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Demichelis, pour boucler la boucle

Le nouveau contrat de Martín Demichelis, qui a signé pour six mois à Málaga, devrait être son dernier. Et pour l’Argentin, terminer sa carrière en Andalousie plutôt que dans son pays natal n’est peut-être pas une si mauvaise chose, vu les bons moments qu’il y a passés.

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Peu nombreux étaient les gens au courant. Pourtant, Martín Demichelis n’était pas en vacances ces derniers temps et jouait encore depuis son départ de Manchester City cet été. Enfin, jouer est ici un bien grand mot. Recruté gratuitement par l’Espanyol Barcelone après avoir résilié son contrat avec Manchester City, l’Argentin a pris part à deux petites rencontres avec le club espagnol (une titularisation le 22 octobre contre Eibar, une entrée en cours de jeu contre le Betis Séville huit jours plus tard) pour un bilan comptable de 98 minutes et trois buts encaissés par son équipe quand il était sur le pré. En parallèle, le défenseur est incompréhensiblement rappelé en sélection et même aligné d’entrée par Edgardo Bauza le 12 octobre lors d’un match comptant pour les éliminatoires de la Coupe du monde (défaite 1-0 à domicile face au Paraguay). Reste qu’en dehors de ce mois d’octobre, l’arrière central n’a pas vu la pelouse. Du coup, l’Espanyol a cassé son bail et lui est parti voir ailleurs. À Málaga, plus exactement, où il vient de signer un contrat de six mois.


Étonnant ? Un peu. Très proche de la retraite, le joueur de trente-six ans était plutôt attendu du côté de son pays natal. Un retour à River Plate par exemple, l’endroit où il a été formé, n’aurait surpris personne. Avant son arrivée à Barcelone, Demichelis lui-même y songeait très fort, comme il l’a récemment indiqué aux micros de la radio Continental : «  Quand Lucinao Lollo était blessé (défenseur de River Plate, ndlr), j’ai appelé Enzo Francescoli pour demander si on avait besoin de moi. Il m’a répondu de patienter quinze jours, mais je n’ai pas eu de nouvelles. » Plus globalement, Martín ne l’a jamais caché : terminer à River était un rêve. Sauf que son aventure footballistique prendra sans doute fin en Andalousie. « Désormais, je vais sûrement terminer ma carrière ici  » , a ainsi confié celui qui ne se voit pas quitter l’Europe pour autre chose que l’Argentine et qui aurait refusé une offre venue des États-Unis.

Mais finalement, n’est-ce pas une bonne chose ? Dans le curriculum vitæ du Sud-Américain, Málaga prend déjà une grosse place. C’est même peut-être dans cette équipe qu’il a le plus compté. Arrivé en janvier 2011 après sept saisons et demie pleines avec le Bayern Munich (près de 300 matchs toutes compétitions confondues), l’homme à la nuque longue y trouve refuge à la suite d'un conflit plus ou moins officiel avec Louis van Gaal, l’entraîneur du Bayern. « Dès qu’il est arrivé, en 2009, tout a commencé à mal aller » , concède-t-il alors à l’agence de presse allemande DPA. Pour moi, il était très difficile d'attendre la blessure d'un coéquipier pour avoir une chance de jouer. Je ne suis pas comme ça. (...) Je ne pouvais pas supporter la situation plus longtemps.  »

Sous l'aile du Manuel


Manuel Pellegrini, qui l’a coaché à River Plate et qui le retrouvera quelque temps plus tard à Manchester City, le récupère donc au sein d’un club qui vient d’être racheté et dont les ambitions comme l’investissement financier sont destinés à augmenter drastiquement. « Je fais confiance à Manuel » , assure l’international, avant de présenter le projet sportif de Málaga : « L'objectif à court terme est d'éviter la relégation. À partir de là, je crois que Málaga va mettre sur pied une équipe compétitive afin de viser les cinq ou six premières places dès l'année prochaine. » Instantanément, Demichelis s’impose et devient le boss de l’arrière-garde andalouse. Lui et ses potes terminent la saison à une honorable onzième place avant d’attaquer la suivante avec les crocs. La cuvée 2011-2012 sera l’une des meilleures pour Martín, surtout dans les chiffres : le bonhomme joue 35 parties de Liga, dont 33 comme titulaire (il n’a jamais fait mieux), et termine au quatrième rang du championnat. Comme prévu.

Si la saison 2012-2013 débute sur les chapeaux de roue, des problèmes économiques, qui engendreront bientôt le départ des meilleurs éléments, se font rapidement sentir. N’empêche que Demichelis fait le taf, et même mieux que ça : avec Jérémy Toulalan devant lui, il atteint les quarts de finale de Ligue des champions. La meilleure performance du club dans une compétition européenne à ce jour. Et encore, le Borussia Dortmund sort Málaga aux portes du dernier carré sur des erreurs d’arbitrage monumentales trop méconnues du grand public (0-0, 2-3). Le beau parcours de l’Argentin avec le club espagnol, qui se séparent en raison de problèmes budgétaires du second, est donc mis entre parenthèses. Ne reste plus maintenant qu’à soigner la fin.

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Par Florian Cadu
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