folie du monde, ou le nom de son dernier livre, évidemment à lire. La folie du monde, Denis Robert la connaît bien, lui qui s’est fait ambiancer par les avocats de Clearstream pendant dix ans. Et la vue improbable, c’est la Moselle, ses usines désaffectées, ses Ritals vaguement mafioso, ses petites villes fanées, ses lâches politiques et ses matchs du FC Metz. Ambiance.

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Ton livre a lieu en Lorraine, plus précisément en Moselle, plus précisément dans la vallée de la Fensch, où tu es né.
C’est ça, et c’est important : ce livre ne pourrait pas ne pas se passer dans la vallée de la Fensch. Une région emblématique de tout ce qui se passe dans le pays voire dans le monde. J’essaie de raconter la mer à travers une goutte d’eau. Ce livre est une photo de mon cerveau, de mon état d’esprit, également de ma relation avec mon fils. Il ne s’appelle pas Woody, et on n’a pas du tout vécu ce qui est dans le livre, enfin si mais pas vraiment, il s’agit de raconter le réel à travers une fiction.

Et à travers, un peu, le FC Metz
Effectivement, le foot est très présent à travers le FC Metz. Je mettais ma main d’enfant dans celle d’un père, d’un oncle pour aller au stade. Et aujourd’hui je le reproduis avec mon fils. L’année dernière, je l’ai emmené voir son premier match contre le Red Star, en national. Bon, ce n’était pas terrible. Cette année, en Ligue 2, c’est bien mieux !

Ce qui se dégage de ton livre, c’est ce lien très fort entre ce club et sa région, mais aussi entre les différents membres de cette région. Comment l’expliques-tu ?
L’unicité de la Lorraine par rapport au reste de la France ou même de l’Europe, je ne sais pas si il existe un équivalent de régions qui ont subi avec une telle fréquence des plans sociaux, des délocalisations, des pertes d’emploi. Je veux dire, bien sûr qu’en Roumanie ou en Pologne… Mais les fausses promesses jamais tenues de Longuet, Mitterrand, celles de Fabius, Sarkozy, maintenant Hollande…

…font que les Lorrains sont plus politisés, ou en tout cas plus sensibles à ces choses là, plus à même de parler politique, et moins à même de gober les grands discours ?
Oui. Cela crée un état d’esprit différent chez les vieux, les gens de ma génération, ou de la tienne, les trentenaires, qu’on pourrait appeler des enfants de la crise. Pourtant, il ne s’agit pas d’une région paupérisée comme la Charente, ce n’est pas ça. D’ailleurs, les retraités sont relativement fortunés. C’est une région assez spéciale, particulière. Comme ce couple dont je parle dans le livre, et dont beaucoup de gens ne voulaient pas croire l’existence, qui ont obtenu une retraite de 3.000 euros à 45 ans. C’est Gérard Longuet qui avait mis ça en place pour acheter la paix sociale. Faut dire que la manif’ des mineurs, ça ne rigolait pas : les mecs envoyaient des boulons qui faisaient péter les casques des CRS, et ils les attendaient à la barre de fer. Les Bretons, même à 15.000, ils ne font pas le poids à côté.

Ce livre parle donc de ta région, de son histoire, de ton histoire. Littéralement, tu y mets beaucoup de toi-même. Du coup, l’aspect promo en est-il plus délicat ? Ou plus agréable ?
Généralement, je ne fais pas trop de promo. Évidemment, après tu m’appelles, des journalistes m’appellent, je réponds. Ceci dit, j’étais invité à la télé pour faire l’émission de Taddei et j’avais pas envie d’y aller. Justement, ça ne parlait pas du livre, le débat était tout autre. J’ai pas du tout envie, et puis j’ai pas le temps d’aller faire de la promo dans ce sens-là. Par contre, je suis très heureux de parler du livre ou de rencontrer des gens qui l’ont lu. J’étais sur Europe 1, ça a duré dix minutes, mais au moins on a parlé du livre et moi je suis content parce que ce livre, c’est trois ans de ma vie. Et puis, il y a eu toute cette période de blocage, c’est aussi un livre sur l’écriture, c’est aussi un livre pour moi qui est important… Là il est sorti depuis trois semaines, il va être réimprimé, alors c’est pas des ventes extraordinaires puisqu’il n’a pas été mis en place avec beaucoup d’exemplaires, mais y a pas mal de buzz sur Internet. Et sur Facebook, tout ça, je reçois des messages plutôt très chaleureux, des gens avec leurs mots à eux, et ça vaut mieux que tous les papiers de complaisance qu’on peut me faire. Alors y a eu 5 pages dans les Inrocks, deux trois papiers comme ça dans des petits journaux. Mais Libé, Le Monde, les news magazine, Télérama, que dalle. Ils doivent avoir un problème avec moi. Pour les critiques littéraires, ils n’ouvrent pas le livre parce qu’ils disent que je suis connu via Clearstream qui est comme une deuxième peau et ça me fait un peu chier d’ailleurs. Et puis pour les journalistes, il y a toujours une part de jalousie, ou de truc comme ça.

Mais quel est à ton avis le problème pour les journalistes ? C’est parce qu’ils doivent se dédire quant à Clearstream ?
Je crois que franchement, y a une chose, c’est l’immense paresse de ces gens-là. Dès qu’il y a un truc un peu nouveau, ils ne vont pas découvrir des nouveaux auteurs, ils sont dans leurs schémas tout tracés. Alors peut-être aussi qu’après, le bandeau de l’éditeur « road-movie sur la France d’aujourd’hui » est un peu plan plan. Le livre est au-delà de ça. Mais après, qu’il soit réimprimé, que ça marche… Je crois que le succès d’un livre, c’est comme les braises dans un feu, pour que ça marche il faut qu’il y ait des braises et si y a un coup de vent, ça peut s’enflammer. Les braises, c’est le bouche à oreille, les libraires, tout ce travail de fond. T’as des livres, de manière systémique, tu prends D’Ormesson, on va en entendre parler. Mais moi, D’Ormesson, ça me tombe des mains, c’est chiant à mourir. Et le prix Goncourt, Lemaître, c’est pas bien du tout. Le bouquin de Yann Moix, Naissance, c’est 1000 pages de bouillie. Après, moi j’adore Jean-Philippe Toussaint, je ne jette pas le bébé avec l’eau du bain, mais y a un mimétisme dans la presse littéraire qui est à pleurer, c’est des autoroutes. Je me suis fait avoir plusieurs fois, tu vois des papiers élogieux, je me suis dit, ça doit être vachement bien et en fait, c’est souvent naze.

Dans ton livre, en tout cas, ce qui lui donne de l’ampleur, c’est que tu parcours le terrain avec ton gamin, Woody.
Qui ne s’appelle évidemment pas Woody en vrai, même si… D’ailleurs, ça fait six huit mois qu’il est dans le foot, deux années qu’il veut s’inscrire. Je l’avais amené l’année dernière. C’est un milieu hyper macho, avec les parents qui sont derrière. Lui, il a les cheveux longs, il se fait traiter de gonzesse. Et cette année, on y est retourné, il a réussi un premier match, et le deuxième il a raté un ballon, y avait des pères qui râlaient déjà derrière, tu vois la mentalité… Quand tu vois celle au basket, c’est le jour et la nuit. Le foot est hyper individualiste, et puis t’as les pères derrière, ils veulent tous en faire des joueurs professionnels, et c’est là où ça rentre dans les mentalités et c’est assez grave. Bref, mon fils, lui, il est rentré dedans parce qu’un copain lui a parlé de Fifa, le jeu, il a commencé comme ça. Il va dans les classements, dans les stats, il me pose pleins de questions. Il est à fond. Hier, il a regardé PSG - Anderlecht alors que moi-même, je n’ai pas regardé. Et quand il est sur le terrain, je le vois, il a les mêmes attitudes que les joueurs, il essaie de reproduire les gestes, les reprises de volée. Et évidemment, son équipe c’est le PSG parce que voilà…

« Contre Nancy il y avait 30.000 personnes à Saint Symphorien »

Et ça, j’imagine que ça te fait un peu chier quand même…

Ouais, ça me fait un peu chier, même si bon, des fois, leur jeu est agréable. Et puis bon, Zlatan, c’est un personnage. Mais supporter un club qatari, tout ça… Et tu sais, le Fc Metz en ce moment, c’est vraiment super. Là il y a vraiment une âme, un équilibre entre les vieux et les jeunes, toutes les lignes se tiennent, les remplaçants. Rocchi au milieu qui est le poumon, Diafra Sakho, une fois qu’il aura pris quelques kilos, et Ngbakoto, qui a disputé la Gambardella, tu sens qu’il est au début d’une carrière. Et Bussmann l’arrière gauche, qui a déjà été sélectionné en EDF jeunes. Et Bouna Sarr, qui rentre toujours à l’heure de jeu et qui fait basculer des matchs.. Aujourd’hui, sur les sept huit derniers matchs, ils ont le niveau d’une équipe de Ligue un. Ils ont de l’énergie et sont solidaires, c’est une vraie équipe, Cartier a la main. Et pour l’instant, pas de problèmes d’ego. Les agents, ils sont en L2 donc les enjeux sont moins importants. Plus le fait que personne ne les attendait vraiment comme ils venaient du National... Contre Brest, ils étaient bien meilleurs ; contre Caen, ils étaient bien meilleurs ; contre Lens, ils étaient meilleurs, mais Marchal est sorti, ça les a déstabilisés. Contre Nancy il y avait 30.000 personnes à Saint Symphorien, y avait une super ambiance, c’était vachement bien.

Ils sont capables de remonter ?
Oh oui, après tout peut arriver, un autre blessé, une spirale un peu négative.. Pour l’instant ça tient et ça a l ‘air solide en tout cas.

Mais on ne sait jamais, surtout que le FC Metz apparaît souvent comme un club de la fatalité, un club un peu maudit. Ceci dit, c’est ce qui fait cet attachement quasi charnel avec ses supporters.
Le club est au diapason de la région. Quand la sidérurgie marchait, le club marchait. Le football constitue quand même un facteur très structurant pour la population. Quand Metz gagne, il y a moins de bordel. Je suis allé à la fin du match contre Angers prendre une bière au café du stade, y avait LCI en fond, et tout le monde applaudit, tout le monde est content quand le résumé passe à la télé. Les soirs de match, les mecs ont moins envie de taper sur leur femme. En National, tu perds contre Poiré-sur-Vie, tu rentres chez toi, t’as envie de tout péter, c’est pas juste parce que voilà quoi. Maintenant, au moins… Après, il y a toujours le problème du prix des places. Là aujourd’hui, j’ai pris une place, bon 30 euros… Ils en profitent un peu.

Mais les gens sont prêts à les payer, les mecs vont pas se priver…, D’ailleurs, en parlant de pas se priver... Les 75%, t’en penses quoi ?
Hollande s’enferme dans une posture qui n’est pas la bonne. Il s’est engagé dans une surenchère avec Mélenchon au moment des élections. D’un côté, il fait ce genre de trucs, de l’autre, il ne va pas taxer les banques, il ne fait pas la différence entre les banques d’affaires et les banques de dépôt, et ne fait rien contre les paradis fiscaux. Après quand je vois Aulas faire la gueule à la télé… je déteste les présidents de club qui sont avant tout des argentiers, qui viennent pleurer. Tout ce déballage me déplaît. Après, les 75%... La mesure est mauvaise, l’attitude du Président est mauvaise, bref match nul. D’ailleurs, qu’ils fassent grève ou pas, je pense qu’ils vont se faire tirer dessus, beaucoup, à faire grève. Je suis sûr qu’ils vont se dégonfler...

Propos recueillis par Simon Capelli-Welter
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